Quatrième de
couverture : Montalbano fait grise mine. Depuis son incartade avec une très jeune demoiselle,
ses relations avec Livia, son éternelle fiancée génoise, battent de l'aile. Sans compter que son récent infarctus l'inquiète. Mais pas le temps de s'apitoyer sur son sort, car le corps d'une
femme vient d'être découvert dans une décharge. Et rien n'est fait pour faciliter l'identification. Elle est nue, aucun vêtement ni papier n'ont été retrouvés à proximité. Seul un petit tatouage
sur l'épaule gauche pourrait aider les enquêteurs. Un papillon, un sphinx, étrange point commun avec plusieurs immigrées de l'Est, accueillies par une association catholique. Une bonne oeuvre pas
très claire... Alors qu'il s'occupe d'un mystérieux enlèvement survenu au même moment, Montalbano se heurte à l'évêque et aux hautes sphères de l'Eglise et de l'Etat, mobilisées jusqu'à Rome pour
entraver la découverte d'une vérité... glaçante. Une fois encore, entre tragicomédie et intermèdes gourmets, avec une galerie de personnages hauts, en couleur et dans cette langue savoureuse qui
a fait son succès, le maître sicilien nous dévoile, au-delà de son île, l'universelle vilenie d'une certaine bonne société.
Plonger dans l’univers si particulier des romans d’Andrea
Camilleri, c’est prendre quelques jours pour aller humer l’air de la Sicile, vivre au rythme indolent des gens, s’imprégner d’une atmosphère, et entendre chanter les mots de leur langue…
Leur langue, la langue de l’auteur, c’est de l’Italien, certes, mais à la sauce Sicilienne… D’ailleurs le traducteur prend la peine de prévenir. Son art est difficile, car il s’agit de rendre les
subtilités de cette langue si particulière, et d’en restituer le sens, les déformations dans un Français adapté. On pourrait redouter que ce choix perturbe la lecture, mais il n’en est rien.
Cette ambiance nous ramène au cœur de ce mode de vie, et de ces particularismes qui composent le Polar Méditerranéen, et le voyage vaut le coup. Plus que l’intrigue (nous sommes quand même dans
un polar avec ses codes, son enquête, et son commissaire), c’est l’atmosphère, les rapports entre les gens, le mode de vie, et le caractère de Montalbano qui confèrent au roman son charme, et qui
en rendent la lecture agréable. Le héros de Camilleri a atteint la cinquantaine, et se pose des questions. Il se les pose vraiment… et c’est son double qui lui répond (Y-a-t-il
pour autant une part de schizophrénie chez Montalbano ?...Non point. Il veut juste être sûr de ne pas se tromper, de passer à côté de quelque indice, et profiter de la vie. Voici un excellent
moment de lecture pour se donner des envies de soleil, de sud de l’Italie, avec ce roman dans lequel vous pourrez même piocher quelques idées culinaires, grâce aux recettes de cuisine du
commissaire !
Andrea Camilleri Les ailes du sphinx (Le ali della
sfinge) (Pocket)
Mots-clés : Montalbano, immigration russe, Italie, Sicile
Notre avis : 4/5
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