John Wyndham - Le jour des triffides (1951)

Publié le par Herveline

John Wyndham - Le jour des triffides (1951)Quatrième de couverture
Lorsque Bill Masen se réveille dans son lit d'hôpital, après une semaine passée les yeux bandés, il pense avoir manqué le spectacle du siècle : une pluie d'éclats de comète qui a illuminé le ciel d'éclairs verdâtres. Il ne le sait pas encore mais son destin et celui de la planète entière viennent de basculer. En effet, si les bandages de Bill l'ont sauvé d'une cécité définitive, la quasi-totalité de l'humanité est devenue aveugle.
De petits groupes tentent de s'organiser pour survivre mais c'est compter sans les triffides, ces mystérieuses plantes capables de se déplacer et qui semblent bien décidées à profiter de la faiblesse des humains survivants pour les anéantir...
Chef d'oeuvre de la science-fiction post-apocalyptique, Le Jour des Triffides a été adapté au cinéma sous le titre La Révolte des Triffides.

John Wyndham (1903 - 1969) débute sa carrière dans les années trente et rencontre le succès dans les années cinquante avec son titre le plus célèbre, Le Jour des Triffides. Il publie d'autres romans catastrophe dont Le Village des damnés
qui connut plusieurs adaptations cinématographiques.

Dans ce livre catastrophique, les hommes sont d'abord affaiblis par un rayonnement cosmique qui les rend complètement aveugles. Ils deviennent par la suite la proie facile de plantes vénéneuses, dénommées triffides, ayant la particularité de pouvoir se déplacer, communiquer et "apprendre" par expérience. Seuls certains, restés miraculeusement voyants, tentent de survivre et de s'organiser.
En suivant le narrateur dans un Londres en panique, puis au travers de la campagne anglaise, on ne saurait évoquer les similitudes avec La guerre des mondes de H.G. Wells dont s'est indubitablement inspiré John Wyndham. De la même façon, le monde en décrépitude, les moments de solitude et les scènes de barricades contre les triffides ont sûrement orienté Richard Matheson pour son roman Je suis un légende. Un roman donc à la croisée des genres : lutte contre l'envahisseur, survie de l'humanité. Mais au-delà de l'action, nous lisons une succession de réflexions sur l'évolution humaine. Comment survivre, comment s'entraider, comment s'organiser ? Que les solutions soient militaires, scientifiques, libertaires ou rétrogrades, chacun tente de se trouver un but, une voie. Tout cela en étant de plus en plus menacés par les plantes vénéneuses qui deviennent toujours plus nombreuses. Mais que sont-elles en fait ? Vous pourriez être déçus car les réponses ne sont que conjonctures de même que la cause des rayonnements d'abord assimilés à une comète, ensuite peut-être, à une explosion atomique.
Ce roman a la particularité d'être intemporel. John Wyndham nous rappelle qu'en tout temps, l'évolution technologique et scientifique peut générer des peurs, des risques, des déviances. Et c'est sans compter les réactions humaines face à ces problèmes. Il est donc question de survie, certes, mais aussi de politique, de société, d'organisation, de solidarité et de reconstruction.


Commander au 0466741186  John Wyndham
Le jour des triffides (The day of the triffids)
(Folio SF)

9782070312634

Mots-clés : cécité, fin de l'humanité, post-apocalyptique, réorganisation, science-fiction, survie


Bonus

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Spooky 13/12/2008 22:15

J'ai bien aimé lire ce roman, comme la plupart des oeuvres de John Wyndham, même si elles sont un peu anciennes à présent. Ils recèlent une saveur particulière, une naïveté parfois... Ton article m'a permis d'exhumer le mien : http://ansible.over-blog.net/article-25769618.html

Herveline 14/12/2008 11:19



En réponse à ton article sur lequel nos avis divergent un peu et c'est tant mieux !   : http://ansible.over-blog.net/article-25769618.html
L'histoire d'amour "à l'eau de rose" est selon moi à calquer sur l'intrigue de Wells, dont il faut se souvenir que le héros, séparé
de sa femme au moment de l'invasion martienne, tente de la rejoindre. De plus, je ne le trouve pas démodé dans son style et toutes les réflexions qui étayent le récit sont d'une intemporalité
sans faille. Quand à Boyle et son film 28 jours plus tard, il est vrai que j'y ai de
suite pensé en lisant certains passages. Mais je ne savais pas qu'il s'en était inspiré. Donc, là, ça me conforte dans mes associations souvent délirantes. Pour l'aspect politique, je n'ai pas
d'avis ; en dehors de la date de rédaction du livre qui peut obligatoirement ramener à la Guerre froide, je trouve le récit plutôt intelligent, sans à priori, puisque quelque soit le choix du
héros ou de ceux qui l'entourent, la position contraire est également valable, probable. Le personnage de Coker est sûrement le plus fort psychologiquement, puisque parti d'un constat, il accepte
d'évoluer et de revoir ses positions, jusqu'à même s'excuser. Je dirais que la notion de roman initiatique se confirme surtout pour se personnage annexe.