Robert Silverberg - Ciel brûlant de minuit (1994)

Publié le par Herveline

Robert Silverberg - Ciel brûlant de minuit (1994)Quatrième de couverture
XXIVe siècle. Effet de serre. Plus de couche d'ozone. La Terre a basculé dans les bouleversements climatiques, et le ciel brûlant de minuit ne laisse jamais filtrer la moindre fraîcheur. Tandis que Paul Carpenter remorque un iceberg monstrueux afin d'alimenter Los Angeles en eau potable, Nick Rhodes, biologiste, cherche à adapter l'humanité à une atmosphère pauvre en oxygène, pour le compte d'un conglomérat japonais. Isabelle cherche l'amour, et Jolanda le dépassement de l'art.
Ils sont tous pris au piège de ce monde dégradé, de leurs vies bancales et de leurs amours furtives, aussi déboussolés que la Terre brûlante qui les porte.
Et tous, ils cherchent la sortie. Dans les étoiles...
Robert Silverberg, consacré par quatre prix Hugo et cinq prix Nebula, dresse ici le tableau d'un avenir plausible, terrifiant et fascinant.

Gifsv25.gifRobert Silverberg est un des auteurs américains les plus prolixes de ces trente dernières années en matière de science-fiction. On lui doit notamment  parmi ceux que nous avons lus et aimés, voire adorés, Les Monades urbaines, L'homme dans le labyrinthe, la Tour de verre, L'homme bicentenaire ou encore L'Oreille interne, qui lui, nous a déçu. Tout auteur de SF qui se respecte évoquera dans sa carrière les thèmes les plus récurrents du genre : robots, dystopie, voyage dans le temps... et dérèglement climatique, environnement, fin de l'humanité. Ces derniers n'ont absolument rien de nouveau. Rappelez-vous Le monde englouti et Sécheresse de Ballard écrits dans les années 60 et on trouve des récits bien antérieurs encore qui évoquaient déjà la possibilité d'une Terre polluée, irrespirable, à la météo complètement détraquée. Néanmoins force est de constater que depuis une quinzaine d'années, ces sujets sont de plus en plus abordés à la limite même de l'effet de mode, ce qui agace considérablement surtout quand des auteurs moins aguerris tentent de se hisser sur la pointe des pieds sans être forcément à la hauteur. Il faut dire que le sujet est quand même extrêmement réchauffé, comme la planète.
Il faut donc y trouver un souffle nouveau, aller au delà du simple constat. Silverberg nous livre un roman de bonne facture malgré une fin un peu en dessous du niveau de départ. La majorité du roman est particulièrement intéressant posant de vrais problèmes d'éthique et de prise de conscience :
poids de l'héritage que les générations précédentes ont laissé à leurs arrière-arrière-petits-enfants, les solutions possibles, les choix difficiles : s'exiler sur des satellites artificielles, faire le grand saut dans des vaisseaux interstellaires ou rester sur Terre mais réfléchir à accélérer la mutation de l'homme de manière artificielle pour lui permettre de survivre et de s'adapter à une atmosphère nocive. Jusque là tout va bien et heureusement que cela tient trois quart du roman. Silverberg, en parallèle de cette problématique, décide de mêler le roman d'anticipation au roman d'aventure et d'espionnage en concoctant un complot dans lequel tous les protagonistes vont se retrouver mêlés sans que cela n'apporte grand chose au sujet principal. Le récit souffre aussi de quelques redondances scénaristiques. Ces maladresses en fin de récit, sans gâcher le livre, rabaissent un peu sa qualité. On aurait pu espérer en savoir plus sur les décisions que prendra l'humanité pour sa survie : entre radicalisme, fuite ou résignation. Mais on retiendra, outre les questions nouvelles, modernes, qu'aborde l'auteur à la fin du XXe siècle, une très bonne description de ce monde futur, peu engageant, qu'il est de notre devoir de ne jamais faire naître.

Commander au 0466741186  Robert Silverberg
Ciel brûlant de minuit
(Livre de poche)

9782253072140

Mots-clés : anticipation, dérèglements climatiques, environnement, espionnage, homme modifié

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