Le jeudi matin
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Quatrième de couverture
Et si, écœuré par la défaite allemande en 1918, Adolf Hitler avait émigré aux Etats-Unis ? S'il s'était découvert une vocation d'écrivain de science-fiction ? S'il avait rêvé de devenir le maître
du monde et s'était inspiré de ses fantasmes racistes et belliqueux pour écrire Le Seigneur du Svastika, un roman couronné par de prestigieux prix littéraires ? Etonnante uchronie et
terrifiante parodie, Rêve de fer est une dénonciation sans appel et sans ambiguïté du nazisme.
Partageant son temps entre Paris et sa ville natale, New York, Norman Spinrad s'est attaché à
faire de la science-fiction une littérature engagée, critique face aux grands enjeux contemporains. Auteur de plusieurs dizaines de nouvelles et d'une quinzaine de romans dont certains ont fait
date dans l'histoire du genre, journaliste, essayiste, il décline brillamment, tout au long de son œuvre, ses craintes et ses doutes face aux potentialités corruptrices du pouvoir, politique
autant que médiatique.
A propos du Seigneur du Svastika, voici ce qu'ont écrit
quelques géants de la science-fiction :
Philip José Farmer : « L'intensité de la vision d'Adolf Hitler projette littéralement le lecteur dans cet univers parallèle qu'il a créé dans ses moindres détails. On comprend
que cette œuvre énorme ait valu à Hitler un renom légendaire ».
Harlan Ellison : « Fascinant ! Hallucinant !... On est paralysé par l'émerveillement ! ».
Harry Harrison : « Si Wagner avait écrit de la science-fiction, il nous aurait peut-être donné le Seigneur du Svastika ».
Michael Moorcock - « Très certainement, cette œuvre fait de Hitler l'égal de Tolkien, C.S Lewis et G.K. Chesterton... La quintessence de la littérature épique ».
A propos de l'auteur :
Né en Autriche le 20 avril 1889, Adolf Hitler vécut en Allemagne jusqu'en 1919 avant d'émigrer aux Etats-Unis. Il s'installa à New York, au cœur de Greenwich Village.
Illustrateur de talent, il collabora au célèbre magazine de SF Amazing Stories et se fit remarquer par ses couvertures aux tons chatoyants, pleins d'action. Au début des années 40, sa parfaite
connaissance de la langue anglaise lui permit de se lancer dans la carrière d'auteur et de devenir très vite l'un des grands écrivains de l'Age d'Or avec des œuvres telles que L'Empereur des
astéroïdes, La race de maîtres ou Demain, le monde. Il mourut en 1953 et, l'année suivante, le Hugo International lui fut attribué à titre posthume pour Le Seigneur du
Svastika.
D'abord, Norman Spinrad est un maître en matière de SF. Mais pour aborder ce livre, il faut quand même savoir qu'il a été interdit pendant longtemps
en Allemagne et que, même aux Etats-Unis, il a fait bondir pas mal de gens.
Pourquoi ? Le "vrai" livre à l'intérieur s'appelle en fait Les Seigneurs du Svastika ; et l'auteur célébrissime de SF qui l'a écrit se nomme Adolf Hitler. Vous
déglutissez en vous demandant de quoi on parle ici ?
En fait, Norman Spinrad nous offre une sorte d'uchronie littéraire, imaginant que dans un autre monde Hitler, serait un grand auteur de SF telle que la
postface et biographie fictives nous le décrivent (voir ci-dessus).
Suit un roman emprunt de dark fantasy, très mal écrit, lassant, gorgé de batailles, de massacres, et surtout empli d'un vocabulaire extrêmement restreint et répétitif. L'histoire ? Dans
un monde post-apocalyptique scindé en deux : les mutants et les pur-hommes se font la guerre, les seconds cherchant à rétablir la race humaine pure à l'instar de ces pauvres choses difformes. Ça
vous rappelle quelque chose ?
Sauf que si on cherche à rapprocher l'Histoire de celle-ci on s'aperçoit qu'il y a des choses bizarres et déroutantes. En fait, il s'avère que Norman Spinrad ne fait pas que
dénoncer un destin incontournable comme celui d'un Hitler en constante recherche de pouvoir, mais on a l'impression, surtout vers la fin, qu'il pourrait tout aussi bien parler
des Etats-Unis.
Car Norman Spinrad est autant anti-américain qu'anti-nazi mais sa démarche tend à montrer à quel point le pouvoir est nocif et que finalement nazi ou américain armé d'une bombe
atomique, c'est du pareil au même.
En conclusion, une postface éloquente de sa part. Puisqu'après avoir volontairement publié le livre le plus mal écrit de sa carrière sous les traits d'un Adolf Hitler pseudo
écrivain, il démonte complètement l'auteur, le traitant d'homosexuel refoulé, poursuivi constamment par les symboles phalliques et à la recherche du pouvoir absolu.
Voilà donc un roman bien déroutant, qui, pour être resté des années épuisé, a gagné en popularité, puisque quasi introuvable. Disponible à nouveau aux éditions Folio SF, il vaut
essentiellement pour son style déjanté, ses messages subliminaux et sa conclusion explicite qui confirme Norman Spinrad dans sa quête de dénonciation de tous les
pouvoirs : politique, médiatique, militaire. Les "littéraires" s'abstiendront peut-être.
Norman Spinrad Rêve de fer (The iron
dream) (Folio SF)
Mots-clés : armée, combat, dark fantasy, mutants, post-apocalyptique, pouvoir, uchronie, violence
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