Vendredi 26 juin 2009
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Sommaire : Black Mamba La revue des Pulps littératures
n°14
Nouvelles
Marin Ledun Entreprise (ill. par EO)
Jonas Lenn D'une vie l'autre (ill. par Sway)
Célia Deiana Les pieds nus (ill. Julien Cabrera)
Thierry Lamy Le Gâche-travail et la Gourmande (ill. par Jackie)
BD
Fred Claverie Le colporteur
Gilles Dubuis Drame muet
Interview
Caza l'Or-fèvre
Dossier
Pendant ce temps, de l'autre côté des Pyrénées
Portrait
Fréquences interdites !
Chroniques
D'abord, sachez-le, nous aimons et soutenons Black Mamba qui en est déjà à son quatorzième numéro ! Et nous la suivrons en magasin, au gré de ses prochaines sorties tous les 2/3
mois. Selon les numéros, elle se veut plus polar ou plus SF, même si on doit reconnaître que le polar pur, il y en a peu, remplacé le plus souvent par son homonyme fantastique. Mais
qu'importe ! Tel un pulp, il contient à chaque fois des nouvelles et des BD entières. Et chaque texte est lui-même illustré par un dessinateur talentueux. C'est donc un mélange littéraire,
graphique, culturel, prescriptif et qui soulignons-le aussi, pour la qualité qui le caractérise, peu cher (4,50€).
Derrière se profile une association Céléphaïs, qui par l'entremise de Laurent Girardon et de ses acolytes oeuvre au mieux pour la promotion de la littérature populaire
quelque soit sa forme d'expression (roman, BD, manga...).
Après un édito rendant hommage à la gente féminine très présente dans les univers de
l'imaginaire, et pas seulement dans ce numéro 14, nous nous attaquons à lecture du magasine.
En ouverture, Entreprise de Marin Ledun commence bien en nous plongeant dans une journée de travail stressante, étouffante où langage détourné et pression sont de mise.
Lorsque le héros découvre un programme étrange sur son ordinateur, le récit prend une tournure fantastique et la fin manque d'explication rationnelle ou à défaut de logique. Il y avait une
bonne idée de départ mais la fin n'est pas très convaincante.
Marin Ledun est l'auteur du très bon roman Marketing Viral.
D'une vie l'autre de Jonas Lenn est l'histoire au scénario le plus abouti, mêlant société future, nouvelle technologie, et karma, oui, oui. Bref, méfiez-vous de vos vies
antérieures, elles pourraient bien vous gâcher la présente.
Jonas Lenn n'est pas un débutant en matière d'écriture. Nous avons chroniqué ici La spirale
de Lug et avons beaucoup apprécié son recueil paru chez Griffe d'Encre, Théophanies.
La BD de Gilles Dubuis, alias Von Fractalis, Drame muet, est un régal. Deux savants fous, ennemis l'un de l'autre envoie un robot pour détruire l'autre.
Ce qu'il se passe en chemin, vous le découvrirez en feuilletant ce récit sans parole tout de noir et blanc vêtu.
Vient ensuite Les pieds nus de Célia Delana. Je n'ai pas très bien compris le titre de ce texte qui mêle musique, voyage dans le temps, déprime et road movie. L'écriture
est soignée, le texte peut-être un peu long, ou pas assez. Il y a quelque chose qui manque mais je ne sais pas quoi. Un auteur à surveiller en tout cas.
La dernière nouvelle, Le Gâche-travail et la Gourmande de Thierry Lamy, est un petit bijou qui n'a rien de fantastique, de SF ou de polar. Il flirterait au
mieux avec les émanations vaporeuses du steampunk et les bas-fonds d'un roman populaire. Les personnages, hauts en couleurs, pourraient faire l'objet d'une adaptation BD. C'est simple,
fantaisiste, touchant.
Le Colporteur est un "Tel est pris qui croyait prendre", joliment écrit et dessiné par Pierre Claverie dans une ambiance fantasy médiévale. Très sympa.
L'interview de l'Or-fèvre Caza est un plaisir.
Le dossier concernant l'imaginaire hispanique, Pendant ce temps, de l'autre côté des Pyrénées, est moyennement intéressant. De fait, si l'on vit de l'autre côté des Pyrénées, cela
peut peut-être concerner quelqu'un, mais de notre côté, français, il aurait sans doute été plus intéressant de nous informer de ce qui est traduit ou non afin de pouvoir se faire aussi une idée
de la littérature SF espagnole. Il manque donc une petite biblio de références traduites. Si cela est trop rare pour être évoqué, je trouve que l'article restreint beaucoup trop le public
susceptible d'être captivé par une production non accessible en France.
Pour terminer, un article sur les émissions de radio, les Fréquences interdites !, qui prennent le temps de parler des bouquins de genre, en plus des sites de podcasts déjà
existants, c'est franchement bien ! Reste à espérer que chacun arrive à capter les bonnes ondes, mais au pire, ces radios ont toutes un site où l'on peut réécouter en streaming ou en podcast
les émissions.
La revue clôt comme d'habitude avec quelques chroniques de supports différents : jeux vidéo, BD, romans, DVD etc. Et comme toujours des critiques personnelles, subjectives, jamais agressives qui
sont à lire pour l'engagement sincère des chroniqueurs.
Le site de Black Mamba