Le jeudi matin
Depuis début janvier, la librairie est désormais ouverte le jeudi matin de 10h à 12h30.
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Quatrième de couverture
René Frégni marche chaque jour sur les chemins où ses filles ont couru, grandi, avant de partir vivre leur vie. Seul désormais, il sillonne inlassablement une Provence brûlée par l'été et le gel.
Dans un décor âpre et sauvage, il croise d'étranges silhouettes : un vieil homme sans mémoire regarde comme des fantômes les arbres qu'il a plantés, un truand qui a passé vingt-sept ans dans
l'ombre des prisons lui raconte les lambeaux solitaires et violents de sa vie, une femme d'une mystérieuse douceur traverse des champs de neige suivie, de loin en loin par un nuage de corbeaux. Comme une suite a "Elle danse dans le noir", ce journal est un chant d'amour qui monte des vastes déserts de pierre
et de lavande que l'on découvre dès que l'on quitte Banon, Manosque ou Moustiers-Sainte-Marie, un chant mélancolique et lumineux ; un voyage parfois cruel vers la tendresse et la
beauté.
Coup de coeur hors de nos genres !
Dans ce récit les jours s’égrènent au rythme de la vie de l’auteur, au cœur de la Haute-Provence où il est installé. Les heures défilent lentement, car René Fregni n’est
pas pressé, sa fille est partie faire ses études. Il navigue entre Vinon-sur-Verdon, Manosque et ses environs, Marseille, et nous fait tout simplement partager son quotidien, sa contemplation des
âmes et des lieux, des saisons qui se succèdent. Force est de constater que le lecteur non plus n’est pas pressé car il passe un très beau moment.
L’écriture est belle, émouvante, mélancolique, et l’on entend presque le silence, même en suivant l’auteur dans ses errances observatrices, voyeuristes parfois. On prend plaisir à observer la vie
des gens de tous les jours, mais aussi à regarder fleurir la nature, à voir courir le vent, marcher dans la neige, manger des yeux la confiture, en avoir l’eau à la bouche. On sent chez
René Fregni la même curiosité, la même avidité à connaître les personnes, et à les accepter comme ils sont qu’il s’agisse de son vieil ami devenu sénile, de son copain
l’ancien détenu qui veut écrire sa vie, ou encore de ces inconnus qui vivent en face, et dont on partage l’intimité à leur insu, avec vue sur leur salle de bains.
Ecrire, à la main, toujours, partager ces instants simples, et puis lire, observer, parler, d’Isabelle, la belle Fiancée des Corbeaux, ou de sa fille, partie étudier à Montpellier, vivre sa vie
et ses amours. Ce livre est un beau témoignage qui donne à la fois envie de connaître René Frégni et la belle région de Haute-Provence, d’apercevoir par la fenêtre les lavandes
du plateau de Valensole.
René Frégni : La fiancée des corbeaux (Gallimard) 15 €
Mots-clés : Journal, Manosque, Marseille, Haute-Provence
Quatrième de couverture
Vincent de Moulerin, notable marseillais et conseiller municipal, vient d'être abattu de quatre balles de 11.43 dans un parking souterrain du centre-ville.
Emma, jeune lieutenant de police au look étrange se retrouve en charge de l'enquête sur ce meurtre apparemment crapuleux. Mais,
suivant son instinct et les conseils de Clovis, elle décide de fouiner dans le passé de la victime... De Moulerin est en effet un ancien colonel des paras qui a fait le coup de feu en
Indochine... Il y est devenu un expert reconnu de la guerre antisubversive, appliquée en Algérie et bientôt exportée et enseignée avec succès en Argentine.
L'Argentine, où en 76 une clique de généraux prend le pouvoir, instaure la dictature et terrorise le peuple : enlèvements,
disparitions et tortures sont alors le lot de tous les opposants réels ou supposés. Et puis il y a Kevin, le petit-fils de Vincent, un ado apparemment disjoncté, qui bien que vivant reclus dans
sa chambre et passant sa vie dans Second Life est en train de comprendre beaucoup trop de choses...
Mais quel rapport existe-t-il donc entre le Mondial argentin de 78, l'École de Mécanique de Buenos Aires, Videla et sa junte, les
bruits de bottes dans la Médina d'Alger, la Patagonie, les " desaparecidos ", Kevin et Vincent de Moulerin..?
Avec ce
roman, Maurice Gouiran, comme à son habitude, met en parallèle une histoire bien contemporaine sur fond d'enquête policière, et l'Histoire de notre planète, qui se révèle souvent
pleine de surprises. On ne peut que conseiller la lecture de ses romans pour bien comprendre dans quel pays nous vivons, dans quelle société nous avons grandi, et combattre une certaine vision
manichéenne sur les "gentils" et les "méchants"que nous aurions pu acquérir au fil du temps et des informations diffusées via la vérité cathodique. Dans ce livre, nous plongeons, à la suite
de l'assassinat d'un ancien militaire, au coeur de l'histoire de l'armée, du colonialisme, mais aussi de la coopération militaire internationale. On se souvient des généraux Argentins, des
disparus, des procès arbitraires et de la torture. Mais qui connaissait le rôle de la France, pays des Droits de l'homme, dans l'organisation, la formation, le soutien à la dictature Argentine,
voire sa participation active dans le processus ? On en frémit d'horreur. Et pourtant en avons-nous vraiment entendu parler au journal télévisé ? Il est vrai que la France est toujours prête à
rendre service à ses amis...
Si son chef n'a qu'une idée, refermer le dossier, Emma Govgaline, notre enquêtrice de choc, aidée à distance par Clovis Narigou, parti quelques temps à New-York, sent que la vérité n'est pas
aussi limpide, et qu'il va falloir fouiller dans le passé du vieux militaire. Pour notre plus grand plaisir de lecture, bien sûr. Quel est le rôle du petit fils, Kevin, qui ne vit sa vie que par
procuration dans sa chambre, face à son écran ? Qui était vraiment Vincent de Moulerin ? On suit avec intérêt la plongée dans le passé historique, mais on voit également avec plaisir l'évolution
d'Emma, sorte d'OVNI au look étrange aux prises avec son patron, la famille de la victime, les amis de Clovis, et Clovis lui-même, dans une relation à la fois claire et ambiguë, que l'on devine
sans lendemains, mais installée dans une sorte de récurrence pour les futurs romans.
Le polar, selon Maurice Gouiran, se prête particulièrement à son exercice favori, raconter l'histoire, ré-ouvrir les dossiers, et nous livrer aussi une autre partie de la vérité
en allant au delà de ce que l'on met en lumière dans la presse ou les livres d'histoire.
Maurice Gouiran Sur nos cadavres ils dansent le
tango (Jigal)
Mots-Clés : Argentine, coopération, dictature, histoire contemporaine, Marseille, militaires, polar historique,
Videla
Notre avis : 4/5
Quatrième de couverture
Rejoignez la Cohérence. Plus jamais vous ne serez seul.
Christopher est en fuite. Avec Serenity, dix-sept ans elle aussi, et son frère aîné Kyle, il traverse le désert du Nevada à la recherche du père de ses deux amis, Jeremiah Jones. L’homme se cache
: ardent pourfendeur des dérives de la technologie moderne, il est recherché par le FBI pour attentats terroristes.
Mais Christopher lui-même est pourchassé et ses ennemis ont le bras long. Quel innommable secret détient-il pour que les moyens déployés contre lui dépassent toute attente en brutalité comme en
sophistication ? Il faut dire que Christopher Kidd n’est pas n’importe qui ; à l’âge de treize ans, sous le pseudo de « Computer Kid », il a piraté le système bancaire international et plongé la
planète dans le chaos économique.
C’est pourtant une menace autrement plus redoutable qui pèse aujourd’hui sur le monde. Les jours de l’humanité telle que nous la connaissons sont comptés.
Un thriller angoissant par l’auteur d’En panne sèche.
Andreas Eschbach est l'un des auteurs allemands de
science-fiction les plus connus notamment grâce à son roman Des milliards de tapis de cheveux, Grand prix de l'imaginaire en 2008. Il écrit à la fois pour les adultes et pour la jeunesse
et Black*out est le tome 1 d'un dyptique tout public (disons à partir de 14/15 ans) qui tient plus du roman d'aventures et du thriller technologique que de la SF à laquelle il nous a
habitué. On est donc à la limite des genres faisant quand même appel à des grands thèmes de la science-fiction : fin de l'humanité, l'homme modifié.
Le roman démarre tel un road-movie. Trois jeunes gens traversent les États-Unis pour rejoindre le père de deux d'entre eux et durant ce périple, le plus jeune des garçons, Christopher, raconte ce
qui les a amenés là. Il est vrai que le début met la puce à l'oeil concernant le lectorat visé (rappelons que la collection Atalante ne distinguant pas dans sa charte éditoriale les romans
adultes des récits jeunesse, j'ai abordé ce titre comme un roman de SF adulte) : style allégé et explications scientifiques simplifiées. Pourtant, au fur et à mesure que l'histoire s'étoffe, au
gré des flash-backs et des péripéties, on reconnaît facilement le plaisir qu'il y a suivre cette aventure. Elle est certes à la limite de la crédibilité, mais c'est un roman jeunesse ; il faut
donc des situations grossies comme un jeune hacker capable de pirater tout et n'importe quoi, il faut des apprentis terroristes capables de construire des bombes juste à partir de compte-rendus
de police et des parents à la cool, qui ne s'étonnent pas que leurs gamins partent sans laisser d'adresse le temps d'un week-end. etc., etc.
Ce qui est certain c'est que Black*out pourrait être une belle entrée en matière pour des adultes qui voudraient s'initier à la SF sans être trop immergés dans un univers inconnu. Quant
aux ados, cela fait appel incontestablement à tout leur quotidien et à leur langage. Car le roman se passe à priori de nos jours. Eschbach, d'ailleurs, fait allusion à la crise
mondiale économique et, technologiquement, n'invente rien qui nous soit tellement étranger. Au contraire, il s'ancre parfaitement dans notre paysage et propose même une réflexion sur l'intrusion
de plus en plus grandissante de toutes ces nouvelles technologies nomades.
Comme la couverture du livre ne précise pas non plus qu'il s'agit d'un tome 1, on est un peu frustré à 40 pages de la fin, car on se demande bien comment, l'auteur va conclure son histoire : la
bâcler, lui octroyer une super chute ou..."Fin de la première partie" grrrr. Ben voilà, il n'y a plus qu'à attendre Hyde*out, la suite, pas encore traduite.
Andreas Eschbach Black*out (Black*out) (Atalante)
Mots-clés : fin de l'humanité, homme modifié, roman ados, thriller technologique
Quatrième de couverture
1872. La Czisletovie bascule dans le plus sanglante guerre que le vieil empire ait
connue. Frantz, jeune poète désargenté refuse de prendre les armes. Préférant se consacrer à son art, quitte à devenir un déserteur. Hélas, c'est précisément ce moment que choisit l'un des
ministres de la très prestigieuse Kulturkommandatur pour lui passer une commande officielle...
Coup de cœur. 1872, en Czisletovie, Frantz, poète démuni, vivote de ses vers et de l’aumône qu’on veut bien lui faire. Il se prête
volontiers aux joutes verbales, notamment avec Friedrich afin, l’un et l’autre, de gagner le cœur d’une jolie serveuse, Héloïse, dont ils sont amoureux. Mais un nouvel empereur vient d’être
désigné. Il est jeune, trop jeune, et prend son armée pour des soldats de plomb avec lesquels il s’amuse. Et il déclare la guerre à la Dalmaszie, un des pays les plus pacifiques de cette Prusse
imaginaire. Friedrich est mobilisé. Frantz, lui, préfère déserter mais il est contacté par un mystérieux « empoudré » de la KulturKommandatur qui lui propose, sous forme de chantage déguisé, une
mission de messager.
J’ai été complètement séduite par cette fantaisie baroque, au dessin somptueux et au scénario très original qui amour, complot, poésie, art et guerre (et non « l’art de la guerre », bien que…). Le mystère règne et le fantastique planant au travers de quelques personnages étranges vous happent sans possibilité de faire marche arrière. C’est beau, c’est parfois drôle, inquiétant et si l’on ne sait encore comment ce dyptique va se terminer, on sent une touche d’humanité qui se profile malgré l’avenir guerrier qui est réservé aux deux royaumes.
Incontournable de cette fin d’année qui, à mon avis, plaira aussi aux ados.
Jean-Paul Krassinsky (sc) & Julien
Delval (d) Les petits soldats : le pigeon voyageur 1/2 (Vents d'ouest)
Mots-clés : art, baroque, guerre, pays imaginaires, poésie
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Librairie spécialisée en littératures de l'imaginaire (Fantasy, fantastique, science-fiction), en romans policiers et en jeunesse et bandes-dessinées. Vente de livres neufs. Achat
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réserve de comptes ouverts chez certains distributeurs/ diffuseurs). Vente aussi par correspondance via sa boutique en ligne. Le blog : critiques et résumés de livres (uniquement ce que nous avons aimé)
Librairie Soleil Vert
15 Grand Rue, 30420 Calvisson
Mardi-Mercredi-Vendredi-Samedi :
10h-12h30 / 15h-19h00
Jeudi matin : 10h-12h30
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T : 04 66 74 11 86 @ : soleilvert30@orange.fr
Accès : Entre Nîmes et Sommières, sur la D40, Calvisson centre
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