Dimanche 11 janvier 2009 7 11 /01 /Jan /2009 10:39

Je vous retransmets une question qui nous a été posée par mail et dont je n'ai toujours pas trouvé la réponse. Ce n'est pas faute d'avoir cherché sur internet et dans nos bouquins. En même temps, nous n'avons pas lu tous les livres liant intrigues policières et échecs.
Sachez quand même que nous avons d'ores et déjà écarté Le tableau du maître flamand de Perez-Reverte auquel on pense tout de suite à tort bien sûr.

Dans quel roman policier la composition suivante (réalisée par Troitzky) joue-t-elle le rôle d'un indice servant à identifier l'assassin ?




Trait aux blancs
B : Rd5, Fe3, g6
N : Rf8, e7, g7


La solution est :
1.Fh6+ Rg8 2.g7 Rf7 3.g8D+ Rxg8 4.Re6 Rh8 5.Rf7 e5 6.Fg7#

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : LUDIQUE
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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 12:05


Anthelme Hauchecorne
écrit depuis plusieurs années. C'est un séjour prolongé à l'hôpital qui déclenche sa passion de l'écriture. Ses textes ont été depuis publiés dans de nombreuses revues et fanzines (Khimaira, Calepin Jaune, Eclats de Rêves, Traverses et parchemins...) Mais le parcours de l'écrivain qui veut se faire publier est rude et en dépit de cette difficulté et malgré un talent incontestable, il arrive enfin en force avec son premier roman La tour des illusions. Et d'autres projets se profilent pour le plaisir des lecteurs qui le soutiennent. Il a accepté de répondre nos questions sur ce parcours, son inspiration et évidemment sur ce premier roman fort d'imagination.

A noter qu'Anthelme Hauchecorne sera présent au Salon de l'Imaginaire organisé par la ville de Lunel (Hérault) les 28 et 29 novembre 2009. Il y dédicacera ses dernières nouvelles parues dans divers magazines et anthologies et présentera son prochain roman à paraître chez ? : Ames de verre.

Herveline Bonjour Anthelme, d'abord c'est un vrai plaisir de pouvoir échanger quelques propos avec toi ; premièrement par ce que ton premier roman est une réussite, ensuite par ce qu'en tant qu'auteur « débutant », c'est intéressant de connaître ton parcours au sein des méandres éditoriaux. Si tu veux bien, on évoquera un peu tout ça.
Mais pour commencer, peux-tu nous parler un peu de toi. Quel est ton parcours jusqu'à aujourd'hui ?
Anthelme J'ai un parcours atypique : petits boulots, vendeur en boutique de jeux de rôles (la Caverne du Gobelin à Nancy/coup de pub), chef de rayon, vendeur d'alarmes... Beaucoup de professions commerciales, très utiles pour créer des personnages menteurs et manipulateurs. J'ai été surveillant aussi, avant de réussir le concours d'enseignant en économie-gestion. Et l'année prochaine, j'enseignerai en BTS Tourisme au lycée Gaston Berger de Lille (re-coup de pub). Je dois me démener pour trouver le temps d'écrire, mais le plaisir naît dans la contrainte.

Herveline Il semble que c'est une immobilisation de deux mois à l'hôpital qui soit à l'origine de ton envie d'écrire. Comment aborde-t-on ce besoin : avec boulimie et désorganisation ou au contraire avec sérénité et maîtrise ?
Anthelme Puisqu'il faut faire un choix, je dirais sans hésiter... les quatre à la fois ! C'est agréable d'écrire par envie, mais il faut aussi savoir se faire violence par moment. C'est utile d'être organisé, mais des fois il faut avoir les c... le courage de remanier son scénario sur un coup de tête. Le besoin d'écrire, c'est un paradoxe perpétuel : besoin des autres et besoin d'être seul, besoin d'un cadre et besoin d'être libre, besoin de règles à enfreindre, besoin de genres littéraires bien définis (fantastique, fantasy, SF...) juste par sadisme, pour les foutre ensuite dans un grand pot et tout mélanger...

Courrières dans le Calepin Jaune n°10 Herveline Tu as commencé par publier des nouvelles. Avais-tu déjà des contacts dans le milieu éditorial ou t'es-tu lancé sans filet ?
Anthelme Sans filet, sans piston et sans coucher. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé ! Du coup j'ai dû me résigner à travailler, c'est malheureux. De là à dire que seul le travail paie, il ne faut pas se faire d'illusion. Il y a des passe-droits dans ce milieu et quand on n'en a pas, hé bien il ne reste que le droit de bien fermer sa gueule et de se donner une double dose de travail. Je ne ferai pas ici le couplet de l'écrivain méritant (aigri ?) qui s'en sort par lui-même. Si j'avais eu des pistons, probablement que je les aurais utilisés. J'ai dû faire sans, c'est tout. Quand le courant ne passe pas entre mon travail et le comité de lecture ou l'éditeur, je reprends mon paquet sous le bras et je continue à avancer.

Herveline En envoyant tes manuscrits, quels sentiments as-tu ressentis ? Comment se prépare-t-on à l'éventualité d'un refus ou de l'absence de réponse ?
Anthelme J'ai eu le sentiment d'avoir à nouveau dix ans et d'être à la veille de Noël. C'est une étape amusante de guetter chaque jour le passage du facteur, de scruter sa boîte mail avec le palpitant qui s'agite. Et le plus important : toujours embrayer aussitôt avec un autre projet, ne jamais rester à ne rien faire. Un éditeur me refuse ? Je passe au suivant sur la liste, et ainsi de suite. Sans oublier la règle d'or : une bonne surprise arrive quand on s'y attend le moins. J'écris avant tout des histoires qui me plaisent et, puisque je gagne ma vie autrement, cela me laisse de la liberté pour expérimenter, pour peaufiner. Selon moi, l'étape la plus stressante reste la création... Et la relecture/correction. Un travail de fourmi. Je déteste ça.

Supermarkt dans Khimaira Herveline Parle-nous un peu de ces différentes nouvelles que tu as publiées ?
Anthelme Un nombre édifiant pour commencer : sur 50 nouvelles à ce jour, seules 15 ont été publiées. Je ne parlerai même pas de mes premières tentatives, sauf si je devais publier un jour un bêtisier. Une erreur récurrente à mes débuts : vouloir mettre trop de choses, en gâchant mes effets. Les nouvelles qui m'ont marqué, voyons... Je suis passé par plusieurs genres : policier, fantastique, SF, fantasy, littérature blanche... Ainsi qu'une expérience peu concluante de l'horreur : que des refus ! C'est pourtant un genre que j'adore depuis ma plus tendre enfance, on y reviendra. Un dénominateur commun lie tout de même ces nouvelles : l'humour. Que ce soit les remarques acides du détective privé de Supermarkt, (nouvelle parue dans la revue Khimaira), ou le ridicule des situations de Dementia Populi ou de C.F.D.T. (parues dans le fanzine Éclats de Rêves / Sandrine Gaquerel), l'humour reste un ingrédient incontournable. « Tout est risible, même la mort. », disait Pierre Desproges, avant d'ajouter : « Surtout elle. » C'étaient ses mots, ou à peu près. Je profite qu'on parle de mes nouvelles pour saluer toutes celles et tous ceux qui m'ont publié à mes débuts : Menolly / Karim Berrouka / Michaël Fontayne (Parchemins et Traverses), Pierre Gévart (Géante Rouge), re-Menolly et Magali Duez (Griffe d'Encre), Estelle Valls de Gomis (Le Calepin Jaune), Marc Bailly (Phénix Mag & La Yozone), l'équipe de Traversées Oniriques et celle de Reflets d'Ombres. D'ailleurs des nouvelles sont encore à paraître : Nuage rouge, Trêves de comptoir, Le diable noir, Brumes...

Herveline Aujourd'hui ton premier roman rencontre de bonnes appréciations. Es-tu réceptif et à l'affût de ce qui se lit sur Internet ou ailleurs ?
Anthelme Bien sûr : je relève les noms, les adresses mail et comme les héros du film Jay et Bob contre-attaquent, je prépare de sanglantes représailles contre ceux qui en diraient du mal. Moyennant un ou deux homicides, j'ai la paix. Les critiques sont bonnes ? La preuve que le système fonctionne.

Herveline Comment te sont venues les idées qui ont aboutis à La tour des illusions ? As-tu été inspiré par quelques influences ?
Anthelme Ma principale influence fût... Le temps ! Je voulais l'écrire pendant les grandes vacances, mais le projet fut bouclé avec trois mois de retard. Dur de me souvenir de mes lectures à ce moment. Je découvrais Asimov, Herbert, Huxley et quelques autres classiques de la SF et du space opera (dont les Traquemort de Simon R. Green). Pourtant, je ne sens pas leur empreinte sur ce roman, dont la construction très simple me fait plutôt penser au théâtre. C'est vers cette période que j'ai commencé à lire les pièces de Shakespeare, dont Othello qui m'a marqué. Mais ne va pas chercher Shakespeare dans ce que j'écris, tu serais déçue. Mon influence principale reste peut-être les films des Monty Python, que je regardais en boucle les soirs pour me détendre. Une précision encore concernant ce roman : parce que je n'oublie pas les lecteurs de la première heure, je n'exclus pas de réutiliser des personnages dans des aventures futures, histoire de donner un côté « collector » à mes premières parutions. Je ne pense pas être ingrat. Les lecteurs fidèles trouveront leur compte. Durant tout l'été 2008 par exemple, je proposerai mon roman dédicacé accompagné d'une ancienne publication, dédicacée elle aussi. L'occasion pour certains de prendre le train en marche, et pour d'autres de compléter leur collection. L'offre sera bientôt en ligne sur mon Myspace : http://fr.myspace.com/ahauchecorne

Herveline Tu sautes facilement du réalisme social à la loufoquerie. Est-ce représentatif de ton caractère ou simplement d'un imaginaire tellement riche qu'il s'exprime, explose au gré de ton humeur ?
Anthelme C'est une manière d'être : je ne me prends pas au sérieux, et pourtant je suis un bourreau de travail. Chaque passage est écrit et réécrit, si bien que tôt ou tard l'envie me prend de déconner en y insérant de l'humour, soit au travers d'un personnage qui se lâche, soit en poussant une situation à son paroxysme.

Herveline Qu'ils soient mercenaires, médecins, SDF, ou millionnaire, les personnages que tu crées semblent sortir d'univers divers et variés. Et pourtant ils sont tous aussi attachants les uns que les autres malgré leurs déviance, leurs tares ou leur sentimentalité. Encore une prouesse à souligner, celle du mélange des genres. Comment ont-ils pris vie ?
Anthelme Je travaille à partir de fiches de personnage, habitude héritée du jeu de rôle, mais que l'on pratique aussi en BD. Je m'inspire de personnages de films et de séries : Snake Plissken (New York 1997), Han Solo, Dr. House, Gabriel Solis (Desperate Housewives)... Je choisis mes émissions et mes divertissements selon des critères particuliers. De bons dialogues, c'est essentiel. C'est pour cette même raison que je collectionne les films de Michel Audiard. Enfin, je m'inspire de mon entourage, qu'il s'agisse de ma copine, de mes amis, des collègues, d'un passager du métro dont je réinvente la vie... Parfois j'ai l'impression d'arpenter les rues de Lille en charognard.

Primal dans Phenix-Mag Herveline Tout le récit baigne dans une sorte de melting pot où thriller, fantastique, aventure et science-fiction font bon ménage. Dans ta nouvelle Primal, tu abordais la fantasy (aux frontières d'un monde moderne et bien réel). As-tu un genre de prédilection dans l'écriture ou la lecture ou au contraire tu aimes laisser vaquer ton imagination sans la brider ce qui donne certes un roman un peu inclassable mais pourtant d'une grande valeur inventive ?

Anthelme Mon premier amour fut l'horreur. Un souvenir : Vendredi 13 quand j'avais six ans, moi devant la télé profitant de la fatigue de mes parents. Ils n'étaient pas au bout de leur peine les pauvres, car suite à cela j'ai « égayé » leurs nuits avec mes cris pendant un temps. Mes premières idoles étaient des réalisateurs : Dario Argento, Mario Bava, George Romero, David Cronenberg... Oui, il y a eu des séquelles. Adolescent, j'ai eu ma période Lovecraft qui a duré un an. Puis j'ai eu ma traversée du désert -littéraire-, pendant mes études de droit et d'économie, avec quelques oasis tout de même : les premiers tomes du Trône de fer, les romans de Greg Stolze parus chez White Wolf... Ensuite, ça a été l'explosion. Pendant ma maladie, j'ai lu de tout avec avidité, du théâtre, du policier, de la littérature blanche : Houellebecq, Bobin, Gavalda, Granotier... À plus d'un titre, ce fut une renaissance. Au sortir de l'hôpital, j'avais eu une épiphanie, mais du genre à sentir le soufre et les bacchanales. Toutes ces influences se développent en pagaille dans ma tête, un chaos que je me contente de dégueuler, chaud et bouillonnant, sur les touches de mon clavier.

Parchemins & Traverses Herveline Quel conseil donnerais-tu à ceux qui comme toi ont trouvé la passion d'écrire et qui pour autant se heurte aux difficultés de se faire éditer ? Et que penses-tu de ces maisons qui proposent aux auteurs de payer l'édition de leurs œuvres sans pour autant avoir une bonne structure de diffusion et de distribution ?
Anthelme Des conseils ? Tout dépend de ce que l'on veut faire. Publier des nouvelles est un objectif réalisable. Il existe plein de fanzines (voir plus haut) qui cherchent des bénévoles pour rempli leurs pages. Un travail régulier et acharné, couplé à de bonnes lectures, devrait vous donner gain de cause. Notez que ça nécessite déjà un certain investissement personnel. Publier des nouvelles ET être payé pour ça, c'est déjà autre chose. Les magazines qui payent ne sont pas légion (Elegy, Lanfeust Mag...) et ne publient qu'une nouvelle par parution. Autant dire que la lutte est serrée. Les anthologies (Parchemins et Traverses, Griffe d'Encre...) sont accessibles, mais la rémunération est plus faible. Que reste-t-il ? Publier un recueil de nouvelles, ou un roman. Et là, bienvenue dans la jungle des éditeurs ! Commençons par les éditeurs à compte d'auteur (oui, les méchants qui font payer aux auteurs pour la publication de leurs œuvres), avec lesquels je ne travaille pas et pour cause ! Ces gens n'ont d'éditeurs que le nom : ils ne distribuent pas et ne font aucune promo. Autrement dit, ce qu'ils vous vendent, ce sont simplement leurs services d'imprimeur, en prétendant par-dessus le marché qu'ils ont aimé votre livre (que la plupart du temps ils n'ont pas lu. Quelle importance pour eux que l'œuvre soit bonne ? Ils ne prennent aucun risque. Quoiqu'il arrive, ils seront payés, tandis que la partie se jouera avec vos billes. Hé oui : à vous de refourguer votre stock de livres). Rappelons aussi qu'il existe des bourses d'aide aux auteurs (du Centre national du Livre), mais que la publication à compte d'auteur ne permet pas d'y accéder, tandis que l'édition à compte d'éditeur si ! L'édition à compte d'éditeur est donc la seule qui vaille la peine. Déjà parce que c'est l'éditeur qui paie l'impression, et quand l'éditeur paie, l'éditeur s'engage ! Il va se démener pour vendre. Deuxièmement, un éditeur n'investit que dans un roman qui, d'après lui, a ses chances. Si votre œuvre est retenue par un éditeur, c'est une vraie reconnaissance. À vous de vous renseigner sur la ligne éditoriale des différentes maisons, ou sur leurs collections. Mon éditeur par exemple, l'Atelier de Presse, présente plusieurs collections, dont l'Atelier du Futur spécialement dédiée à la Science-Fiction. Merci à Gilles Vidal et Jean Pierre Van Geirt.

Logique d'ensemble : dans Ouvre-toi (Griffe d'Encre) Herveline Au terme de cette première rencontre, que peut-on te souhaiter pour l'année en cours ? As-tu d'autres projets en cours ?
Anthelme Mon seul souhait pour cette année, concernant l'écriture, sera de terminer Âmes de verre, mon deuxième roman et de le soumettre à la rentrée à un éditeur. Ce sera l'aboutissement de plus d'un an de travail passionné, marqué par les influences d'œuvres commerciales, comme le Trône de fer ou Riverdream de George Martin, mais aussi d'auteurs plus controversés comme Ballard (Crash) ou Burroughs (le Festin nu), ou encore de deux incontournables français : Mathieu Gaborit (Agone, qu'on ne présente plus) et Jérôme Noirez (la trilogie Féerie pour les Ténèbres, Leçons du monde fluctuant). Le résultat sera une alchimie d'un autre genre, un récit mêlant humour, fantastique urbain contemporain, horreur et plein de petits ingrédients que je dois encore doser si je ne veux pas que le schmilblick me pète à la gueule. Boum !

Herveline Merci Anthelme d'avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.

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Bibliographie (Mise à jour le 08/05/09)
Nouvelles
2005 Supermarket dans Détectives de l'étrange (Khimaira n°4)
2006 La ballade d'Abrahel dans Contes et légendes revisités (Parchemins et Traverses) extrait en ligne 
2006 Courrières (Le calepin Jaune n°10)
2006 Le jardin des peines (Traversée Oniriques)  en ligne
2006 Primal (Phénix Mag Hors-série n°1)  en ligne
2006 La revanche de la moisissure de l'espace (Géante Rouge n°2)
2007 C.F.D.T. dans Monstres & compagnie (Éclats de Rêves n°13)
2007 Dementia Populi dans Psychoses (Eclats de rêves n°11)
2007 Les deux visages de l'innocence (Reflets d'Ombres n°10)  en ligne
2007 Logique d'ensemble dans Ouvre-toi (Griffe d'Encre)
Romans
2008 La tour des illusions (Atelier de Presse)  Epuisé
A paraître
Roman : Âmes de verre  2009
Nouvelle : Nuage Rouge dans Explorations Infernales (Parchemins et Traverses)
Nouvelle : Le Diable Noir dans Cauchemars (Parchemins et Traverses)
Nouvelle : Trêves de comptoir  dans Super héros (Parchemins et Traverses)
Nouvelle : Des stars qui tapent sur le "system" dans Chant (Parchemins et Traverses)
Nouvelle : Brumes dans Assis au bord du monde (Éclats de Rêves)

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : INTERVIEWS
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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 10:49


Jean-Michel Calvez
est né en 1961 en Bretagne dans le Finistère. Ingénieur en constructions navales, il travaille actuellement dans le domaine de la prospective. Passionné de littérature et de science-fiction (avec sept romans publiés ou en cours de publication dans cette catégorie), il écrit aussi dans d'autres genres de l'imaginaire : polar, roman noir, aventures ou espionnage, fantastique, roman contemporain. Il a également publié une quarantaine de textes courts (fantastique, horreur ou SF), d'abord en revues ou fanzines, puis dans diverses anthologies françaises On le retrouve depuis quelques dans un e-fanzine bilingue Bewildering Stories puis, depuis 2007, dans des anthologies "papier". Bref, Jean-Michel Calvez a plusieurs cordes à son arc. En plus d'être persévérant, il a également beaucoup de talent. Voici donc en quelques questions/réponses, le parcours, les motivations, les coups de gueule d'un écrivain obstiné et passionné.
A noter que Jean-Michel Calvez sera présent au Salon de l'Imaginaire organisé par la ville de Lunel en les 28 et 29 novembre 2009. Il y dédicacera son prochain roman à paraître chez Interkeltia : Sphères et sa nouvelle La bonne aventure parue dans l'anthologie Identités, dirigée par Lucie Chenu, parue aux éditions Glyphe.

Herveline Bonjour Jean-Michel, avec Le miroir du temps, paru en mai de cette année, tu as sorti ton cinquième roman de science-fiction. Peux-tu nous en raconter un peu la genèse ?
Jean-Michel J'ai écrit ce roman il y a quelques années, mais il faut dix ans au mieux pour être publié. Il s'appuyait principalement sur un ou deux textes (par exemple Les plongeurs, un texte très court de 4000 signes non publié, écrit il y a longtemps, et qui est devenu le début du chapitre 7) que j'avais envie de réunir en un seul récit. Ce roman est un hommage explicite à la nouvelle car certaines de ces histoires (les chapitres impairs) ont un potentiel autonome, même en étant écrites sur mesure pour ce projet. La piste des Wasiri (publié en anthologie sous un autre titre) et Les plongeurs sont des textes que j'ai ré-exploités et soumis en lecture pour d'autres projets. Il est vrai que je désespérais de pouvoir publier un jour ce roman...d'un autre siècle... Le miroir du temps a un scénario atypique : univers et écritures très dissemblables entre les chapitres, complexité de l'argument temporel... et j'avais même commencé, faute de mieux, à en piller les quelques chapitres réutilisables pour d'autres écrits. A noter, en passant, que le titre initial de ce roman était Effets-miroirs, modifié suite à une suggestion de l'éditeur...

Herveline Ton récit s'oriente clairement vers un genre peu développé en France : la hard-science. Est-ce un simple exercice de style ou l'ingénieur qui est en toi rêvait de s'exprimer au delà de la simple anecdote scientifique ?
Jean-Michel Pour mettre en relation les diverses histoires indépendantes qu'il comporte, le cœur du roman (à savoir la théorie de la "vitesse du temps") appelait à une justification scientifique forcément complexe, devant mettre en concordance des incidents temporels en série, à chaque fois éclairés par les découvertes, les aléas ou les erreurs des protagonistes principaux. Il est vrai que ce type de SF sur fond scientifique qui attire assez peu les éditeurs en France, hélas, me plaît assez. J'ai écrit d'autres romans encore inédits du même genre. L'arène des géants en fait partie, mais celui-ci sort enfin, chez Interkeltia.

Herveline Dans ton roman précédent, STYx, l'aspect technique était plus diluée, voire absent.
Jean-Michel Oui, STYx est à cet égard un OVNI, car j'y ai délibérément laissé de côté toute tentative d'explication ou de langage scientifique pour exprimer d'autres sensations et sentiments ; en réalité, STYx correspondait à un autre besoin brûlant, encore inassouvi, celui de fustiger une société qui tourne de travers, inhumaine, d'où tout sentiment humain a disparu au profit exclusif du... profit ! Si la science a souvent la part du lion dans mes romans, ces derniers ont aussi la vocation de lancer un message en clair ou en filigrane : ce monde est mal foutu, et c'est de notre faute, l'homme n'a plus rien d'humain, il s'est vendu au diable et à l'argent, quitte à devenir lui-même plus cruel et insensible que l'animal.

Herveline Tu évoques la science de l'optronique. Est-ce une science déjà existante ou une invention de ta part ?
Jean-Michel Bizarrement, plusieurs lecteurs/chroniqueurs ont réagi sur ce mot. Je me suis laissé piéger par mon univers professionnel dans lequel ce mot, utilisé depuis de nombreuses années, est passé dans le langage courant. L'optronique est l'évolution actuelle de l'optique non seulement géométrique ou physique (les lentilles en verre, disons), mais aussi électronique (capteurs, informatique de traitement, etc.). Un appareil photo numérique est un sommet de l'optronique, même s'il semble banal aujourd'hui pour le grand public.

Herveline Un de tes personnages dit ne pas croire au paradoxe temporel. Qu'en est-il de toi ? Et crois-tu que le voyage dans le temps soit un jour envisageable ?
Jean-Michel Je ne peux prendre position, faute d'avancement suffisant de la science en ce domaine. A priori, je n'y crois pas, car cela briserait pas mal de certitudes ou de logiques fondamentales sur la flèche du temps et sur l'irréversibilité des événements du passé. Il n'empêche que c'est un levier scénaristique fabuleux, pour un auteur de SF ; à tel point que plusieurs de mes romans exploitent cet argument temporel : de manière assez secondaire dans Planète des vents, mon premier roman, dans La boucle d'Octobre paru en 2005, et dans Sphères, un autre roman qui devrait sortir en 2009.

Herveline Il y a trois espaces lieux/temps dans ton roman : le présent, le passé et une planète lointaine vers laquelle convergent ces deux notions. Visible du présent, elle nous renvoie à plusieurs années lumière dans le passé. La variable année/lumière est toujours très troublante. Serait-ce vraiment possible de « voir » la Terre de notre passé au travers d'une lentille artificielle ou naturelle ?
Jean-Michel Fondamentalement, tout ce que l'on voit est daté (ou "en retard", donc situé dans le passé) en fonction de la distance à laquelle on l'observe. Le soleil qu'on "voit" dans notre ciel n'est pas le soleil instantané, il (je veux dire son image visible) date de huit minutes-lumière environ ; et la lune d'une seconde. Comme une vidéo en différé, ces deux astres sont des images du passé, du fait de cette fameuse vitesse de la lumière, bien connue depuis Einstein et sa formule (formule dont très peu maîtrisent le sens). De même, observer l'espace jusqu'à ses limites les plus lointaines revient à voir l'origine des temps, le big-bang. Sans aller jusque là, ce roman prolonge ce principe d'une vision possible vers le passé jusqu'à une planète éloignée, bien plus lointaine que le soleil, planète dont une autre propriété physique est de bénéficier d'un effet-miroir. Cette situation idéalisée de "miroir" n'est pas du tout réaliste, bien entendu, mais c'était trop tentant notamment sur le plan symbolique, pour laisser passer l'opportunité de bâtir un scénario SF sur ce principe de "concordance géométrique".

Herveline Dans STYx, la société des lutins était déjà très fascinante. Ici tu nous plonges dans celle d'un peuple qui utilise la lumière comme transcendance de l'acte sexuel. Tu en dis assez pour que le plus imaginatif de tes lecteurs puisse esquisser ce monde inconnu. Mais malgré tout, on voudrait en savoir plus, indépendamment de la trame principale.
Jean-Michel Les jeux avec la lumière (assimilée à un élément liquide permettant d'y plonger) ne sont pas la seule particularité de cette civilisation souterraine ; il s'agit aussi d'une société à trois genres, trois sexes et non deux, dénommés « lutéale », « tectal » et «mental » ; les trois s'unissent lors de l'axe sexuel, le « plongeon ». S'y ajoutent des individus présumés neutres ou inactifs sur le plan sexuel, voire asexués, jouant dans cette société allégorique d'autres rôles plus fonctionnels : le shaman et Phaïs le solitaire, assimilable quant à lui à une sorte de serviteur ou d'eunuque du harem. Il s'agit d'une dissociation métaphorique à trois composantes de l'acte sexuel : la femme dédiée à la procréation, le mâle fort et protecteur (d'où le terme tectal) et un autre "type" de mâle, moins porté sur la puissance et la brutalité que la compréhension et la grâce, tel un être en miroir, complémentaire de l'homme viril ou brutal, un pendant masculin de la femme, en somme. Il apporte la jouissance, l'autre la force brute et le complément biologique indispensable à la procréation.

Herveline Est-ce que les lutins ou les plongeurs sont amenés à réapparaître (voire à se rencontrer ;-) dans une prochaine œuvre ? Leurs mondes sont tellement envoûtants !
Jean-Michel Les plongeurs réapparaissent dans une nouvelle que j'espère publier en 2009. Quant à un autre roman utilisant cet univers, cela me semble difficile pour le moment, vu mon inclination naturelle à explorer des modes et des mondes différents pour chaque projet. De plus, je ne suis pas très porté sur les romans à suites, ni pour en écrire, ni pour en lire, je préfère, en général, "tourner la page".

Herveline Si l'on ne peut pas vraiment parler de fantasy au regard de l'aspect « réaliste » et contemporain du récit, la description du peuple vivant sous le Toit flirte quand même avec ce style littéraire. Ton approche poétique, merveilleuse et spirituelle (et sensuelle) laisse penser que tu aurais pu tout autant développer un roman de fantasy en interaction avec des chapitres SF et non l'inverse comme présentement. Envisages-tu un jour d'écrire un roman de fantasy ?
Jean-Michel Tu as raison, mais ce mode d'écriture, comme cet univers, ne m'étaient pas très naturels. J'avoue ne pas être fan de fantasy, ni pour en lire, ni pour en écrire, comme pour les romans à suite dont je viens de parler, et il y a sans doute là un lien de cause à effet car la fantasy use et abuse trop souvent de ce principe. Cela dit - ça me revient ! - j'ai tout de même écrit (et publié) quelques textes de fantasy. Par exemple Alchemie (presque une novella), dans l'anthologie Science & sortilèges aux éditions NestiVeQnen, ou Water music, dans le numéro 1 d'Univers & chimères (en ligne).

Herveline Peu de chance d'avoir une suite de STYx, alors ? (snif)
Jean-Michel Si, j'ai malgré un projet de suite chronologique de STYx, dans laquelle (pour des raisons assez évidentes pour qui a lu STYx), les Lutins seront absents. Il s'agit simplement de la même planète que redécouvre une personne non informée des événements dramatiques intervenus précédemment. L'Ogre en revanche est toujours là, toujours calé sur sa même logique du profit. D'une façon quasi inévitable, certains schémas d'exploitation industrielle et sociale se reproduisent.

Herveline Que penses-tu des auteurs de littérature blanche qui publient de la SF en se décriant d'en écrire ?
Jean-Michel Au cours de mes recherches d'éditeurs, j'ai fait lire STYx à des éditeurs non-SF, parce qu'il m'a semblé que le discours du roman pouvait transcender la notion de genres littéraires. En vain, malgré son style très littéraire qui semblait un bon atout. En réalité, je crois que cette polémique provient avant tout du sectarisme des éditeurs de littérature blanche qui considèrent la science-fiction (donc les auteurs qui en écrivent ou en proviennent) comme un sous-genre sans intérêt. Si des auteurs jouent aussi à ce jeu et avancent masqués, j'imagine que c'est parce qu'ils y sont contraints par le "système", ils ne l'ont pas trouvé tout seuls.

Herveline Comment te positionnes-tu dans le monde des littératures de l'imaginaire ?
Jean-Michel Pour la classification (s'il en faut une ?) je dirais, en deux mots : plutôt SF pour le roman, et plutôt fantastique pour la nouvelle, je crois. Ce qui n'est qu'un constat sur le "déjà fait" en quinze ans d'écrits, statistique donc, mais nullement une orientation définitive ou irréversible puisque je n'ai ni "projet" ni "stratégie" de carrière ; ces mots - les trois - n'ont aucun sens, en imaginaire, vu les aléas de l'édition ; on navigue à vue.
Quant à moi, à contre-courant de sentiers trop balisés, je souhaiterais diversifier les étiquettes ou les briser, faire par exemple quelques incursions hors SF et hors Imaginaire (un rêve !) et publier, enfin, mes romans mainstream qui attendent depuis longtemps. Mais je suis conscient, que mes romans SF publiés ne comptent pour rien dans un CV "littéraire", pour ouvrir de nouvelles portes, et ne serait-ce que pour être remarqué par un éditeur mainstream. Pas même STYx, malgré l'universalité des thématiques qu'il aborde et son scénario atypique dans le paysage de la science-fiction, qui détonne et secoue un peu, je crois. C'est désespérant de voir que l'effort de renouvellement ou d'innovation laisse à ce point le lecteur indifférent, alors même que ça devrait être le principal atout, surtout en imaginaire bien sûr... mais pas seulement.

Herveline Aujourd'hui, tu publies Le miroir du temps chez un nouvel éditeur, @telier de Presse, qui offre deux supports possibles : version papier et version téléchargeable. Cela se fait de plus en plus (Eons, Lulu.com etc.) Selon toi quel est le support le plus privilégié par les lecteurs et as-tu un avis sur l'avenir du livre à l'heure même où le e-book revient après quelques années peu concluantes ?
Jean-Michel Je ne suis pas très représentatif des tendances. Peut-être suis-je de "l'ancienne génération". J'aime le livre, l'objet, le contact avec le papier et je n'aime pas lire à l'écran. J'ai le même avis pour le disque : l'objet a une signification, une "aura" qui attise le désir de collectionner. La génération actuelle navigue dans l'immatériel et le jetable (cela dit, je crois que jeter est, stricto sensu ou presque, l'inverse du téléchargement, non ?). Je suis donc assez perplexe : le livre "papier" semble n'être plus un produit d'avenir ; peut-être qu' écrire un roman est, du coup, devenu aussi un combat d'arrière-garde, un acte dépassé car il ne parvient plus à convaincre le public ou à le détourner de ses chers écrans. Les gens ne "lisent" désormais que des images, comme si un texte n'était plus assez sexy pour eux ; à moins qu'il n'exige de leur part trop d'efforts, y compris de leur propre imagination défaillante, devenue paresseuse, parce que trop nourrie de virtualité. Tout étant offert sous cette forme, en couleurs et en 3D, il faut croire que l'on ne sait plus transcrire un "simple" texte écrit en sensations et en émotions.

Herveline Pour te connaître un peu mieux, quels sont les auteurs, livres, films (peintures, BD etc) qui t'influencent, qui t'ouvrent des portes vers l'imaginaire ?
Jean-Michel Elles sont diverses mais surtout j'affectionne les textes bien écrits. Parfois en science-fiction, je regrette que la qualité du style et l'ambition littéraire soient considérées comme secondaires par certains auteurs ou éditeurs, de la même façon que pour le polar où doit prévaloir l'intrigue. Dan Simmons, par exemple, est un modèle pour moi, avec aussi Greg Egan et l'ensemble des auteurs aimant avant tout la belle écriture. Mais la musique est aussi vitale pour moi ; c'est un univers qui accompagne mon écriture en me plaçant dans une ambiance propice. Ambient, dark-ambient, drone, field recording me semblent les musiques les plus proches de la science-fiction par leur contenu, leur mode de création et leur spectre harmonique. Dans les années 70, j'étais fasciné par la musique planante électronique de groupes tels que Tangerine Dream aux œuvres développées et complexes. Et la musique ambient en est une prolongation naturelle avec des moyens techniques plus puissants (sampling), permettant d'imiter ou de créer n'importe quel son pour générer des ambiances totalement irréelles. La BD, elle, me laisse plutôt indifférent de façon générale. Je n'ai pas d'explication logique à offrir, ni d'excuse - parce que c'est trop cher, trop vite lu, difficile à emporter (j'aime lire dans le train) ? Je suis du reste sensible à la peinture. Je suis fasciné par l'œuvre de Dali ; en revanche, l'absence de logique apparente de ses œuvres a du mal à m'inspirer pour mes projets car, même en fantastique, j'écris de manière inductive/déductive. Je ne pourrais écrire des scénarios "déjantés", j'écris comme on construit, en déroulant un canevas, une logique interne quasiment mathématique, sans faille (du point de vue de l'auteur !).

Herveline Est-ce pour toi plus aisé d'écrire des nouvelles que des romans ou l'inverse ?
Jean-Michel La difficulté se pose en termes d'obstacle à franchir pour clore un texte, car le dernier quart d'un roman est toujours le cap le plus délicat. J'ai eu dans mes travaux quelques bonnes idées qui ont "mal fini" ou capoté, parce que je ne parvenais pas à trouver une "bonne" fin. J'ai un roman qui attend sa fin depuis douze ans ; d'autres un peu moins, mais le temps passe, et toujours pas d'étincelle ni de déclic crucial. Des nouvelles aussi, écrites à 80% environ et qui résistent encore à quelques paragraphes du point final.

Herveline Parmi tes œuvres, romans ou nouvelles, laquelle t'a demandé le plus d'énergie ?
Jean-Michel Si l'on parle d'énergie, le roman pose un problème tenant moins à la difficulté d'écrire qu'à la motivation à investir sur la longue durée, à écrire des œuvres non sollicitées, qui ont de fortes chances de rester inédites. Depuis plus de quinze ans, écrire, puis faire publier est un combat de tous les instants, avec des hauts et beaucoup de bas. Hormis STYx, que je tenais absolument à voir publier, certains de mes meilleurs textes sont encore inédits ; et je crois que certains le resteront, vu la conjoncture.
Face à la barrière quasi insurmontable de la publication, la nouvelle est simplement un risque moindre de "gamelles" avec moins de regrets, lorsque ça a été écrit pour rien. J'ai environ 200 nouvelles, j'en sors quelques-unes du tiroir lorsqu'un appel thématique y correspond, mais le pourcentage de pertes est énorme. J'ai "bloqué" environ trente textes de SF ou fantastique sur une thématique unique pour un projet de recueil depuis presque dix ans, en vain jusqu'à présent, et j'ai l'impression qu'il n'y a plus d'éditeurs pour ça, que l'on ne veut plus prendre le risque de l'originalité, sans sortir d'abord sa calculette et commencer par faire une étude de marché. Or si le livre n'a plus d'avenir, si c'est vraiment ça qui nous attend à terme, textes, romans et nouvelles sont morts.

Herveline Quels sont tes prochains projets que nous pourrions encourager au terme de cette agréable rencontre ?
Jean-Michel Deux romans de SF chez Interkeltia, un nouvel éditeur de SF mais pas seulement (Interkeltia a d'autres cordes à son arc). Un projet de mini-recueil de fantastique pour la fin 2008 chez ActuSF. Une ou deux (trois... ?) nouvelles d'imaginaire seront publiées en 2009, si tout va bien. Pour le reste, rien n'est vraiment certain à ce jour.
J'ai traduit ou écrit directement quelques textes en anglais pour des anthologies américaines, afin de briser un peu la routine, y ajouter une difficulté (un défi ?) et changer d'univers. Pour l'heure, ça m'a permis d'être publié trois fois en ligne sur un site américain (Bewildering stories), et deux fois en anthologies thématiques "papier". Mais l'exercice est ardu car mon niveau d'anglais n'est guère plus que scolaire, donc un niveau qui, en théorie, ne me permet pas de rivaliser sur le terrain de la langue avec de vrais auteurs anglo-saxons. Sauf, comme me l'écrivait récemment mon éditeur américain, commentant un appel à textes pour lequel je concours en anonyme et sans indulgence particulière, si le jury qui le secondera dans sa tâche de sélection cherche avant tout de "bonnes histoires", pour lesquelles la perfection formelle de la langue de Chèque-spire est une donnée qui reste révisable à posteriori.

Herveline Que peux-tu dire, pour finir, de La Voie Rubis, ton tout dernier roman sorti, chez l'Atelier du futur?
Jean-Michel Ce roman a attendu son tour (donc mûri, en reformulant de façon positive). J'avoue l'avoir destiné avant tout au Fleuve Noir qui, à cette époque, était encore dans sa configuration originelle : livres de poche, plusieurs collections, etc. De ce fait, La Voie Rubis est bien moins ambitieux que STYx, moins complexe et foisonnant aussi, sans mises en cause ni questionnements sociétaux ou métaphysique. C'est avant tout un roman de SF "classique" d'un abord plus aisé, qui privilégie l'action et l'aventure. En revanche, son décor est intéressant car très réaliste, et conforme à la réalité puisqu'il s'agit de Jupiter et de ses lunes (cette planète en a bien plus que notre Terre, elle est "polygame", si l'on peut le dire ainsi !). Quoi qu'il en soit, je crois qu'il ne faut pas chercher à comparer ce roman à STYx, ni au Miroir du temps, car il entre dans une autre catégorie de SF et, peut-être aussi, de lectorat ? Au lecteur d'en décider.

                                             Interview réalisée en décembre 2007 par Herveline


Bibliographie (mise à jour au 04/05/09)
Romans
1996 - Planète des vents Fleuve noir
1997 - Huis clones Fleuve Noir
2006 - La boucle d'octobre Rivière Blanche
2006 - Panique au Quartier Lointain (roman policier)
2007 - STYx Glyphe
2008 - Le miroir du temps @telier de presse
2008 - La Voie Rubis @telier de press
2008 - L'Arène des Géants Interkeltia
2008 - Manières noires Actu SF (Reccueil)
Nouvelles
1994 - Ouvre-moi ta porte Styx-miniature n° 19
1995 - La mission perdue La geste n° 9
1995 - Le voyageur La geste n° 10
1999 - Le scarabée dans Jour de l'an 2000 (Nestiveqnen)
2000 - Les défouisseurs dans De minuit à minuit (Fleuve noir)
2000 - L'éternel été, ou le songe dans la clairière et La galerie des miroirs dans Ténèbres 2000 (Naturellement)
2000 - L'horloge et le jeune homme Ténèbres n° 9
2000 - Triple bulle dans Jour de l'an 3000 (Nestiveqnen)
2001 - Cinémomie dans Momies (Emblèmes n° 3, Oxymore)
2001 - No man's hand dans Douces ou cruelles ? (Fleuve noir)
2001 - Souffrir c'est mourir un peu dans Magie & sorcellerie / Les vagabonds du rêve n° 3 (Oxalis)
2001 - La tapisserie de Pénélope dans Territoires de l'angoisse (CyLibris)
2002 - Alchémie dans Science et sortilèges (Nestiveqnen)
2002 - Enchères dans Pouvoirs critiques (Nestiveqnen)
2003 - Analogies dans Rock Stars (Nestiveqnen)
2003 - TransSelvaExpress dans La route (Emblèmes n° 9, Oxymore)
2004 - Afterland dans Il était une étoile et demie à ma montre (Publications d'Onire) en ligne
2004 - Water music dans Imaginaire et musique / Univers & chimères n°1 en ligne
2005 - Allégeance dans Tatouages (Belles Lettres)
2005 - Coup de foudre dans La passion / Univers & chimères n° 2 en ligne
2005 - Les Îles de la tentation dans Moissons futures (la Découverte)
2006 - Delirium session dans Fantômes de Jazz (Belles Lettres)
2007 - A quatre mains dans (Pro)Créations (Glyphe)
2007 - Poème pour Emma dans Bewildering stories (USA, en français+anglais) en ligne
2007 - Un jour de neige dans Bewildering stories (USA, en français+anglais) en ligne
2007 - Dernier souffle dans Parfums mortels (Malpertuis)
2007 - Liquid Moon dans HPL 2007 (Malpertuis)
2007 - Sang d'encre Galaxies n°42 
2007 - anthologie Ruins (Hadley Rille Books, USA)
2008 - anthologie Secrets de famille (Malpertuis)
2008 - anthologie Desolate places (Hadley Rille Books, USA)
2009 - La bonne aventure dans Identités (Glyphe)
A paraître
Roman : Sphères, parution prévue chez Interkeltia en octobre 2009
Nouvelle : Initiation dans Passage (Les 400 coups)  2009
Nouvelle : dans le reccueil Flammagories (Argemmios)  2009
Nouvelle : dans Contes de ville et de fusées (Ad Astra)  2009

Par Herveline - Publié dans : INTERVIEWS
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Vendredi 9 janvier 2009 5 09 /01 /Jan /2009 07:59

Bonjour à tous. Et oui, la librairie ouvre aujourd'hui.
J'aimerais vous dire que vous allez y trouver tout votre bonheur... et pourtant, ce ne sera qu'une ouverture symbolique. En effet, le froid et la neige qui se sont abattus ces derniers jours sur la France ont perturbé les livraisons. Aussi, même aujourd'hui, alors que la neige ne tombe plus, il n'est pas certain que nous recevions quoi que ce soit en raison des routes verglassées.
A défaut donc de vous envoyer une belle photo de rayonnages pleins à craquer, je préfère vous livrer deux photos d'un Calvisson enneigé.

Et si vous passez par là, vous trouverez quand même quelques ouvrages d'occasions et une libraire entièrement disponible à la causette et qui n'hésitera pas à noter vos desirata si, en attendant les livraisons de la semaine prochaine, vous voulez qu'elle vous mette de côté quelques ouvrages attendus.




Un bon petit feu de cheminée, ça vous réchauffera bien !

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : EVENEMENTS
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