Joseph Bialot - 186 marches vers les nuages (2009)

Publié le par Dom

Joseph Bialot - 186 marches vers les nuages (2009)Quatrième de couverture
Berlin à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Bert Waldeck, 40 ans, a passé onze années dans des camps nazis au titre de schutzhäftling, détenu de sécurité enfermé sans jugement. Après avoir survécu au naufrage des bateaux cages, bourrés de déportés, navires coulés par les Anglais, il retrouve sa ville natale, début mai 1945. Un officier américain le récupère pour l'aider à retrouver un certain Hans Steiner, recherché comme criminel de guerre. Au cours de cette recherche, Bert va se rendre compte qu'il n'est qu'un instrument manipulé entre les mains des GI's et que le but de son travail n'a rien à voir avec le châtiment des SS. Et Bert va se révolter... L'histoire met en parallèle la vie et le destin du rescapé des camps et d'un capitaine SS qui fut son ami d'enfance. Le récit avance, jumelé, et permet d'imaginer ce que fut la vie en Allemagne de 1918 à 1945 à travers les bombes, les horreurs de toutes sortes, l'obscur héroïsme de certains, sans oublier une petite lueur d'espoir : l'amour. 186 marches vers les nuages est à la fois un roman historique, un roman d'espionnage dans une ville qui fut une grande capitale, dont au début du récit il ne reste rien. Et la guerre froide pointe son nez à l'horizon...

Bert Waldeck a échappé à tout, et même au pire, mais il garde en lui toutes les sensations inhérentes à son calvaire dans les camps. Les odeurs humaines de la peur, de la promiscuité insupportable, le bruit des bottes, des cris, le sourire odieux de ses bourreaux. Le récit montre parfaitement sa difficulté de réapprendre à vivre dans cette ville en ruine qui est pourtant la sienne. C'est peut être ce qui le décide à accepter cette mission : travailler avec les Américains. Ce livre fait réfléchir à plusieurs niveaux. Tout d'abord il pose le problème des traumatismes et de la façon de s'en sortir, de retrouver le goût de la vie, et de se donner à nouveau des buts. Pas facile quand on sort de plusieurs années d'emprisonnement dans des camps de concentration, avec les humiliations, la faim, le travail forcé, les exécutions sommaires, et la terrible machine à génocide du système nazi. Par ailleurs, on peut s'interroger sur les motivations des vainqueurs à l'issue de la guerre. Comme on le sait, la justice est passée, il y a eu des procès, mais pour les alliés, les nazis représentaient aussi du savoir, des compétences, et l'envie de les utiliser a parfois dicté leur conduite. C'est ça, le réalisme, voire le cynisme de la politique et de l'histoire. c'est cela, outre l'intrigue, qui ressort de ce livre très bien écrit.

Commander au 0466741186  Joseph Bialot
186 marches vers les nuages
(Métailié Noir)

9782864246855

Mots-clés : Berlin, camps de concentration, guerre froide, historique, nazis, polar

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