Rencontre et dédicace avec Pierre Bordage le 13 décembre à 18h

bordage200.jpg Le 13 décembre à 18h à la librairie, venez à la rencontre de Pierre Bordage. Célèbre auteur français de romans de science-fiction, il revient cette année avec une oeuvre littéraire, un conte philosophique et très humaniste : Le jour où la guerre s'arrêta. Ne ratez pas cette rencontre exceptionnelle !
Mardi 10 juin 2014 2 10 /06 /Juin /2014 10:56

Otsuichi - Rendez-vous dans le noir (2002)Quatrième de couverture
Michiru a perdu l’usage de la vue dans un accident et vit recluse dans une grande maison, comme dans un œuf de ténèbres. Un jour, elle apprend qu’un meurtre vient d’être commis à la gare toute proche. Peu de temps après, la jeune fille sent une présence dans la maison et comprend qu’un intrus s’est introduit chez elle. Progressivement, dans l’obscurité et le silence, se noue une étrange relation entre celui qui se cache et celle qui ne voit pas.

C’était comme si les ténèbres avaient soudainement pris forme et bougé. Il était là.

Un huis clos où le noir prend vie et brouille nos sens jusqu’au vertige, et un thriller psychologique sans effusion de sang ni violence, fondé sur la découverte progressive de deux êtres coupés du monde et voués à la solitude.

Gifsv25.gif A notre sélection de polars japonais, rajoutons aujourd'hui une nouveauté qui paraît chez Picquier, directement en poche, Rendez-vous dans le noir d'Otsuichi. De cet auteur, seul ce roman a été traduit. Mais on trouve aussi un de ses romans adapté en manga pour adulte Goth : le coupeur de main (one-shot paru chez Pika), une histoire sombre, hommage à la culture gothique, dans laquelle deux adolescents, fascinés par la mort, expriment leur passion pour les tueurs en séries.
Car l'auteur, de son vrai nom Hirotaka Adachi, jongle volontiers avec les ambiances morbides et les romances mélancoliques.
Rendez-vous avec le noir fait partie de cette deuxième catégorie. Sous couvert d'une histoire de meurtre, l'auteur décrit la rencontre tout à fait probable entre deux êtres vivants en marge de la société. La première Michiru est devenue aveugle suite à un accident et depuis la mort de son père, vie en recluse chez elle, ne sortant jamais seule de chez elle. Akihiro, lui, est employé dans une imprimerie mais refuse de s'insérer dans la vie sociale de l'entreprise ce qui provoque dans son entourage, quolibets et moqueries.
Ce qui est plus original dans cette histoire, c'est comment la rencontre se produit. Elle oriente l'histoire vers un huit-clos touchant, dans lequel deux personnes vont apprendre à se côtoyer et mutuellement à s'aider à s'ouvrir à la vie extérieure. Les ficelles du polar et ses rebondissements ne sont exploités que pour mieux soutenir un récit d'une grande intensité tout en restant très sobre et psychologiquement juste.
Autre intérêt, la culture japonaise y est bien présente mais surtout on y retrouve un des thèmes récurrents de cette littérature : le train. Le moyen de transport le plus utilisé par les japonais et qui est le cadre de nombreux récits polardeux : Tokyo Express (Matsumoto), Les dunes de Tottori (Nishimura), Un endroit discret (Matsumoto, encore). Si l'intrigue ici n'est pas à proprement parlé ferroviaire comme les titres cités, le cadre de la gare, de ses quais et des express qui y circulent, font partie intégrante du récit. Décor omniprésent par lequel le drame se produit et vers lequel le cours de l'histoire ne cesse de revenir.
Nul doute que la littérature japonaise recèle encore de petits chefs d'oeuvre comme le prouve ce court roman atypique et fascinant.

Dans notre sélection de Noël 2014

Commander/Réserver au 04 66 74 11 86   Otsuichi Rendez-vous dans le noir (Kurai tokoro de machiawase) (Picquier poche)

Mots-clés : cécité, entreprise, huis-clos, meurtre, polar ferroviaire

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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Mercredi 4 juin 2014 3 04 /06 /Juin /2014 06:58

Philip K. Dick - Les chaînes de l'avenir (1956)

Quatrième de couverture
Jones révoyait l'avenir. Non pas à la façon vague d'un diseur de bonne aventure, mais de manière précise, dans tous ses détails. Il se souvenait de l'avenir. L'ennui, c'était que son don était limité à une année. Et le drame, c'était qu'il ne pouvait rien changer à ce futur certain.
Il savait ce qui allait lui arriver. Et ce qui allait arriver à toute l'humanité en un temps où d'étranges créatures, les dériveurs tombaient de l'espace interstellaire sur toutes les planètes du système solaire, y compris la Terre.
De quoi devenir un Prophète, un Messie, bouleverser l'ordre déjà ébranlé d'une Terre mal en point et la charger des chaînes de l'avenir. Pour l'Eternité ?

Gifsv25.gif Profitons de la réédition en poche chez J'ai Lu, des romans de Philip K. Dick pour revenir sur ses premiers romans.
Les lecteurs de Philip K. Dick sont rarement occasionnels. L'engouement que génère cet auteur est à la hauteur de ses écrits. Pourtant, il faut admettre que s'il est un excellent et incontournable novelliste (je ne cesse de le crier haut et fort), ces romans sont beaucoup plus irréguliers. Cela est souvent dû à des textes courts que l'auteur, pour des raisons parfois alimentaires, parfois plus noblement justifiées, transforme en version longue et ce n'est pas toujours réussi. En 1956, quand Dick publie Les chaînes de l'avenir, il a déjà écrit bon nombre de nouvelles mais seulement deux ou trois romans. Loterie solaire qui passe pour être son premier roman fait les frais d'une idée de départ très bonne, tout comme il le fera en 1967 avec A rebrousse-temps (deux romans construits exactement de la même manière), mais qui s'essouffle à la moitié du récit. On peut presque leur préférer Les pantins cosmiques (1957), seul roman fantastique de l'auteur, de facture très classique mais efficace qui a peut-être influencé le grand Stephen King (il faudrait lui demander ).

Les chaînes de l'avenir se présentent alors comme étant le premier roman vraiment abouti de l'auteur même s'il souffre encore d'imperfection. La faute en incombe sûrement à avoir voulu y intégrer beaucoup d'idées qu'il faut ensuite pouvoir suivre. Or, contrairement à ce que j'ai pu lire de critiques peu élogieuses,  je trouve que compte tenu du démarrage approximatif de l'auteur dans le domaine du texte long, celui-ci est rondement bien mené car il retombe sur ses pieds et la fin est digne d'une très bonne nouvelle "à chute".
Parce que ce roman traite autant de précognition, de génétique, de mutants, de Vénus, d'une Terre dévastée par la guerre, de totalitarisme, d'exploration spatiale que d'organismes interstellaires, tout cela déjà dans un décor futuriste à la Blade Runner, on peut aisément dire que tous les jalons de l'oeuvre dickienne sont posées ici. Mieux encore, le roman se lit d'une traite, sans temps mort, sans relâchement et sans jamais saboter chacune des idées exposées (contrairement à Loterie solaire, ou pire, à A rebrousse-temps).
Parmi les passages les plus intéressants, on peut retenir la scène de la boîte de nuit avec le couple d'hermaphrodites qui passent à leur convenance d'un sexe à l'autre. Un autre passage m'a renvoyée au roman de Frederik Pohl, L'homme-plus, pour la similitude des expériences scientifiques qui consistent à modifier l'Homme pour le rendre adaptable à un environnement nocif. Si pour Pohl, il s'agissait de Mars, ici il faut permettre à une nouvelle espèce d'humains, adaptés pour la circonstance, de vivre sur Vénus.
La difficulté du roman pour l'auteur a été sans doute de s'enfermer avec un personnage doué de précognition. Sa capacité à voir un avenir limité à une année sans pouvoir le modifier, impose un déroulé prédéfini, immuable qu'il a dû être difficile de maintenir au risque de se heurter à des paradoxes ou à des incohérences. Dire qu'il n'y en a pas serait sans doute un peu surévalué, mais je n'ai rien vu de notable. Finalement, Dick se sort assez bien de cet exercice qu'il renouvellera assez souvent, en se laissant néanmoins plus de liberté, dans de nombreuses nouvelles impliquant le Temps ou/et la précognition (Minorité Report, L'Homme doré etc...)
Alors oui, il manque peut-être un peu d'émotion, un petit quelque chose qui fait que ce n'est pas un chef d'oeuvre mais cela reste en attendant de lire les suivants (j'ai choisi de lire Philip K. Dick dans l'ordre chronologique, intercalant nouvelles et romans, pour mieux appréhender l'évolution de son écriture), un très bon roman.

Philip K. Dick Les chaînes de l'avenir (The world Jones made) (J'ai lu)

Mots-clés : manipulations génétiques, mutants, précognition, totalitarisme, Vénus, XXIe siècle

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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Dimanche 1 juin 2014 7 01 /06 /Juin /2014 12:17

Jérémie Guez - Le dernier tigre rouge (2014)Quatrième de couverture

Saigon, 1946. L'arrivée des troupes françaises en Indochine s'accélère pour reprendre cette zone capturée par les Japonais durant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les premiers partants : la Légion étrangère, composée d'anciens nazis, de résistants et de mercenaires du monde entier. Encore traumatisé par la mort de sa femme, Charles Bareuil s'engage pour l'" Indo ". Mais cette guerre va rapidement devenir un combat personnel lorsqu'il décide d'enquêter sur un mystérieux tireur d'élite servant côté viêt-minh...

Gifsv25.gif Jérémie Guez un auteur français qui s'était fait remarquer en 2012 avec son roman Balancé dans les cordes qui obtint le prix SNCF 2013. Depuis, il enchaîne les romans et intègre cette année, la collection Grands Détectives de 10/18. Pourtant, autant le dire tout de suite, ce n'est pas un roman policier dont les passages qui s'y rapporteraient le plus ne représentent qu'un dixième du récit. Mais je comprends la difficulté de classer ce roman qui entre dans une catégorie qui n'est plus tellement à la mode en ce moment : le roman de guerre.
Depuis la feue collection "Feu" du Fleuve noir, il n'y pas vraiment de collection propre à ce genre. Soit ils sont publiés en littérature blanche, soit... ils ne le sont pas.
Ainsi Jérémie Guez fait renaître avec brio le roman d'aventure ayant pour cadre ici la guerre d'Indochine. Le dernier tigre rouge couvre l'intégralité de ce conflit durant lequel son héros, Bareuil, ancien résistant enrôlé dans la Légion étrangère, va tenter au mieux de survivre. Les descriptions de la jungle vietnamienne, sa moiteur, ses villages, les embuscades, la peur du soldat, les maladies, les traumatismes, tout ceci est décrit avec une efficacité imparable sans jamais être alourdi par des détails techniques (stratégie militaire, armement) qu'il aurait été tentant d'utiliser. Historiquement, l'ensemble du conflit est dépeint avec ce même soucis de préserver les lecteurs d'un cours magistral mais suffisamment documenté pour que son récit soit réaliste et crédible. Et au delà du contexte historique Jérémie Guez crée des personnages touchants car emplis de doutes, de craintes, de souvenirs. Si la trame policière qui s'immisce dans le récit consiste à découvrir les origines d'un mystérieux tireur d'élite, elle est aussi là pour mettre en exergue toute la souffrance et les paradoxes qu'engendrent la guerre.
Ainsi donc Le dernier tigre rouge est le témoignage d'une horrible aventure humaine, celle la guerre de l'Indochine, celles des hommes et des peuples qui y combattirent, celle d'un pays en droit de revendiquer son indépendance.

Jérémie Guez Le dernier tigre rouge (10/18)

Mots-clés : guerre, Indochine, Légion étrangère, tireur d'élite

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : CRITIQUES : DIVERS
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Jeudi 22 mai 2014 4 22 /05 /Mai /2014 10:53

Laurent Guillaume - Black Cocaïne (2013)

Quatrième de couverture
"Au Mali, tout est possible et rien n'est certain", ainsi parle Solo, ce Franco-Malien recherché par la police française qui a laissé derrière lui un passé obscur pour recommencer une nouvelle vie sur le continent noir. Ancien des stups respecté de la profession, Solo est devenu à Bamako un détective privé populaire. Même si les souvenirs douloureux le hantent souvent, Solo les noie avec application dans l'alcool.
Jusqu'au jour où une belle avocate française l'engage pour faire libérer sa soeur arrêtée à l'aéroport avec de la cocaïne. Un dossier en apparence simple pour Solo, mais cette banale histoire de mule va prendre une tournure inquiétante. Ses vieux démons réveillés, l'ex-flic se lance dans cette affaire dangereuse, entre tradition et corruption, avec la détermination de celui qui n'a rien à perdre.

Gifsv25.gif La collection Sueurs Froides de chez Denoël a vraiment un fonds très intéressant. Après les romans de Sandrine Collette que nous vous avions présentés, voici un autre auteur français, Laurent Guillaume, qui mérite largement qu'on s'y arrête. S'il n'en est pas à son premier coup d'essai - Black Cocaïne est son cinquième roman et il avait eu quelques prix pour son premier roman Mako - ce dernier polar devrait le confirmer dans la voie de l'écriture qu'il a choisi. En effet, l'auteur est au départ lieutenant de police. Après un passage aux stups puis à la brigade financière, il décide de se consacrer à l'écriture. Et comme Jean-Marc Souvira (voir Le magicien) l'avait aussi démontré, les anciens flics ont du ressort pour nous pondre des histoires à la fois passionnantes, réalistes et palpitantes.
Son personnage, Souleymane Camara dit Solo, est un ancien flic et un homme au caractère bien trempé qui traîne avec lui un lourd passé qui l'a poussé à fuir la France pour se réfugier en Afrique, à Bamako, la capitale malienne où il a monté sa petite affaire. On ne lui connait qu'un seul ami, Drissa. Et quand ce dernier se retrouve être un dommage collatéral dans une simple affaire de mule, son sang ne fait qu'un tour.
Le style de Laurent Guillaume est efficace. D'abord par un récit aux chapitres courts qui s'enchainent sans temps morts. Ensuite pour ce personnage dont le métissage est exacerbé par sa difficulté à se trouver chez lui où qu'il soit (en France ou au Mali) et enfin pour la manière qu'il a de nous faire voyager en nous faisant découvrir le Mali de l'intérieur. Pas seulement Bamako mais aussi les alentours dans une partie du récit devenu un parfait road movie.
Mais, et surtout, l'auteur se charge au travers d'une histoire à priori fictive de faire remonter à la surface des affaires qui ont  défrayées la chronique, même si aujourd'hui, on les a oubliées. Ainsi, son récit est en fait inspiré de deux affaires : l'affaire Air Cocaïne couplée au dossier "des passeuses de Bamako". Il en résulte un roman très juste, réaliste, crédible que l'on perçoit comme tel dès le début.

Si vous avez aimé cet auteur, sachez qu'il sera parmi les invités du Festival du polar de Villeneuve-lès-Avignon dont nous sommes partenaires au mois d'octobre prochain.

Laurent Guillaume Black Cocaïne (Denoël)

Mots-clés : Afrique, corruption, détective privé, Mali, trafic

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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