Le jeudi matin
Depuis début janvier, la librairie est désormais ouverte le jeudi matin de 10h à 12h30.
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Quatrième
de couverture : Une habitation isolée dans le Montana, par un beau matin d'été... Un hurlement déchire l'air immobile alors qu'une forme animale s'enfuit, sans un bruit, laissant le corps
mort du jeune Phil Bardgett, un grand trou rouge à la place du visage. Michael Dupuis s'interroge. Les cougars sont nombreux dans la région, et les espaces sauvages, condition de leur survie,
disparaissent comme jadis les terres de ses ancêtres indiens... Mais qu'est-ce qui a pu pousser l'un de ces fauves à venir choisir sa proie jusque dans la cour d'une maison ? Très vite les
événements se précipitent : ce drame conforte son amie Julie Bouchard, une écologiste française, dans son projet de créer des corridors pour éviter les interactions entre le prédateur et les
humains... Mais elle frôlera bientôt elle-même la pire des morts. Il est vrai que cette initiative contrarie les plans d'un puissant promoteur immobilier...
Florian Rochat est aussi journaliste, et cela se sent dans son récit, à la
manière dont il relate certains événements de l'histoire. Ce livre semble décrire de façon tout à fait objective les difficultés et les problèmes que pose la nécessaire cohabitation de l'homme et
de la nature.
Le couguar, encore appelé puma, surnommé aussi le lion des montagnes, cet animal magnifique et attachant (surtout quand on adore les chats ... !) n'a d'autre prédateur que l'homme dans ces décors
somptueux du Nord-ouest des Etats-Unis. Il a besoin de grands espaces pour évoluer, chasser, s'épanouir. Le problème, c'est que même dans le Montana, la civilisation avance, et les grands espaces
se rétrécissent au fur et à mesure que les propriétés se démembrent et s'entourent de clôtures, qui sont autant de barrages sur son passage. Dès lors, quelques accidents sont inévitables, car le
couguar est, et restera un félin. Dès les premières pages, l'histoire nous enveloppe, et les somptueux paysages montagneux font rêver de séjours au grand air.
Les enjeux de l'intrigue sont clairement et tout de suite énoncés. D'un côté les amoureux de la nature, soucieux de préserver la vie de ces magnifiques animaux, de l'autre, des promoteurs pour
qui la fin (le profit, bien sûr) justifie les moyens (pour ça, il faut lire le livre ...) Au milieu, les habitants de la région de Missoula (capitale du Montana) qui s'interrogent sur leur avenir
et qui veulent continuer à vivre en harmonie, et en sécurité.
Ce roman offre un grand panorama, et laisse en tête de vastes espaces de réflexion, des idées d'aventures et des images très esthétiques, des envies d'ailleurs, mais aussi une
préoccupation : comment faire prendre conscience aux humains que toute vie est précieuse et qu'il faut absolument sauver ces espèces menacées.
Pour en savoir plus, vous pouvez visiter le site de Florian Rochat, vous y verrez de magnifiques images : http://www.cougarcorridor.com/
Florian Rochat Cougar Corridor (Le passage)
Mots-clés : couguar, espèces menacées, félin, Montana, polar écologique
Quatrième de couverture : Le docteur Montague, intéressé par les phénomènes parapsychologiques, décide de passer un été dans une maison réputée hantée, avec le futur héritier de la
maison, et deux femmes qu'il a choisies pour leurs antécédents en paranormal. Ils se rendent vite compte que les sombres rumeurs sont justes : la maison abrite quelque chose (quelqu'un ?) qui ne
veut pas se taire...
Ce livre de Shirley Jackson est un grand classique de la littérature
fantastique et de l'horreur. Rassurez-vous, vous ne frissonnerez pas à chaque page, mais le roman est intéressant car il comporte tous les ingrédients du genre. Les voix de Hill House ont besoin
de s'exprimer. Pour cela, quelle meilleure occasion que la réunion de scientifiques et de mediums en son sein ? On comprend très vite que l'expérience du docteur Montague
peut à chaque instant virer au cauchemar. On y retrouve l'observation très intéressante de l'être humain confronté à ce qui le dépasse, à l'incompréhensible. L'étude des caractères
présents dans cette maison est au moins aussi intéressante que l'analyse des événements étranges qui s'y produisent. Ce roman célèbre a été plusieurs fois adapté au cinéma, notamment dans un
fabuleux film de Robert Wise en 1963, sous le titre "La maison du diable", mémorable et tout à fait terrifiant. Pour ce qui est du roman, dans la même veine, on peut
conseiller aussi l'excellent « la maison des damnés » de Richard Matheson.
Shirley Jackson : Maison hantée (The
haunting of Hill House) (Pocket/Le Masque)
Mots-clés : esprits frappeurs, fantômes, maison hantée, medium
Quatrième du couverture
Lors des premiers instants d'un conflit nucléaire généralisé, une bombe supratomique explose au-dessus de la petite cité de Middletown. Mais au lieu de réduire la ville en cendres, la
déflagration l'efface de la surface du globe pour Ia transporter ailleurs ou plutôt en d'autres temps. Ses habitants doivent en effet se rendre à l'évidence : Middletown est devenue une oasis du
XXe siècle sur une Terre mourante et désolée, à des millions d'années dans le futur. Très vite, ils découvrent, au-delà des montagnes, urne étrange cité abandonnée, construite sous un dôme et
remplie de merveilles technologiques susceptibles d'assurer leur survie dans ce contexte extraordinaire. Jusqu'au jour, où, ils reçoivent une communication venue de l'espace...
Brassant avec brio les thèmes majeurs de la science-fiction de l'âge d'or dans un contexte marqué par la peur de l'atome, La Ville sous globe est sans doute, par sa profonde
humanité le roman le plus subtil d'Hamilton, comparable au magnifique La Cité et les Astres d'Arthur C. Clarke.
Edmond Hamilton (1904-1977) est considéré, avec E.E. « Doc » Smith, comme le père du space opera. Après des études de physique à l'université de
Pennsylvanie, il imagine à la fin, des années trente le Captain Future, dont les aventures spatiales seront adaptées en manga sous le titre Capitaine Flam.
Hamilton est également l'auteur de deux cycles essentiels du genre, Les Rois des étoiles et Les loups des étoiles. Il fut l'époux de Leigh
Brackett qui rédigea le scénario de l'Empire contre-attaque.
La collection "Poussières d'étoiles" des éditions Terre de Brume, nous gratifie à nouveau
d'une réédition d'un classique de la SF des années 50. Après Asimov, Heinlein et d'autres, c'est Edmond Hamilton qui est remis à l'honneur avec
ce roman qui aborde les thèmes du monde post-apocalyptique et du voyage dans le temps.
Une histoire qui met en avant différents aspects de la psychologie humaine : d'abord la réaction de la population quasi passive au début du récit puisque son quotidien n'est
en rien bouleversé. La ville de Middletown comptant 50 000 âmes, elle est parfaitement autonome avec ses commerces, ses industries, ses résidences etc. Une fois avertie et consciente des
évènements, survient l'inquiétude liée au confort perdu plus qu'à la peur de l'inconnu. Il est intéressant de voir que, dans des situations les plus extrêmes de danger, des personnes sont prêtes
à mourir pour rester chez elles, dans leur habitat. La peur de la perte et de l'abandon est plus grande que tout.
La rencontre avec différentes espèces, leur descendance humaine ou des extraterrestres venus de différentes planètes, les laissent perplexes mais sans plus. Sans doute y a-t-il un peu de naïveté
dans la tournure que prend le roman dès lors que les enjeux sont plus grands. On peut regretter qu'Hamilton n'approfondisse pas plus certains passages, certaines attitudes ou
réflexions. Néanmoins, il traduit parfaitement la psychologie des habitants de Middletown devant s'exiler dans cette ville sous globe désertée depuis longtemps mais salvatrice pour eux
grâce à la technologie futuriste dont elle est pourvue. Quant à leur confrontation avec les hommes de demain qui se jugent bien plus évolués et donc en mesure de régenter toutes
espèces reconnues comme primitives, c'est une intéressante mise en avant des craintes d'abord, de l'échange des connaissances ensuite puis de la lutte pour garder son identité, ses racines en
évitant l'assimilation systématique.
Enfin, l'énergie atomique qu'Hamilton met en avant tout au long de son récit pose la problématique du rôle de la science. Catastrophique en temps de guerre,
elle amène l'énergie indispensable à la survie de l'humanité. Toute invention n'est néfaste qui si on le veut bien.
Ainsi donc La ville sous globe nous entraîne dans une aventure humaine fortement marquée par la psychologie et les enjeux scientifiques. Des réflexions universelles et intemporelles qui
donnent à ce roman sa force, même si la naïveté de certains propos font aujourd'hui sourire.
A noter : il ne serait pas impossible que Kasuo Umezu se soit inspiré de ce roman pour son excellent manga
L'école emportée dont l'amorce de l'histoire est quasi similaire : une explosion dévastatrice dans une école projette cette dernière dans un monde hostile et désertique, une
Terre "future" dont les descendants sont guère attrayants.
Edmond Hamilton La ville sous globe (City at world's end) (Terre de brume)
Mots-clés : autres espèces, descendance, énergie atomique, survie, technologie, Vega, voyage dans le temps
Quatrième de couverture
En 2050, la planète Terre vit sous perfusion et les milices privées tiennent le haut du pavé. Un policier, dont le groupe vient de se faire exterminer par des humanoïdes autonomes, se voit
confier la tâche de capturer leur chef, une Sham 69, aussi belle que vénéneuse. Cependant, le flic et l'humanoïde, victimes d'une terrible machination, vont s'apprivoiser et faire corps contre
l'ennemi commun. Mais le fruit de leur alliance contre nature attise bientôt les convoitises d'un trust, leader dans la fabrication des androïdes nouvelle génération... Un flic solitaire,
amoureux d'un robot déglingué en lutte contre un pouvoir corrompu en pleine décomposition : Spirit 59 donne une vision du futur dans tous ses états.
Né en 1959 à Paris, Serguei Dounovetz publie depuis une quinzaine d'années des romans et des nouvelles à la noirceur sans concession, entre fantastique et western urbain. Ses
personnages réfractaires et inadaptés évoluent avec sensibilité et humour dans un monde proche de la rupture. Il est notamment l'auteur de Moviola (Le Dilettante, 1994] et Odyssée
Odessa (Fleuve Noir, 1999).
Serguei Dounovetz est surtout connu dans le monde du polar noir mais de
temps en temps, il s'essaye à d'autres genres. Cette novella (longue nouvelle ou court roman, comme vous voulez) se situe donc dans un univers de science-fiction très classique, bourré de clichés
cinématographiques mais pas désagréable à lire.
On pensera sans aucun doute à Blade Runner (adapté au cinéma par Ridley Scott) et la référence à son écrivain, Philip K. Dick, est clairement
confirmé avec le prénom du héros : Dick Roy ; à L'homme bicentenaire (adapté par Chris Colombus) et autres Robots d'Isaac
Asimov où les androïdes les plus évolués sont ceux qui révèlent un défaut de fabrication. Et puis il y a ce flic solitaire errant sur sa moto sur des routes dévastées tel
le cow-boy parcourant la Vallée de la Mort sur son fidèle destrier. Inutile d'aller plus loin, chacun y retrouvera des images connues. Mises bout à bout, elles donnent une idée des influences de
Dounevetz qui semble s'être fait plaisir à les remonter pour en faire son propre scénario. Et finalement on se laisse prendre parce que clichés ou pas, ça colle bien avec notre
génération. Reste que cela se passe en 2050 et que certaines références seront sûrement déjà bien ringardes à ce moment là, à moins qu'elles ne soient finalement universelles.
Et puis il ne faut peut-être pas tout prendre au premier degré. Ces flics "qui en ont dans le falz" sont de pures caricatures de héros musclés, à priori sans coeur. De même qu'une unité
spéciale de sécurité s'appelant la SARKO "en référence à un ancien ministre de l'intérieur", ça fait sourire.
En tout cas, en reprenant comme idée de base le flic amoureux d'une androïde, Dounovetz apporte aussi quelques éléments de réflexions comme la procréation et la reproduction
de la machine par exemple. L'environnement, lui, n'a plus rien d'étonnant : pollué, surpeuplé, la Terre se meurt et les villes s'enterrent. Reste que cela se passe à "Palavas-la-Vase", où en ces
temps futurs, il serait suicidaire de mettre les pieds dans la mer(de).
Cette novella reste donc une curiosité sympathique, sans grande prétention mais qui se lit pour le
plaisir, peut-être sur une plage et pourquoi celle de Palavas-les-Flots, pour le fun.
Serguei Dounovetz Spirit 59
(Editions du Rocher)
Mots-clés : androïde, dystopie, environnement, polar SF, polar méditerranéen, procréation,
surpopulation
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