Robert Merle - La mort est mon métier (1950-1952)

Publié le par Soleil Vert - Herveline

Robert Merle - La mort est mon métier (1950-1952)

Quatrième de couverture
"Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s'éclaira...
- Le Führer, dit-il d'une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta:
- Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
- Vous avez l'air effaré. Pourtant, l'idée d'en finir avec les Juifs n'est pas neuve.
- Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu'on ait choisi..."

Ce roman est un mélange de fiction et de biographie avérée de la vie de Rüdolf Höß, commandant du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz. Robert Merle s'est basé pour son récit sur les témoignages du nazi, recueillis lors du procès de Nuremberg par le psychologue Gustave Gilbert. Le destin de ce terrible personnage, à qui Merle donnera le pseudo de Rudolf Lang, fait froid dans le dos. Sa personnalité en fait une recrue idéale pour le régime nazi. Dès son plus jeune âge, il est soumis à une vie rigide, faite de règles et de devoirs. Il développe ainsi  un sens absolu de l'exécution, du devoir, de l'ordre. Non qu'il soit méchant ou pervers, Lang/Höß ne conçoit juste pas d'aller contre un ordre établi. Son sens de la hiérarchie, de la tâche bien accomplie régissent sa vie et font de lui le candidat idéal pour amener le régime nazi à peaufiner sa "solution finale" à l'encontre des juifs. Et c'est avec cette froideur, cette distance, qu'il transformera Auschwitz en une usine à tuer terrifiante, analysant, optimisant, tous les rouages d'une logistique morbide soutenue par son mentor Himmler. Lorsque ce dernier se suicidera, Lang/Höß se sentira trahi, persuadé d'avoir agi consciencieusement, en bon exécutant, et que seule sa hiérarchie aurait des comptes à rendre. Il fut pendu après son procès sur l'échafaud d'Auschwitz.
[Extrait de la préface] "Il y a eu sous le Nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs "mérites" portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux."

Robert Merle
La mort est mon métier (Folio)

Mots-clés : 2de Guerre mondiale, biographie, camps, historique, nazis, Pologne

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