Lauren Beukes - Zoo City (2010)

Publié le par Soleil Vert - Herveline

Lauren Beukes - Zoo City ( Zoo City, 2010)

Lauren Beukes - Zoo City ( Zoo City, 2010)

Quatrième de couverture
Ancienne journaliste et ex-junkie, Zinzi habite Zoo City, un quartier de Johannesburg peuplé de criminels obligés de vivre avec un animal à leur charge. Si l'animal meurt, son propriétaire aussi. "Animalée" après la mort de son frère, dont elle se sent responsable, Zinzi est affublée d'un paresseux symbiotique qui a élu domicile sur son dos. Elle survit grâce à des arnaques sur Internet et à son talent pour retrouver les objets perdus, mais également les personnes disparues, une activité fort lucrative qu'elle déteste pourtant.
Lorsqu'un producteur célèbre lui demande de rechercher une pop star dont on est sans nouvelles, Zinzi, à court d'argent, accepte à contrecoeur. Elle espère cependant tenir là son billet de sortie de Zoo City. Au lieu de cela, elle s'enfonce plus encore dans les bas-fonds du ghetto…


Zoo City fait émerger une nouvelle voix féminine, Lauren Reukes, dans le monde des littératures de l'imaginaire. Ce roman paru en 2010 s'est vu attribué le Prix Arthur C. Clarke la même année.
Ce roman tient plus du fantastique, voire de la fantasy urbaine que de la science-fiction. Hormis un zest de cyberpunk et l'évocation uchronique d'un point de divergence en 1979, année où serait apparu le premier animal symbiotique, il s'agit plus d'un polar fantastique. Polar car, il a pour sujet de fond une enquête menée par une jeune femme, fantastique parce qu'à la fois le don qu'elle possède et l'apparition des animaux n'ont aucune explication scientifique  (
quelques idées sont évoquées mais rien de bien avéré) et parce que la magie y tient une place importante.
Dans ce monde contemporain, les meurtriers se voient donc affublés d'un animal dont ils doivent prendre soin pour leur propre survie. Enfin c'est ce que nous dit la quatrième de couverture. Personnellement à la lecture, j'ai surtout noté que c'était les animaux qui subissaient certains désagréments si par exemple leur "zoo" (surnom donné aux humains "animalés") est alcoolique ou, si ce dernier meurt, la survie de l'animal est quasi nulle, soit qu'il meurt d'inanition, soit qu'il se trouve tué par des trafiquants. A Johannesburg, les zoos libérés après leurs peines de prison purgées, se regroupent le plus souvent dans le quartier de Zoo City véritable ghetto d'arnaqueurs, tueurs, trafiquants en tout genre. Beaucoup d'entre eux, après avoir reçu leur animal développent des dons particuliers. Zinzi, notre héroïne peut ainsi retrouver des objets perdus en suivant des "fils" télépathiques qui les relient à leurs propriétaires. Mais quand les besoins d'argents deviennent trop importants, elle finit par accepter de rechercher une jeune ado disparue, star de la chanson. L'enquête la mène aux quatre coins de Jobourg (contraction de Johannesburg) des bas-fonds aux quartiers résidentiels ultra-sécurisés faisant ainsi de la ville une héroïne à part entière.
Laura Beukes signe ici un roman particulièrement original. Même si le sujet n'est pas sans rappeler un petit chef-d'oeuvre français : Les lutteurs immobiles de Serge Brussolo (1983, épuisé) où les prisons du futurs pourraient être de vrais villages de villégiature à condition de bien entretenir l'objet rattaché à chaque prisonnier. Original néanmoins car, il mêle un univers ultra contemporain à un monde fait de magie noire qui nous rappelle à quel point l'Afrique du Sud, toute ancienne colonie fut-elle, a hérité d'un multiculturalisme africain. Cette sorcellerie omniprésente affiliée à une oeuvre extrêmement dynamique, où l'on se perd quand même un peu parfois, font de ce roman, un titre effectivement hors du commun. Une auteure à suivre.


Lauren Beukes
Zoo City (Zoo City, 2010)
(Presse de la Cité)

9782258102637

Mots-clés : Afrique du Sud, animaux, détectives amateurs, don, magie/sorcellerie, polar fantastique, uchronie

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