James Ellroy - Lune sanglante (1984)

Publié le par Dom/Herveline

James Ellroy - Lune sanglante (1984)Quatrième de couverture
« Des écrivains comme ça, dans le roman noir, on en découvre un tous les dix ans. » « Opéra noir, peuplé de fantômes, où le sexe et la mort rôdent sans cesse dans l'immensité inhumaine de Los Angeles la mal nommée, lune sanglante est un fulgurant joyau, une moderne tragédie, qui porte fièrement en exergue une citation du richard II de Shakespeare. »« ... Un des plus remarquables romans noirs de la décennie, par sa préoccupation intellectuelle élevée, son écriture savante et, pour le dire balistiquement, son épouvantable puissance d'arrêt... »


(Herveline) Petite mise à jour puisqu'après Dom, c'est à mon tour de m'être attaquée à cet excellent polar qui met en opposition deux personnages passionnants et torturés. L'un croit aimer les femmes en les "sauvant" et l'autre les aime vraiment (trop) au détriment de son couple ; l'un est un tueur en série, l'autre un flic. les deux sont des génies qui vont se livrer à un face à face tendu avec en décor de fond la ville de Los Angeles en pleine mutation. Le roman débute au moment des premières émeutes raciales de Watts en 1965 pour se poursuivre 15 ans plus tard. Cette ouverture montre à quel point Los Angeles était devenu un vrai champ de bataille comme le montrent les deux photos mises en bonus ci-dessous. Un roman qui, entre procédure policière et roman noir, dresse un profil hyper réaliste de la violence, du racisme ethnique et sexuel et de la situation sociale aux États-Unis. Lune sanglante est aussi le premier volet d'une trilogie mettant en scène le sergent Lloyd Hopkins qui se poursuit avec A cause de la nuit et La colline aux suicidés.

(Dom) Qu'ajouter après de telles critiques ? Lorsqu'on est plongé dans la lecture d'un roman d'Ellroy, à chaque fois que l'on referme le livre, l'histoire et les personnages restent scotchés à l'âme et on met du temps à digérer, à s'éloigner. Les romans d'Ellroy, et en particulier Lune Sanglante nous habitent autant qu'ils nous marquent. L'écriture est nette mais aussi volubile, les personnages sont complexes et lisibles en même temps, et Lloyd Hopkins un génie et un démon tout à la fois. C'est d'un noir d'encre, plus sublime que la nuit. Tous les ingrédients d'un chef d'œuvre !

Commander au 0466741186  James Ellroy
Lune sanglante (Blood on the moon) 
(Rivages/Noir)

9782869300774

Mots-clés : Californie, discrimination, homosexualité, Los Angeles, polar urbain, procédure policière, roman social, serial killer, USA, vengeance


Bonus

 

LAPD_Watts_Riot400.jpg
1965 - Le LAPD (Los Angeles Police Department) à l'action dans le quartier de Watts
Wattsriots-400.jpg
1965 - Le quartier de Watts en feu
1965-emeutes.jpg
1965 - Watts : manifestion de la communauté noire

 

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Oncle Paul 25/01/2012 16:31


Bonjour


Peut-être suis-je le seul, mais je n'ai jamais accroché aux romans de James Ellroy.


Amitiés

Herveline 25/01/2012 17:39



Eh bien peut-être que celui-ci te conviendrait. Le fait est que moi-même je n'ai pas été tentée d'en lire jusque là. Sans doute parce que j'avais vu et lu tellement de choses sur
Ellroy que j'avais l'impression de tout savoir. Les extraits de son dernier livre m'ont semblés tellement indigestes que je me suis bien gardé de l'aborder. Finalement dans le
cadre de nos coups de coeur, Dom avait été tellement emballée que je me suis dit qu'il fallait que je m'y colle. Je m'attendais à quelque chose d'extrêmment violent et cru. Et pas du tout.
J'étais Dora Suarez de Robin Cook par exemple est parfois insupportable dans la cruauté au même titre qu'American Psycho par exemple. Lune sanglante
est très fluide, abordable et je crois qu'il fait une très bonne entrée en matière dans l'univers d'Ellroy.