Prochaine rencontre : vendredi 19 septembre à 18h30

gruckert-300.jpg Fabienne Gruckert, romancière gardoise, ayant passé beaucoup de temps dans son enfance dans la région de Sommières et principalement à Calvisson, viendra présenter son dernier roman Caravane ainsi que ces deux récits précédents : Le secret des cabaniers et Les décalés.
Nous la recevrons dans le cadre d'une rencontre durant laquelle elle nous présentera elle-même ses romans, nous parlera de ses inspirations et répondra aux questions des lecteurs.

Une séance de dédicace suivra.
Vendredi 19 septembre à 18h30 à la librairie Soleil Vert.
Vendredi 14 mars 2014 5 14 /03 /Mars /2014 11:40

guerredesmondes.jpg Quatrième de couverture
"La guerre des mondes s'est hissé depuis longtemps au rang de ces œuvres exceptionnellement rares, écrites par des hommes dont on n'a même plus besoin de rappeler le nom — L'Iliade, L'Odyssée, les Évangiles — , qui ont transcendé leur origine littéraire pour devenir des mythes fondateurs, des histoires archétypales de notre inconscient collectif, tout aussi publiques que n'importe quel fait historique, et légitimement adaptées dans d'innombrables versions au gré des peurs et de l'esprit du temps." Norman Spinrad
Avec Jules Verne, Herbert George Wells (1866-1946) est considéré comme le père fondateur de la science-fiction contemporaine. Il a donné à ce genre littéraire nombre de ses thématiques et certains de ses inoubliables chefs-d'œuvre (La machine à explorer le temps, La guerre des mondes, L'île du docteur Moreau, L'homme invisible).

Gifsv25.gif Incontournable ! En tant que librairie spécialisée en science-fiction, je me devais de présenter un grand classique, un monument de la littérature anglosaxone, un incontournable de la SF. Parce que je vous avais présenté le roman de Johan Héliot, La guerre des mondes n'aura pas lieu, qui m'avait grandement donné envie de relire le texte original de H.G. Wells, je me suis donc replongée dans cette oeuvre majeure. Ce qui m'a surprise, mais je pense qu'à ma première lecture il y a quelques années, j'avais déjà ressenti ça, c'est sa modernité, son intemporalité. Souvent imité, adapté, contourné et jamais égalé, c'est ainsi qu'on peut définir l'oeuvre de Wells.
Le roman introduit l'idée que depuis longtemps déjà les humains, sans en être conscients, trop soucieux de leurs propres existences, sont observés par les martiens. L'Homme pouvait au mieux imaginer que des êtres inférieurs vivaient sur d'autres planètes et sur Mars en particulier, mais de là à penser que ces étrangers venus d'ailleurs puissent avoir l'intelligence des conquérants, Il en était loin. Le narrateur est en fait un des témoins de l'invasion martienne qu'il nous raconte six ans après les faits.
Ce roman aurait été influencé par une conversation entre Wells et son frère sur la colonisation. L'Empire britannique est à la fin du XIXe siècle à son apogée, mais l'écrivain, en homme de gauche n'est pas convaincu par les bienfaits de l'expansion du Royaume. La guerre des mondes devient une métaphore pour critiquer le Colonialisme et placer l'homme conquérant de l'autre côté de la barrière, là où cette fois c'est lui qui serait exploité, asservi. D'ailleurs, même la maladie qui fait disparaître les martiens est une référence à toutes celles que les blancs ont apportés dans les nouveaux territoires et qui ont été dévastatrices pour beaucoup d'indigènes.
Autre contexte historique : l'Allemagne s'est unifiée et armée et l'Europe redoute déjà qu'elle ne cherche à s'étendre. L'oeuvre de Wells a donc ceci de prémonitoire qu'elle matérialise cette crainte et va devenir dans les années qui suivirent sa publication, et encore aujourd'hui, une autre métaphore celle de toutes les formes d'invasions et de persécutions que l'Histoire va vivre à partir de là. A la relecture de ce texte, je réalise à quel point il était très militarisé. Dans le but certain de montrer qu'une profusion de moyens technologiques n'est pas toujours la solution au problème. L'armée britannique sera effectivement bien impuissante devant la technologie des martiens, tout comme la bombe atomique larguée cinquante ans plus tard dans l'adaptation cinématographique de Byron Haskin.
Il est assez difficile de dissocier l'image de cette Fumée Noire asphyxiante, ce fog empoisonné libéré par des obus expulsés des tripodes, des gaz envoyés dans les chambres du même nom, quelques années plus tard dans les camps de concentrations. Mais cette même fumée était aussi annonciatrice d'une guerre plus proche d'elle, celle de 14-18 qui inaugura une nouvelle forme de conflit, la guerre bactériologique.
Toutes les scènes d'exode, de panique, ou même d'actes héroïques (plus rares) sont indéniablement universelles. Wells, n'a pas seulement écrit un roman de "romance scientifique", il a surtout transcrit un témoignage intemporel sur les horreurs de la guerre dont la structure narrative tient beaucoup du journalisme. Le récit est le rapport de ce qui est pleinement vécu par le narrateur et ensuite par ce qui lui a été rapporté. Les blancs ne sont pas comblés. Tout ce qui pouvait se passer ailleurs, n'est expliqué que si un autre témoin l'en informe. De même que la presse, omniprésente ne pouvait couvrir tous les fronts. On peut aisément comprendre que pour rendre son récit cohérent, le narrateur ait attendu un certain nombre d'années avant de publier son témoignage. Le temps d'évacuer les traumatismes mais aussi de réunir assez d'éléments pouvant enrichir sa propre expérience.
Quant à la spéculation scientifique, elle est en rapport avec les connaissances de l'époque. Peu de temps avant l'élaboration de son récit, Wells s'était intéressé aux travaux de l'astronome italien Schiaparelli qui pensait avoir identifié des canaux artificiels à la surface de Mars. Si l'on comprend néanmoins que l'auteur utilise les martiens (dont l'existence à l'époque est fantasmée mais non avérée) comme métaphore de ce qui a été écrit plus haut, il respecte quand même quelques données scientifiques, principalement d'ordre astronomique, afin de donner une crédibilité aux évènements. On reconnaîtra aussi dans le Rayon Ardent, le rayon-X découvert en 1895 par le physicien allemand Wilhelm Röntgen et quelques théories de l'évolution de Darwin (1859) quant à la supériorité martienne.


Note : pour ceux qui connaissent désormais mon blog personnel consacré à la Planète Mars dans la culture populaire, vous pourrez retrouver cette critique enrichie d'un résumé approfondi, d'illustrations et de compléments documentaires notamment sur les adaptations BD ou cinéma.


Commander/Réserver au 04 66 74 11 86   H.G. Wells La guerre des mondes (The war of the Worlds) (Folio)

Mots-clés : guerre, invasion, Londres, Mars, martiens, XIXe/début XXe

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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Vendredi 14 mars 2014 5 14 /03 /Mars /2014 11:34

Johan Héliot - La guerre des mondes n'aura pas lieu (2010) Quatrième de couverture
Londres, 1887.
Le jeune Herbert G. Wells rêve de devenir écrivain. Puisque son roman a été refusé par tous les éditeurs, il décide d'embarquer pour l'Amérique. On dit que là-bas, tout à l'ouest, se trouve une cité idéale...
Mais c'était compter sans un événement de taille : l'apparition d'un navire spatial tout droit arrivé de Mars ! À son bord, un fuyard est venu prévenir les hommes d'une catastrophe imminente : une grande invasion se prépare, qui menace rien moins qu'éliminer la race humaine.
Quand Johan Heliot pirate H.G. Wells... Un cocktail détonant d'humour et d'aventures !
Johan Heliot, né en 1970, est l'un des auteurs les plus talentueux de l'imaginaire francophone.

Gifsv25.gif Coup de coeur ! Merci, merci, merci. Johan Heliot vient de me faire passer un de mes meilleurs moments de lecture de ce mois ! Ce roman traînait sur mes étagères depuis un moment (3 ans ?). Et hier, bing ma main s'est porté dessus et... je ne l'ai plus lâché.
Héliot vient s'ajouter à la liste des auteurs français que j'affectionne tout particulièrement pour leur style
(Ferric, Khara, Cavalier, Nicolas...). Tous ont ceci en commun qu'ils nous emportent dans des aventures dont on ne peut s'échapper et qui font écho à cette littérature populaire que j'aime tant. Pour le roman de Johan Héliot, les raisons de mon engouement sont plus que multiples :

- le style enlevé et saupoudré d'humour à la façon des feuilletonistes de la fin XIXe, début XXe. Vous n'aurez donc jamais de diatribes interminables même lorsqu'on parlera d'utopie, de paradoxe temporel ou d'injustice sociale. La profondeur et la réflexion sont délaissées au profit unique du divertissement et croyez-moi, de temps en temps ça fait du bien !
- les hommages aux genres de la  scientific romance
(qu'on appellera ensuite : science-fiction) dont H.G. Wells est un des meilleurs représentants, l'aventure, le romanesque, le western.
- les références : à Wells, bien sûr, puisqu'il en est le héros (avec ses martiens et son voyage dans le temps). à Jules Verne (on pense ici au Tour du monde en 80 jours et Voyage au centre de la terre) par qui de nombreux lecteurs sont arrivés à la littérature d'aventure, à une figure emblématique du roman populaire, celui de la femme, rarement farouche, toujours prête à suivre son fiancé partout, faire-valoir qui révèle bien souvent un esprit aventureux (et cela se termine souvent par leur mariage à la fin), aux pastiches en tous genres y compris cinématographiques avec un côté western-spaghetti magnifiquement illustré ici par trois lascars peu recommandables à qui il arrivera bien des mésaventures.
-  l'imaginaire martien : La guerre des mondes (çà c'est déjà dans le titre) mais aussi John Carter (le Cycle de Mars) de Edgar Rice Burroughs, figure emblématique du genre qu'Héliot fait revivre en lui donnant un rôle prépondérant ; sans oublier un endroit qui ne cesse d'attirer les foules : la ville de Roswell, sur quoi l'auteur nous révèle quelques secrets bien gardés.
- l'époque : fin XIXe, avec, agréablement distillés, des détails qui ajoutent au "dépaysement" : c'est l'heure de la conquête de l'ouest, et d'un Eden convoité avec en décor les ruelles encore boueuses de San-Francisco, des prouesses industrielles avec ces gigantesques paquebots qui se lançaient dans les grandes traversées transatlantiques (l'ombre du Titanic plane), la construction des gratte-ciels à New-York, l'arrivée de l'électricité, (on croisera d'ailleurs aussi Thomas Edison).

Quel plaisir donc d'entrer dans cette histoire bourrée d'aventures, d'actions, d'humour et de rebondissements. Du pur divertissement où l'équilibre des genres est extrêmement bien maîtrisé.

Publié chez Mango, éditeur "à priori" jeunesse, ce n'est absolument pas comme tel que j'ai abordé ce roman (mais je reconnais avoir retrouvé l'émotion de mes premières lectures, celles qui m'ont amenée à mon métier) et je ne doute pas un instant qu'il puisse plaire à TOUT le monde : pré-ados, ados (pour une bonne introduction à Wells ou à Verne), adultes et surtout/et même à des gens qui ne pensent pas aimer lire. L'avantage d'être publié dans cette catégorie, c'est que le prix est attractif (16,25€) pour une histoire aussi passionnante.

Mots-clés : aventure, Etat-Unis, hommage, littérature populaire, Mars, pastiche, tout public, utopie,
voyage dans le temps, Wells


Commander/Réserver au 04 66 74 11 86   Johan Héliot La guerre des mondes n'aura pas lieu ! (Mango)

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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Mercredi 12 mars 2014 3 12 /03 /Mars /2014 11:57

L'un est américain, l'autre est française. Le premier n'a plus rien à prouver, la seconde était très attendue pour son second roman. Ils ont tous les deux une nouveauté en ce mois de Mars et en prime la sortie en poche de leur précédent roman. Nous ? On les a tous lus et on les aime tous les deux (voir nos chroniques en lien) et ils sont sur nos étagères !

Craig Johnson - Molosses (Gallmeister) 23.40€
Craig Johnson - Enfants de poussière (Gallmeister Totem) 10.20€

Sandrine Collette - Un vent de cendre (Denoël) 18€
Sandrine Collette - Des noeuds d'acier (Livre de Poche) 6.90€

promo.jpg

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : ACTIVITE COMMERCIALE
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Mercredi 12 mars 2014 3 12 /03 /Mars /2014 08:26

Arnauld Pontier - Sur Mars, récit de voyage (2009) Quatrième de couverture
Arnauld Pontier revient de la planète rouge. Oui. Il a marché sur Mars. En 2016. Son journal de bord en est la preuve. Il détaille par le menu les mystères de cet astre frère sans les percer tout à fait. Comment le pourrait-il, du reste, alors que c'est la vie même qu'espère découvrir là cette première mission humaine ? Mais la vie, c'est d'abord celle de l'équipage, mixte, confiné, obnubilé par la routine et les consignes de sécurité. Tout semble réglé comme un livre de comptes...


Ce très court roman ravira les amateurs d'aventures spatiales. Vous, lecteurs, qui regrettez peut-être de n'être pas encore nés pour voir se poser le premier homme sur la Lune, serez concernés et touchés par le récit de voyage de cet astronaute qui nous fait vivre à ses côtés son expérience martienne. Les autres comprendront.
Dans un style des plus épurés, Arnauld Pontier nous confie ses sentiments, ses sensations, ses rêves d'enfants qui se réalisent enfin. Car c'est lui qui est tiré au sort parmi l'équipage pour descendre le premier sur le sol rocheux de Mars. Un autre grand pas pour l'humanité est fait, trop vite, sûrement, mais gravé à jamais. Plusieurs tâches sont à réaliser afin de pouvoir accueillir les missions suivantes. Ce n'est pas sans danger mais la cause est grande.
Arnauld Pontier nous offre une sorte de condensé de tout ce qui entoure son rêve martien. Réaliste à souhait dans son discours scientifique, sensible dans l'approche de son double, cultivé dans l'enrichissement de son texte qu'il entrecoupe de toute une culture populaire, littéraire, cinématographique qui a bercé son enfance et son adolescence. Autant de références qui l'ont forcément conforté dans la voie étoilée qu'il a prise.
Les amoureux de la planète rouge mais aussi des étoiles en général, seront émus à la lecture de ce texte. Ils se reconnaîtront dans ce livre, tourné vers l'avenir ; car s'il parle d'aventure et de rêve, il implique aussi le devenir de l'humanité et l'amour y a sa place. Tant mieux.
A lire sans aucune modération !


Commander/Créer une alerte   Arnauld Pontier Sur Mars, récit de voyage (Nicolas Chaudin)

Mots-clés : aventure spatiale, journal, planète Mars, mission, rêve

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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