Quatrième de couverture
Dans une salle surchauffée de la banlieue parisienne, Pierre, 27 ans, boxeur en plein naufrage, vient ce soir de perdre le combat
de trop.
Critiqué, sonné, déprimé, les doutes l'assaillent et la retraite se profile, contrainte et forcée. Afin de préparer sa
reconversion il accepte de jouer tes " gros bras " pour Lazlo, un prêteur sur gage croate réfugié à Paris... Que l'on retrouve bientôt sauvagement torturé et assassiné. Soupçonné et accusé du
meurtre par les flics, poursuivi par des tueurs serbes, traqué par d'anciens légionnaires au service d'un mystérieux commanditaire, Pierre plonge au cœur d'une histoire embrouillée à laquelle il
ne comprend rien et qui semble prendre sa source dans les terribles massacres de civils des années 90 en ex -Yougoslavie.
Baladé par Sergueï, l'ami réfugié politique et chauffeur de taxi, mis sous pression par le commissaire Lefèvre qui cherche on ne
sait quoi, troublé par Julie, la fliquette, perturbé par ses propres fantômes, Pierre se sent manipulé... Il perd pied, doute, picole et titube. Mais épaulé par le vieil Émile - l'indéfectible
entraîneur - Pierre va retrouver son souffle, ses réflexes, ses jambes et son punch destructeur pour livrer sous les projecteurs son ultime combat ! C'est tragique, tendre, poignant, cruel,
parfois drôle, toujours intense...
Ça sent aussi la sueur, le cuir, le sang et le bruit des coups sur les corps !
Parmi les auteurs polardeux émergeant, Philippe Georget
est une bonne surprise. Son premier roman publié en 2010 chez Jigal, L'été tous les chats s'ennuient, vient de se voir décerné le Prix 2011 du premier roman policier par la Ville de
Lens. Nous ne l'avons pas encore lu mais le plaisir que nous avons eu avec Le paradoxe du cerf-volant, nous donne envie de le découvrir.
La force de l'auteur est sans aucun doute son style littéraire extrêmement réaliste et convainquant. On sent l'exigence qu'il s'impose à rendre chaque instant "palpable", tant dans les
descriptions que dans le ressenti et les réflexions intimes du personnage principal. Il construit un héros (voire anti-héros) avec une très grande richesse psychologique. On se reconnaît
forcément à un moment ou un autre dans les méandres de ses pensées. Ce personnage a la complexité de tout être humain, ni tout blanc, ni tout noir. Enclin à l'humour, il n'en est pas moins
déprimé. D'humeur inégale, il peut sombrer dans l'alcool et avoir le courage de remonter la pente. On le sent constamment borderline et pourtant son érudition et sa capacité à analyser ce qui lui
arrive, laisse présager que ce "vieux" boxeur de 27 ans trouvera les ressorts pour s'en sortir. C'est malheureusement sans compter sur une enquête policière qui l'implique dans une sombre
histoire en rapport avec l'Histoire de l'ex-Yougoslavie et du conflit serbo-croate. S'improvisant détective, il tentera de se sortir de cette aventure. Mais de déboire en déboire, rien n'est plus
aussi certain quant à son destin. Une tragédie humaine se met en place.
Le roman de Philippe Georget se situe entre le roman d'enquête et le roman noir. On se délecte de la fluidité littéraire, de la poésie et de la sensibilité qui s'en dégage. Mais,
comme on vient de le suggérer, c'est surtout une affaire de personnage, magnifiquement dressé, attachant, tiraillé, exaspéré... On mesure pleinement sa souffrance, ses peurs, ses déceptions. Car
il y est aussi question d'amitié, d'espoir, de trahison et de lointains secrets de famille.
Le découpage du roman est tout autant original. Monté comme trois rencontres, les chapitres sont autant de rounds, douze chacun. Et la description du combat de boxe qui oppose Pierre à un jeune
espoir, démontre encore la capacité de l'auteur à nous immerger dans l'ambiance de la salle. On sent les coups, la sueur, la rage qui emplissent le ring. Ce passage est d'une grande efficacité,
efficacité qui ne se départira pas jusqu'à la dernière page.
Comme tous les livres que nous chroniquons, les seuls que nous aimons, celui-ci ne fait pas exception. Lu d'une traite, sans pouvoir être lâché. Et toujours cette même question, quand on ferme un
très bon livre, que vais-je lire, après ?...
En un mot, Philippe Georget, journaliste de métier, est une belle révélation.
Philippe Georget Le paradoxe du cerf-volant
(Jigal)
Mots-clés : boxe, enquête, ex-yougoslavie, roman noir
Notre avis
: 5/5
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