André Gardies - La source du diable (2011)

Publié le par Soleil Vert - Herveline

André Gardies - La source du diable (2011)

Quatrième de couverture
Tout commence par une froide journée d’hiver… Un autorail est bloqué sur la voie en pleine tempête de neige, sur les hauts plateaux lozériens. Un homme, Marc Maugrain, en descend et s’enfonce lentement à travers les congères. Sans aucune raison apparente. Finalement, il trouve refuge dans une ferme isolée, qui semble abandonnée. Après s’y être introduit, il prend ses aises, fouille la bâtisse, pénètre l’intimité de la maison avec une obsession presque morbide. Ce qu’il va découvrir changera son destin… Quinze ans plus tard il revient sur les lieux…

André Gardies est nîmois et est l'auteur de ce roman noir d'abord intitulé Le train sous la neige puis renommé La source du diable pour sa réédition aux éditions TDO. Le roman scindé en deux parties nous entraîne dans les méandres psychologiques d'un personnage sans nom durant la première partie du roman et qui se fera ensuite appeler Marc dans la seconde. Un début en forme de huis-clos, où le héros s'étant réfugié dans une maison isolée part à la conquête des lieux en tentant de mettre un visage sur sa propriétaire. L'occasion d'en savoir un peu plus sur lui : une violence latente depuis son plus jeune âge, exacerbée plus tard par le traumatisme de la guerre d'Algérie (le début du récit se passe sûrement dans les années 70). Des années plus tard, et de retour d'Afrique, il décide de revenir dans cette maison espérant y rencontrer celle dont il est tombée amoureux au travers d'objets, de masques, de vêtements et d'un journal intime.
La justesse de cette rencontre et des dialogues entre les protagonistes est à la hauteur de la qualité littéraire de l'auteur. Toutefois on lui reprochera une fin un peu tirée par les cheveux qui fait basculer ce roman noir dans un fantastique
qui ne trouve pas forcément sa légitimité dans ce récit. Certes, il est quelquefois difficile de clôturer un roman et le choix qu'a pris André Gardies n'était pas le plus simple. Par l'apparition du surnaturel, il justifie la part sombre du héros, s'évitant à contrario toute obligation d'expliquer psychologiquement cette violence intérieure. Je n'ai pas trouvé judicieux ce mélange des genres qui nous laisse en plus un peu sur notre faim. Le personnage de Marc n'étant pas à mon goût abouti.
La source du diable reste un roman noir et psychologique, très bien écrit.


André Gardies
La source du diable
(TDO)
9782366520873

Mots-clés : fantastique, guerre d'Algérie, homosexualité, huis-clos, psychologie, roman noir

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