Le jeudi matin
Depuis début janvier, la librairie est désormais ouverte le jeudi matin de 10h à 12h30.
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Pour les
bibliophiles... Je ne connaissais pas ce livre de H.G. Wells, déniché dans une brocante. Et quand je fais une recherche sur le web français, je ne trouve que des listes de
bouquinistes mais aucune description, aucun commentaire sur ce livre. Bizarre. J'ai persisté et j'ai finis par trouvé une critique d'ailleurs pas très élogieuse mais qui donne à penser que ce
roman lui aurait été inspiré par la guerre d'Espagne. J'en reproduis les grandes lignes plus bas.
C'est pourtant un livre très intéressant, qui n'a pas sa place à proprement parlé dans les écrits SF de Wells mais qui si l'on veut bien faire un effort pourrait s'associer au
thème Dystopie/utopie. Deux nations s'opposent chacune menée par son propre dictateur, l'un à priori l'est un peu moins que l'autre. Un jour, ils se rencontrent et s'aperçoivent qu'ils sont
jumeaux... Ils décident donc d'échanger leurs points du vue sur ce qui les oppose et finissent finalement par se rendre compte qu'ils ne sont pas si différents l'un de l'autre. Symbole du Ying et
du Yang, qui est donc le dictateur ou le sauveur et comment peut bien finir cette histoire... c'est à vous de le découvrir.
Toujours est-il que cet écrit qui se réfère plus aux convictions politiques de Wells qu'à ses implications scientifiques est fort intéressant.
Critique publiée dans le revue Esprit par son
fondateur Emmanuel Mounier - date incertaine : 1938 ou 1939)
"Comme toute réalité, la guerre d'Espagne aura inspiré des œuvres transposées avant de produire des documents réalistes. Le petit
roman gentil que vient d'écrire H.G. Wells, gentil malgré les prétentions métaphysiques de l'auteur ostensiblement étalées dans un ennuyeux dialogue et le coup de buccin final à
la Raison et au Progrès, ne retient qu'un vague filigrane des événements actuels. Un chef rouge, un chef blanc, une ville assiégée et qui résiste. Le chef blanc fait prisonnier le chef rouge, et
ils découvrent qu'ils sont frères. (Non, vous allez trop vite : frères d'abord par la chair, et même jumeaux). Puis, qu'au fond ils poursuivent le même but. C'est une femme, à vrai dire, qui les
en persuade. Ici la pensée de Wells, assez courte dans les hautes atmosphères, plus à l'aise dans le roman d'aventure, s'épuise à monnayer son intuition à travers des intrigues
compliquées. Mais comme il gardait de son idée quelque ivresse métaphysique, il se trouble, s'affole, et tue ses deux héros. Cela doit vouloir dire que les hommes sont provisoirement stupides,
mais attendez l'Homme Futur ! - Que dis-je ? H.G. Wells le clame à pleine bouche ! E.M."
H.G. Wells Les frères rouge et blanc (The
brothers) (Ed Pierre Tisne)
Ce livre est épuisé et n'a jamais été réédité. Vous pouvez faire une alerte sur notre boutique en ligne
afin d'être avisé si nous l'entrons en stock.
Mots-clés : dictature, dystopie/utopie, frères jumeaux, guerre, totalitarisme
Quatrième de couverture : quelqu’un l’a torturée… Torturée longuement…L’ancien médecin légiste de
Grand County, Sara Linton, travaille depuis trois ans dans un grand hôpital, à Atlanta, et essaie de reconstruire sa vie. Quand arrive aux urgences une femme très grièvement blessée, elle se
retrouve plongée dans le monde de la violence et de la terreur.L'inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation, dépêché sur les lieux, va découvrir que la patiente de Sara est la
première victime d'un tueur sadique, d'un esprit dérangé.Retirant l'affaire à la police locale, Will et sa co-équipière Faith Mitchell vont traquer le tueur. Sara, Will et Faith — avec leurs
propres blessures et leurs secrets — sont les seuls à pouvoir analyser le cerveau d'un tel détraqué et l'empêcher de perpétrer ses abominables meurtres.Karin Slaughter nous offre une fois de plus
une intrigue impeccablement tissée, à la fois roman à suspense, polar psychologique et portrait cru de la vie de flic...
Bien sûr
il y a des scènes de violence et des descriptions assez insoutenables dans ce roman qui fait bel et bien partie de la catégorie "thriller". On aime ou on n'aime pas. Le mal à l'état pur prend
parfois ses origines au coeur de l'humain, parfois il puise ses sources dans la société, dans le passé du meurtrier. C'est l'éternelle question de l'inné et de l'acquis. Certains les
différencient même par "polar de droite", comprenez le mal est dans l'être lui-même, ou "polar de gauche", le mal est d'abord dans la société, et l'humain n'est pas totalement responsable.
Mais il serait dommage de cantonner ce roman au simple qualificatif de thriller. Il vaut également par la qualité de son intrigue, sur laquelle buttent longtemps les protagonistes de cette
histoire. L'écheveau n'est pas facile à démêler, et le lecteur doit s'avouer conquis par la tentation inévitable qu'il éprouve de tourner les pages. Mais ce n'est pas tout. Karin
Slaughter a su merveilleusement bien entrer dans la psychologie de tous ses personnages, et nous les rendre attachants, tous pour des raisons diverses. Flics, médecins, victimes veulent
connaitre la vérité, savoir pourquoi, et surtout, éviter de nouvelles victimes. Mais on sent également une terrible solitude chez chacun d'entre eux. Des problèmes insolubles, des deuils, la
difficulté d'oculter ses blessures sont aussi des thèmes dans lesquels on se reconnait forcément. La perte de l'être aimé, la maladie qui vous tombe dessus, le déni, la honte d'avouer ses
handicaps. Ces aspects de l'enquête rendent les personnages plus humains, et nous ancrent un peu plus dans une histoire qui pourrait ressembler à la réalité. Une valeur sûre pour passer un
agréable moment de lecture.
Karin Slaughter Genesis (Genesis) ( Grasset) 21,50
€
Mots-clés : femmes, tueur en série, torture
Notre avis : 4/5
Quatrième de couverture
Connaissez-vous Longyearbyen ? Un nom assez énigmatique pour cette capitale minuscule nichée dans l’archipel du Svalbard et
plongée une grande partie de l’hiver dans la nuit polaire.
C’est dans cette obscurité qu’un lourd manteau neigeux peine à éclaircir que la petite Ella disparaît. Le jardin d’enfants est
pourtant bien surveillé, mais les petits aiment chahuter et se cacher sous la maison, entre les pilotis. Un homme rôde qui les observe. Des traces de pas dans la neige mènent droit à la mine de
charbon. Située sur les hauteurs de la ville, cette mine est le centre de gravité de l’île.
Chacun connaît dans son entourage un ou plusieurs de ses employés. Comment une si petite ville, d’à peine 2 000 habitants,
pourrait longtemps cacher un criminel ? Le commissariat de Longyearbyen est plutôt engourdi par le manque de rotation des affaires à traiter… Rien de commun en effet entre cette disparition
inexplicable et la routine des policiers : les chasses à l’ours en scooter des neiges - leurs couloirs migratoires menacent régulièrement de traverser la ville -, les petits trafics des pêcheurs
contrebandiers ou encore le fléau de l’alcoolisme qui n’épargne pas tous les foyers… Épaulé par des agents venus de métropole, le commissariat parvient à recouper plusieurs pistes quand le père
d’Ella disparaît à son tour.
Nouvelle victime.
D'abord un grand bravo aux éditions Gaïa, spécialistes depuis longtemps de
la littérature scandinave. Cette année, ils ont décidé de relooker leur collection polar et le résultat est très qualitatif. Une charte visuelle très belle et des ouvrages souples, agréables à
lire en grand format. Parmi les nouveautés, c'est le roman de Monica Kristensen qui nous a tenté et c'est avec un très grand plaisir que nous vous le présentons car c'est un
récit plein d'intérêts tant au niveau de la trame qu'au niveau de son contexte géographique, sociologique et économique.
Pour commencer, il faut situer le Svalbard. C'est un archipel norvégien situé au plus près de l'arctique. Il y fait froid, la
nuit polaire occupe une bonne partie de l'année et la population réduite (environ 2300 habitants) est surtout concentrée sur l'île du Spitzberg et principalement dans la ville de Longyearbyen. Et
si l'auteure arrive si bien à nous décrire ce décor c'est qu'elle y vit.
Développer une série de polars dans un univers aussi clos peut paraître ambitieux surtout quand la police elle-même reconnaît que les crimes les plus courants se limitent à quelques vols, ivresse
sur la voie publique ou altercations conjugales. Comme le prouve Le Sixième homme, pas besoin de meurtres horribles et sanglants pour nous tenir en haleine. Ici c'est la disparition
d'une enfant de cinq ans qui crée l'effervescence sur l'île mais le réflexe premier reste de croire que son père est venu la chercher. Sauf que ce dernier reste aussi introuvable et qu'il va donc
falloir creuser un peu plus. Pourtant ce qui ressort de ce polar c'est justement le manque de paranoïa de la part des habitants et de la police. Incapables d'imaginer le pire, ils craignent
surtout pour le froid, que la petite se soit égarée et tombée dans une congère. Cette disparition devient le lien entre chacun des personnages et le prétexte pour nous décrire une communauté très
solidaire affrontant au quotidien la rigueur de la mine ou de la pêche, la rudesse du climat, mais aussi les troubles que peut engendrer une nuit quasi permanente ou l'alcool dans le lequel
beaucoup se noient.
Le sixième homme est le deuxième volet (mais le premier et le seul pour l'instant traduit) d'une série mettant en scène le policier Knut Fjeld. On peut facilement imaginer que ce roman
soit le meilleur pour aborder la série mais aussi et surtout qu'il est surtout celui qui pose le mieux le décor du Svalbard. Effectivement, au delà de l'enquête, on suit toute l'économie du
charbon, de ses mines et de ses fantômes, de la pêche, de ses crevettiers et des tempêtes qui les menacent. On observe la nature et on tente de la protéger. L'ours blanc, le renard des neiges ou
encore les rennes croisent régulièrement la route des humains. Le son des motoneiges résonne sur la banquise alors que l'ombre du Perriertopen (un des points culminants de l'archipel) surplombe
le permafrost. C'est aussi ça que vous découvrirez. Dépaysement garanti !
Monica Kristensen Le sixième homme (Kullunge)
(Gaïa polar)
Mots-clés : Arctique, disparition, enquête, environnement, froid, île, mines, Norvège, trafic, vengeance
Bonus
Longyearbyen : durant les nuits
polaires (ci-dessus)
page 45
Un lavvo en rondins (tente traditionnelle du peuple sami en forme de tipi)
page 51
Le 8 mars on célèbre le retour du soleil après plusieurs mois de nuit polaire : la fête du Soleil
Ours et renard des
neiges
|
|
page
75
Le Billefjord
page 98
Les mines de Store Noske dont la mine 1 inaugurée en 1906 par John Longyear
page
115
Le Vestfonna : une calotte glacière au nord du Svalbard
page 134
Le hameau de 3 maisons de Brucebyen construit en 1920 un explorateur écossais. Il existait une quatrième maison qui a brûlé en 2010 après le passage de randonneurs inconscients.

Quatrième de couverture
« Des écrivains comme ça, dans le roman noir, on en découvre un tous les dix ans. » « Opéra noir, peuplé de fantômes, où le sexe et la mort rôdent sans cesse dans l'immensité inhumaine de Los
Angeles la mal nommée, lune sanglante est un fulgurant joyau, une moderne tragédie, qui porte fièrement en exergue une citation du richard II de Shakespeare. »« ... Un des plus remarquables
romans noirs de la décennie, par sa préoccupation intellectuelle élevée, son écriture savante et, pour le dire balistiquement, son épouvantable puissance d'arrêt... »
Petite mise à jour puisqu'après Dom, c'est à mon tour de m'être attaquée à cet excellent polar
qui met en opposition deux personnages passionnants et torturés. L'un croit aimer les femmes en les "sauvant" et l'autre les aime vraiment (trop) au détriment de son couple ; l'un est un tueur en
série, l'autre un flic. les deux sont des génies qui vont se livrer à un face à face tendu avec en décor de fond la ville de Los Angeles en pleine mutation. Le roman débute au moment des
premières émeutes raciales de Watts en 1965 pour se poursuivre 15 ans plus tard. Cette ouverture montre à quel point Los Angeles était devenu un vrai champ de bataille comme le montrent les deux
photos mises en bonus ci-dessous. Un roman qui, entre procédure policière et roman noir, dresse un profil hyper réaliste de la violence, du racisme ethnique et sexuel et de la situation sociale
aux États-Unis. Lune sanglante est aussi le premier volet d'une trilogie mettant en scène le sergent Lloyd Hopkins qui se poursuit avec
A cause de la nuit et La colline aux suicidés. (Herveline)
Qu'ajouter après de telles critiques ? Lorsqu'on est plongé dans la lecture d'un roman
d'Ellroy, à chaque fois que l'on referme le livre, l'histoire et les personnages restent scotchés à l'âme et on met du temps à digérer, à s'éloigner. Les romans
d'Ellroy, et en particulier Lune Sanglante nous habitent autant qu'ils nous marquent. L'écriture est nette mais aussi volubile, les personnages sont complexes et
lisibles en même temps, et Lloyd Hopkins un génie et un démon tout à la fois. C'est d'un noir d'encre, plus sublime que la nuit. Tous les ingrédients d'un chef d'œuvre ! (Dom)
James Ellroy Lune sanglante (Blood on the moon) (Rivages noir)
Mots-clés : discrimination, homosexualité, Los Angeles, polar urbain, procédure policière, roman social, serial killer, vengeance
Bonus
1965 - Le LAPD (Los Angeles Police
Department) à l'action dans le quartier de Watts
1965 - Le quartier de Watts en feu
1965 - Watts : manifestion de la communauté noire
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