Quatrième de couverture
L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres et de cadavres. Parmi les survivants, un père et
son fils errent sur une route, poussant un Caddie rempli d'objets hétéroclites. Dans la pluie, La neige et Le froid, ils avancent vers les côtes du Sud, La peur au ventre: des hordes de sauvages
cannibales terrorisent ce qui reste de l'humanité. Survivront-ils à leur voyage?
Né en 1933 dans l'Etat de Rhode Island, Cormac McCarthy, auteur de nombreux romans plusieurs fois primés,
est l'un des écrivains américains les plus importants de sa génération, il est notamment l'auteur de No country for Old Men, adapté au cinéma par les frères Coen.
Quand les auteurs de blanche se mettent à écrire du post-apocalyptique, on n'a pas le droit
de parler de science-fiction. Surtout s'il y a un prix Pulitzer (2007) à la clé. Sauf qu'on le veuille ou non, le thème est récurrent en SF et donc pour les amateurs de mondes imaginaires peu
novateur, mais ça reste de la SF, au moins dans son contexte. Alors comment faire pour échapper aux impressions de déjà vus lorsqu'on se mange son énième roman post-apocalyptique ? Comment
apprécier un roman de 250 pages qui aurait pu en faire que 100 ? Comment réussir à entrer dans un bouquin, à ne plus le lâcher, quand on en a survolé les cinquante premières pages ? La réponse
est dans La route.
Ce roman, c'est le second effet Kiss cool ! Vous le prenez, vous l'ouvrez, vous vous ennuyez un peu par ce que question atmosphère, poussière, survie et autres passages à la Mad
Max, vous avez déjà donné et puis d'un coup, vous vous surprenez à ne plus lire en diagonale, à ne plus survoler les passages ; La route vous a capté, hypnotisé. Et il serait
bien difficile d'expliquer ce mécanisme subliminal ! Pourtant le fait est que Cormac McCarthy nous assigne à cette route, tel un road-movie à vocation initiatique. Par ce qu'au
delà de ce monde dévasté dont on ne saura jamais vraiment comment il en est arrivé là, il y a l'humain. Un homme, un fils. Tout passe par eux. Et pourtant, aux regards des dialogues minimalistes
qui caractérisent les échanges entre les protagonistes, on pourrait croire qu'ils n'ont aucune portée. Si vous saviez ce que valent des "d'accord"..., une acceptation tacite de non-dits, une
résignation à la survie, à l'avenant, au manque : celui d'une mère, d'une femme, d'un chez soi, d'un bon repas. La portée des mots est une chose, celle du silence est encore plus
déstabilisante.
Et il n'y a pas seulement le rapport père-fils et cette longue fuite en avant. Il y aussi le temps fait de répétitions du quotidien de la veille. La course permanente à la survie. Trouver à
manger, un toit, des vêtements et le lendemain rebelote. Ce leitmotiv incessant, angoissant qui d'abord lasse puis qui finit par vous rendre dépendant. Et ce temps qui s'écoule
lentement mais sûrement aura raison de l'asphalte. Toute route a une fin. Inéluctablement les personnages aussi. Quelque soit la forme du terminus, mort ou passage à l'âge adulte, à défaut d'une
route, ou du moins de la même route, c'est la vie qui continue avec le même risque, la même crainte de ce voir confronté au mal. Mais qu'est-ce le bien, le mal, les bons, les méchants quant
il ne reste plus rien. Il y a donc encore bien des chemins à emprunter avant d'avoir toutes ces réponses, et c'est sûrement la force de ce roman : de nous laisser encore le temps et la vie
pour les parcourir.
La route est donc un roman dur, profond, lent, déprimant, terrifiant, mais non dénué d'espoir. Il trouve ses galons de noblesse dans une écriture sans fioriture, sans grandiloquence. Les
descriptions sont fortes et justes. Il faut accepter de souffrir un peu, d'être malmené par le décor cendré, empoisonné, dangereux, ravagé dans lequel se diluent les personnages. C'est une
lecture qui nécessite courage et investissement ; et juste ce qu'il faut de distance pour en sortir indemne. Et surtout prévoyez une lecture légère par la suite.
Cormac McCarthy La
route (The road) (Points) 6,80€
Mots-clés : père-fils, post-apocalyptique, road-movie, roman initiatique, route, survie, temps
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