Paskalo Bajl - Les jardins sélènes (2007)

Publié le par Soleil Vert - Herveline

Paskalo Bajl - Les jardins sélènes (2007)Quatrième de couverture
2027 : Dans l'ultime espoir de venir en aide à une planète en proie à la pollution et la surpopulation, l'homme pose à nouveau le pied sur la Lune. Les hommes et les femmes qui composent cette mission de reconnaissance sont préparés depuis des années à relever ce nouveau défi technologique et humain. Mais que peut faire le plus compétent des équipages face à l'imprévu, à l'inexplicable ? La jeune géologue de l'expédition vient-elle de découvrir de nouvelles lois physiques ? Ou bien est-ce la folie qui la guette, alors qu'au détour d'un rocher lunaire, le plus onirique des tableaux se découvre à elle ? Qui pourrait la protéger contre elle-même ? Nos rêves ou nos hallucinations épousent parfois les mêmes contours que la réalité la plus tangible. Comment les distinguer, alors ?
Plutôt que de résoudre la question, Paskalo Bajl préfère explorer, non sans s'y délecter, cette zone d'indétermination où ils se confondent, sans que ne soient ébranlées les convictions de l'halluciné. Ou comment croire objectives les plus folles de ses visions... L'héroïne de ce livre subira les contre-feux d'une telle expérience. Car en s'affranchissant des lois de la nature cautionnées par la science, c'est en réalité des lois humaines dont on s'éloigne. Finalement, le récit de Paskalo Bajl se transforme en une réflexion sur la solitude et la mort.

Les jardins sélènes est un premier roman de Paskalo Bajl édité à compte d'auteurs chez l'EditeurIndépendant.com en 2007. Nous le découvrons par l'entremise d'un client, ami de l'auteur, qui nous en a proposé la lecture. Alors même que nous préparons une sélection d'ouvrage lunaires pour fêter les 40 ans de la mission Apollo 11, un "pourquoi pas" s'est profilé et voici donc nos impressions.
D'abord, débarrassons-nous des désagréments souvent récurrents chez ces éditeurs (?). Comme à chaque fois que nous avons à chroniquer des ouvrages comme celui-ci (le premier était celui de Marine Caillon, il y a quelques semaines), vous aurez droit à notre mécontentement concernant la couverture. Cette réflexion va surtout à l'attention des auteurs qui doivent absolument faire des efforts de ce côté-là, mais elle s'adresse aussi aux lecteurs qui doivent du coup en faire l'abstraction, car souvent désuète, elle propage une image fausse du contenu, surtout quand celui-ci est bon.
Ensuite la quatrième de couverture, vous savez, ce petit texte que nous nous efforçons de reproduire à chaque article livre, qui se situe au dos du livre et qui est sensé être, après la couverture, la deuxième accroche marketing, celle qui confirmera ou non l'acte d'achat. Donc, là encore, c'est à améliorer. Ici trop longue, trop pompeuse au détriment d'un contenu bien plus accessible qu'il n'y paraît.
Venons-en à l'agréable, car sinon, cette chronique n'aurait pas lieu d'exister autrement qu'en privé avec l'auteur, quand on peut.
Paskalo Bajl nous raconte donc une nouvelle mission lunaire envoyée pour explorer la face cachée de la Lune afin d'y trouver ou non de l'eau pour une future base en vue des prochaines missions martiennes. Huit astronautes de diverses nationalités sont envoyés là-bas, mais seulement quatre descendent sur le sol lunaire pour l'exploration avancée, les autres demeurant dans la Station Spatiale Internationale en orbite. Dans un langage hard-science, technologique, mais complètement accessible nous suivons donc leur progression et avec les images que l'on a déjà en tête, il n'est pas difficile de les associer aux descriptions très précises que donnent l'auteur, tant des scaphandres que du module lunaire, le Scarabée, et ce sans jamais faire une overdose de vocabulaire succédané.
Rapidement, on devine une trame amoureuse, qui pourrait être le bémol pour les amateurs de SF tant elle est d'un romantisme simpliste, néanmoins, dans son ensemble elle renforce la psychologie de certains personnages. Ainsi donc, tout semble bien se passer jusqu'à ce que l'héroïne, Val(entina), se retrouve projetée dans un univers parallèle...
C'est un roman très, très agréable, qui se lit vite parce qu'il capte rapidement toute l'attention. Il n'est en rien superficiel. Paskalo Bajl démontre une bonne maîtrise du langage qui lui permet de jongler avec les descriptions techniques d'un monde et celles plus fantaisistes de l'autre. Avec en point commun, une poésie latente. L'action y est également permanente, parfaitement décrite qu'il s'agisse de combat, de stress, de lutte, d'émotion. Et la fin est particulièrement forte. En fait, plus j'avance dans l'écriture de cet article, plus des passages me reviennent, images qui s'inscrivent vite et restent encore longtemps dans la tête. C'est, me semble-t-il la preuve d'une grande capacité à s'approprier le lecteur.
Quant à la véracité scientifique ? Et bien, soyons clair, je m'en fiche. Sans doute y-a t-il des choses qui ne sont pas crédibles, mais en même temps l'auteur ne cherche pas à tout expliquer laissant une part de mystère, de fantastique, un petit côté "quatrième dimension" dans la chute finale qui plaira à certain.
Donc non, contente d'avoir découvert un auteur, d'avoir eu plaisir à lire son roman, je découvre qu'une suite(?) - était-ce utile ? - a été publiée en 2008 sous le titre Lune de glace (avec une quatrième de couverture ET une couverture bien plus attractives...) et qu'un troisième volet est à l'écriture. Nous aurons donc peut-être l'opportunité de reparler de cet auteur dans les mois à venir.
A noter que ce livre peut être également lu par des ados sans problème.

Paskalo Bajl Les jardins sélènes (EditeurIndépendant.com)

Mots-clés : cratère, fantastique, hard-science, Lune, mission, monde parallèle, mort, science-fiction, temps

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