Christopher Moore - Les dents d'amour (1995)

Publié le par Benjamin

Christopher Moore - Les dents d'amour (1995)Quatrième de couverture
San Francisco. La rencontre fortuite de Tommy, débarqué de son Midwest natal Fantastique pour devenir le nouveau Jack Kerouac, et de Jody, une bouillonnante secrétaire de vingt-six ans, aurait pu donner une banale histoire d'amour. Seulement voilà, juste avant de faire la connaissance du jeune homme, la belle Jody a été mordue par Élie Ben Sapir, un vampire âgé de huit siècles qui a fait d'elle un nosferatu. Fort heureusement, Tommy, l'écrivain tourmenté, tombé amoureux fou de Jody, veille au grain. Avec l'aide de ses collègues de l'équipe de nuit du supermarché où il travaille et d'un sympathique clochard, il n'aura de cesse de traquer le vieux démon pour défendre sa dulcinée.
Après Godzilla dans Le Lézard lubrique de Melancholy Cove, les zombies dans Le Sot de l'ange ou la Mort herself dans Un sale boulot, Christopher Moore dynamite cette fois le mythe du vampire. À conseiller aux dépressifs.

Les lecteurs ont la parole : chronique de Benjamin


Gifsv25.gif Faisons pour une fois, dans un contexte vampirique, fi des Carpathes et des gousses d'ail, des crucifix antiques et autres pieux fichés en plein cœur. Laissons là ce barda médiéval pour accueillir comme il se doit le plus contemporains des princes des ténèbres, j'ai nommé : Elie Ben Sapir.
Il était temps - vous en conviendrez - de dépoussiérer Nosferatu, puisque jamais depuis Claude Koltz avec son Paris-Vampire en 1974, ces êtres de la nuit (dont ce n'est pas la vocation première, je vous l'accorde) ne nous avait autant divertit.
C'est en Christopher Moore, auteur d'une forme de comic-fantasy abrasive et éloquente, que s'est incarnée cette tâche. Romancier a l'imagination tentaculaire, il est reconnu pour ces romans policiers déjantés où le surnaturel est présent partout, tandis que le sens commun ne répond plus de rien.
Il s'est illustré dans des polars surréaliste comme Le lézard Lubrique de Mélancholy Cove (mon favori!) en 1999 ou encore Un blues de coyote en 1994.
D'amour et de sang frais (2007)Mais, revenons en à nos vampires puisque cette incursion dans l'univers des chiroptères qui débute ici, en 1995 avec Les dents de l'amour pour connaitre une suite en 2007 avec D'amour et de sang frais (coll. Interstice/Calmann-Levy) relate l'improbable passion d'une "non-morte" pour un simple mortel, de nos jours et en milieu urbain. (à noter un 3e volet encore non-traduit : Suck Me paru en 2010)

Car, si Armistead Maupin avait dépeint la vie du San Fransisco "underground", Christopher Moore nous en offre une vision "undergrave". Dans le quartier de South of Market, situé comme son nom l'indique vaguement au sud du marché (de San Francisco bien entendu) et plus connu par les intimes sous le sobriquet de SOMA, va se dérouler cette palpitante aventure, loin des clichés millénaires et des légendes éculées.
Ici, le sang coule.
Une lutte sans merci entre les antipodiques forces du bien, du mal et de l'ordre vous attend en lettre de sang, sarcastique, ironique, tranchante et incisive... C'est pourtant quelque chose de plus qu'humain qui résoudra le conflit, une autre vision de la morale, avec des personnages sensibles (attention, je n’ai pas dit sensé), capable d'aimer leurs ennemis intimement et à même de faire passer leurs émotions à travers les valeurs qu'ils véhiculent et qui les détermineront durant un peu plus de 400 pages.
Christopher Moore réinvente le vampire à son image, déluré, déglingué et plein d'humour.
A mettre entre toutes les dents, ou presque...

Commander au 0466741186 Christopher Moore
Les dents de l'amour (Bloodsucking fiends)
(Livre de poche)

9782253023654

Mots-clés : fantastique, humour, San Francisco, USA vampires 

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