Et hobb-là !


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Plein de choses dans les derniers arrivages. Beaucoup de fantasy et de SF avec les collections Ailleurs et Demain (Robert Laffont) et Rendez-vous Ailleurs (Fleuve Noir). Un peu de Mnémos et de Pygmalion avec pas mal de Robin Hobb.
Prochainement : Atalante, Star Wars, Bragelonne, Milady... on a du pain sur la planche.

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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /2008 07:16

Stephan Wul - Oms en série (1957) Quatrième de couverture

Que sont devenus les hommes ? Les survivants du grand cataclysme ont été recueillis par les draags, géants bleus aux yeux rouges, qui les ont emmenés sur leur planète, où le temps s'écoule beaucoup plus lentement que sur la Terre. Asservis, domestiqués, ils sont devenus des oms, des êtres dégénérés au service de leurs nouveaux maîtres. Mais peu à peu, menés par le jeune Terr, petit om d'une intelligence supérieure, ils retrouveront le goût de la liberté et affirmeront leur humanité face aux draags.

Sous le titre La planète sauvage, Oms en série a été porté à l'écran en 1973 par René Laloux sur des dessins de Roland Topor.

Né en 1922, Stefan Wul a publié entre 1956 et 1959 onze romans qui constituent l'essentiel de son œuvre. La spontanéité et la constante inventivité qu en émanent font de cet auteur l'une des figures les plus attachantes de la science-fiction française.

Alors que les hommes se sont endormis sur leurs progrès, ils sont enlevés par une race extra-terrestre, les draags, et amenés sur leur planète. Devenu l'animal favori de ces êtres hauts de trois mètres et après des lustres, les oms ont perdu toute conscience de leur humanité et de leur intelligence. Mais lorsque le jeune Terr commence à manifester des dons particuliers, comme la parole, les draags commencent à s'inquiéter de ces petits animaux qui, somme toute, commencent à pulluler. La désomisation doit être mise en place. Seuls Terr et quelques autres sauront amener leurs semblables vers une terre promise qui leur offrira une nouvelle vie... et une nouvelle alliance : celle avec les Draags. Pour un fois, une œuvre où l'homme ne cherche pas à s'imposer comme un être supérieur mais au contraire fait preuve d'un réel humanisme pour sa survie.

Stephan Wul Oms en série (Folio SF)

Mots-clés : autre civilisation, animal, extra-terrestres, invasion, servitude

Par Soleil Vert - Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /2008 07:00

Ray Bradbury - Fahrenheit 451 (1953) Quatrième de couverture

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Né en 1920, Ray Bradbury s'impose à la fin des années 40 comme un écrivain majeur, avec la parution d'une série de nouvelles oniriques et mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes. Publié en 1953, Fahrenheit 451, qui finit d'asseoir la réputation mondiale de l'auteur, sera porté à l'écran par François Truffaut.

Imaginez un monde où les pompiers n'éteindraient pas mais allumeraient les feux. Un monde où ces embrasements anéantiraient toute mémoire et où l'acte le plus antisocial serait de posséder un livre. Dans cette société future, poétiquement, délicieusement, affreusement décrite, un pompier ose le pire : devenir un élément de la mémoire commune entretenue par quelques rebelles. Une œuvre dystopique qui épouvantera tous les amoureux des livres.

Ray Bradbury Fahrenheit 451 (Fahrenheit 451) (Folio SF)

Mots-clés : anti-utopie, dystopie, livres, mémoire, pompier, totalitarisme

Par Soleil Vert - Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /2008 09:34

Chester Himes - La reine des pommes (1958) Quatrième de couverture
Jackson est le gars le plus candide d'Harlem, pour ne pas dire demeuré. Et dans le coin, il y a un tas de dégourdis qui commencent par lui étouffer son pognon. Sa petite amie, Imabelle, une fille superbe à la peau couleur de banane, l'entube comme c'est pas permis. Enfin, son frère, qui est bonne sœur dans le civil, cherche aussi à le posséder. Seulement Jackson, lui, c'est un bon chrétien. Y a que la foi qui sauve et il a tout à fait raison de croire aux miracles.Rien ne pourra altérer la confiance de Jackson en la vie, en les autres. Il est à la fois touchant et énervant. 

L'univers des noirs de Harlem est décrit de façon concise et dynamique, et quand on lit ce livre, on comprend pourquoi il figure parmi les grands classiques. Les aventures de Jackson se déroulent sous la forme d'un « black micmac » à l'Américaine, très cocasse et à un rythme d'écriture effréné. On est pratiquement au cinéma quand on lit La reine des pommes. Beaucoup d'humour, mais aussi de noirceur, car plus que des péripéties drolatiques, c'est la galère, la loose totale, et le désespoir.

Chester Himes La reine des pommes (The five cornered square) (Folio Policier)

Mots-clés : Ed Cercueil et Fossoyeur, hard boiled, Harlem, humour, polar urbain

Par Soleil Vert - Dom - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /2008 17:46

Jean-Michel Calvez - Le miroir du temps (2008) Quatrième de couverture
Väinö Kauppinen, un électronicien finlandais, découvre par hasard un phénomène aberrant lié à la propagation de la lumière. Peu de temps après, il est contacté par un ami qui a besoin de ses services à la station orbitale Tycho Brahé dont il a conçu le miroir principal, car on y a découvert une planète dotée d'une surface de glace formant un miroir parfait. À quoi cela pourrait-il servir ? Mais la découverte de Väinö sur la « modulation de vitesse » de la lumière conduira à modifier le projet initial...
Quel est le lien entre la station et ces fragments d'histoires parallèles s'intercalant dans le récit comme des morceaux de puzzle ? Qui est Lo'rinn, la belle inconnue surgie d'on ne sait où ? Quel est ce peuple aux rites sexuels étranges, évoluant dans des profondeurs souterraines ? D'où proviennent les visions du génie Léonardo da Vinci ? Que s'est-il passé dans une tribu de Pygmées dans la jungle africaine, ou lors des combats aériens de la Seconde Guerre mondiale ? La station orbitale est-elle en danger ?
Autant d'énigmes dont l'explication, et le fil conducteur, sont à l'image de perles enfilées le long d'un rayon de lumière venu de très loin, traversant l'espace mille fois plus vite qu'une météorite.

Après le bouleversant
STYx, roman paru en 2007, Jean-Michel Calvez nous revient avec un roman de hard-science, genre assez peu abordé par les auteurs français de SF.
Dans un futur proche, Vaïro Kauppinen et son collègue et ami Heini Merulainen, finlandais et spécialistes en « optronique », ont monté leur entreprise. En parallèle de leurs contrats, ils réalisent des expériences sur la vitesse de la lumière et donc du temps. Quand ils sont contactés par leur ami Maarti , technicien sur la station en orbite Tycho Brahé, ils ne comprennent pas encore le rapport qu'il y a entre la mission qu'il leur est proposée par le commandant Gerhardt Warens et leur travaux sur Terre.
Jean-Michel Calvez s'emploie au mieux à nous rendre l'aspect technique abordable. Mais il reste néanmoins complexe. Pourtant son style toujours aussi agréable permet quand même une progression aisée. Les interactions que l'histoire principale a avec d'autres époques ou monde offrent des échappées souvent très poétiques et la sensibilité de l'auteur, déjà rencontrée dans STYx, reprend le dessus. Ces histoires intercalées tous les deux chapitres trouvent leur justification au fur et à mesure, même si certaines gardent encore leur mystère quand à leur rapport « direct » avec la trame principale : La piste des Wa'siri, Confession d'un génie (Léonard de Vinci) à un roi (François 1er). Ce dernier apparaît presque comme une nouvelle distincte rapportée ici pour étayer les corrélations entre histoire et Histoire, au même titre que les chapitres La nuit du hibou (se déroulant en pleine bataille aérienne durant la deuxième guerre mondiale) et Le titan foudroyé (qui évoque le naufrage du Titanic). Il est facile de mesurer la difficulté de l'auteur à faire se rejoindre tous ces évènements pour leur donner un rôle dans son scénario. Et une fois le roman terminé, il est intéressant de revenir au début pour relire certains de ces récits afin de bien cerner les interactions temporelles.
Quant au sujet lui-même, cette calotte de glace découverte sur une planète lointaine qui pourrait faire office de miroir et donc de télescope tourné vers une Terre ancestrale... je ne suis pas assez calée en science pour admettre ou non la crédibilité de l'expérience tentée ici. Sans doute, la manière technique d'aborder cette aventure à priori farfelue, la rend-elle plus acceptable. Mais on regrettera quelques schémas, même très simples, qui auraient pu fournir une meilleure visualisation des procédés imaginés par Jean-Michel Calvez.
En tout cas, on notera à nouveau la force créatrice de l'auteur lorsqu'il s'agit de décrire des civilisations inconnues. Tout comme les « lutins » dans STYx qui étaient fortement entourés de mythologie, on découvre ici une autre forme d'existence, liée à la lumière et à sa transcendance. Shamans et « plongeurs » aux diverses particularités nommées « lutéales », « tectales » ou mentales, sont à nouveau emprunts d'essence mythologique que l'on regrette encore de ne pas voir plus développée. Car la force de Calvez est aussi sa faiblesse. Il est capable de nous entraîner dans des univers fascinants mais de nous en extraire aussi vite laissant un arrière goût de frustration, d'inachevé. Pas dans l'œuvre et sa finalité en tant que telles mais dans ces univers qu'il nous dévoile si bien qu'on voudrait en savoir plus... dans de prochains récits, nouvelles ou romans... peut-être.
Ce qui est certain, c'est qu'avec Le miroir du temps, Jean-Michel Calvez nous confirme son talent de conteur et d'écrivain allongeant la liste des auteurs français enrichissant un genre encore trop souvent méprisé et qui, pourtant, avec un tel auteur, ouvre des portes vers la poésie, l'ailleurs et la réflexion - autant sur les découvertes et applications technologiques que sur l'inconnu.

Jean-Michel Calvez Le miroir du temps (@telier de Presse)

Mots-clés : autre civilisation, hard-science, invention, lumière, temps

Par Soleil Vert - Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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