Lundi 29 juin 2009
1
29
/06
/2009
05:12
Quatrième de couverture
2027 : Dans l'ultime espoir de venir en aide à une planète en proie à la pollution et la surpopulation, l'homme pose à nouveau le pied sur la Lune. Les hommes et les femmes qui composent cette
mission de reconnaissance sont préparés depuis des années à relever ce nouveau défi technologique et humain. Mais que peut faire le plus compétent des équipages face à l'imprévu, à l'inexplicable
? La jeune géologue de l'expédition vient-elle de découvrir de nouvelles lois physiques ? Ou bien est-ce la folie qui la guette, alors qu'au détour d'un rocher lunaire, le plus onirique des
tableaux se découvre à elle ? Qui pourrait la protéger contre elle-même ? Nos rêves ou nos hallucinations épousent parfois les mêmes contours que la réalité la plus tangible. Comment les
distinguer, alors ?
Plutôt que de résoudre la question, Paskalo Bajl préfère explorer, non sans s'y délecter, cette zone d'indétermination où ils se confondent, sans que ne soient ébranlées les
convictions de l'halluciné. Ou comment croire objectives les plus folles de ses visions... L'héroïne de ce livre subira les contre-feux d'une telle expérience. Car en s'affranchissant des lois de
la nature cautionnées par la science, c'est en réalité des lois humaines dont on s'éloigne. Finalement, le récit de Paskalo Bajl se transforme en une réflexion sur la solitude et
la mort.
Les jardins sélènes est un premier roman de Paskalo Bajl édité à
compte d'auteurs chez l'EditeurIndépendant.com en 2007. Nous le découvrons par l'entremise d'un client, ami de l'auteur, qui nous en a proposé la lecture. Alors même que nous préparons une
sélection d'ouvrage lunaires pour fêter les 40 ans de la mission Apollo 11, un "pourquoi pas" s'est profilé et voici donc nos impressions.
D'abord, débarrassons-nous des désagréments souvent récurrents chez ces éditeurs (?). Comme à chaque fois que nous avons à chroniquer des ouvrages comme celui-ci (le premier était celui de
Marine Caillon, il y a quelques semaines), vous aurez droit à notre mécontentement concernant la
couverture. Cette réflexion va surtout à l'attention des auteurs qui doivent absolument faire des efforts de ce côté-là, mais elle s'adresse aussi aux lecteurs qui doivent du coup en faire
l'abstraction, car souvent désuète, elle propage une image fausse du contenu, surtout quand celui-ci est bon.
Ensuite la quatrième de couverture, vous savez, ce petit texte que nous nous efforçons de reproduire à chaque article livre, qui se situe au dos du livre et qui est sensé être, après la
couverture, la deuxième accroche marketing, celle qui confirmera ou non l'acte d'achat. Donc, là encore, c'est à améliorer. Ici trop longue, trop pompeuse au détriment d'un contenu bien plus
accessible qu'il n'y paraît.
Venons-en à l'agréable, car sinon, cette chronique n'aurait pas lieu d'exister autrement qu'en privé avec l'auteur, quand on peut.
Paskalo Bajl nous raconte donc une nouvelle mission lunaire envoyée pour explorer la face cachée de la Lune afin d'y trouver ou non de l'eau pour une future base en vue
des prochaines missions martiennes. Huit astronautes de diverses nationalités sont envoyés là-bas, mais seulement quatre descendent sur le sol lunaire pour l'exploration avancée, les
autres demeurant dans la Station Spatiale Internationale en orbite. Dans un langage hard-science, technologique, mais complètement accessible nous suivons donc leur progression
et avec les images que l'on a déjà en tête, il n'est pas difficile de les associer aux descriptions très précises que donnent l'auteur, tant des scaphandres que du module lunaire, le Scarabée, et
ce sans jamais faire une overdose de vocabulaire succédané.
Rapidement, on devine une trame amoureuse, qui pourrait être le bémol pour les amateurs de SF tant elle est d'un romantisme simpliste, néanmoins, dans son ensemble elle renforce
la psychologie de certains personnages. Ainsi donc, tout semble bien se passer jusqu'à ce que l'héroïne, Val(entina), se retrouve projetée dans un univers parallèle...
C'est un roman très, très agréable, qui se lit vite parce qu'il capte rapidement toute l'attention. Il n'est en rien superficiel. Paskalo Bajl démontre une bonne
maîtrise du langage qui lui permet de jongler avec les descriptions techniques d'un monde et celles plus fantaisistes de l'autre. Avec en point commun, une poésie latente. L'action
y est également permanente, parfaitement décrite qu'il s'agisse de combat, de stress, de lutte, d'émotion. Et la fin est particulièrement forte. En fait, plus j'avance dans l'écriture de cet
article, plus des passages me reviennent, images qui s'inscrivent vite et restent encore longtemps dans la tête. C'est, me semble-t-il la preuve d'une grande capacité à s'approprier le
lecteur.
Quant à la véracité scientifique ? Et bien, soyons clair, je m'en fiche. Sans doute y-a t-il des choses qui ne sont pas crédibles, mais en même temps l'auteur ne cherche pas à tout expliquer
laissant une part de mystère, de fantastique, un petit côté "quatrième dimension" dans la chute finale qui plaira à certain.
Donc non, contente d'avoir découvert un auteur, d'avoir eu plaisir à lire son roman, je découvre qu'une suite(?) - était-ce utile ? - a été publiée en 2008 sous le titre Lune
de glace (avec une quatrième de couverture ET une couverture bien plus attractives...) et qu'un troisième volet est à l'écriture. Nous aurons donc peut-être l'opportunité de
reparler de cet auteur dans les mois à venir.
A noter que ce livre peut être également lu par des ados sans problème.
Paskalo Bajl Les jardins sélènes (EditeurIndépendant.com) 17€
Nous allons essayer d'avoir quelques exemplaires en dépôt vente. Pour ceux qui seraient intéressés merci de
nous le faire savoir.
Mots-clés : cratère, fantastique, hard-science, Lune, mission, monde parallèle, mort, temps