Daryl Gregory - L'éducation de Stony Mayhall (2011)

Publié le par Herveline

Daryl Gregory - L'éducation de Stony Mayhall (Raising Stony Mayhall, 2011)

Daryl Gregory - L'éducation de Stony Mayhall (Raising Stony Mayhall, 2011)

Quatrième de couverture
Stony a trois soeurs : Alice, Chelsea, Junie. Et sa mère Wanda, qui l'aime plus que tout. Sans oublier Kwang, son copain de toujours, persuadé que Stony possède un superpouvoir. Parce que Stony est insensible aux flèches que son ami lui plante dans le ventre histoire de rigoler... Il faut dire que Stony ne respire pas. Ne mange pas vraiment. Ne dort jamais. Et pourtant il grandit. Stony ignore ce qu'il est.
Il n'a pas pris la mesure de son réel pouvoir. Ça viendra. Reste une interrogation : y en a-t-il d'autres comme lui ? La réponse à cette question emportera tout dans son sillage...


Encore une histoire de zombies ? Oui. Mais quelle histoire ! Daryl Gregory n'aborde pas le sujet comme il est courant de le faire depuis quelques années. Loin des romans catastrophes mâtinés de survivalisme, L'éducation de Stony Mayhall démarre (et se poursuit) comme une uchronie dont l'année de divergence serait 1968, date à laquelle une mystérieuse épidémie transforme les humains en MV ("mort-vivant"). Vite endiguée, elle laisse derrière elle néanmoins quelques individus isolés. L'histoire démarre lorsqu'une jeune mère et ses trois filles découvrent sur le bord de la route une femme morte (vraiment, celle-ci) sous le corps de laquelle gît un bébé. Ce bébé n'a pas de pouls, ne respire pas, est blême comme la mort et pourtant... il ouvre les yeux. Ce bébé s’appellera Stony, il grandira caché à l'abri du monde extérieur dans sa famille d'adoption : les Mayhall. Les années vont passer, Stony grandit, s'intéresse à tout, s'instruit. Car dans l'histoire de Daryl Gregory, le virus n'atteint pas toutes les personnes de la même façon. Loin d'être tous des loques désarticulées et décérébrées, les MV de cette réalité possible, ont gardé leur sensibilité, ils parlent, mangent sans conviction (mais ils peuvent le faire) et ne pourrissent pas. Au pire, ils s'usent, s'abîment et se rafistolent comme ils peuvent mais se sont finalement toujours des êtres vivants (mais morts).
On assiste ainsi, alors que les années passent, sur fond d'avènement d'internet, et d'arrivée des portables, des évènements du 11 septembre, de la guerre en Afghanistan, une Histoire parallèle qui s'écrit, celle des MV, qui veulent faire valoir leurs droits. Et au sein même de leur communauté clandestine, les ambitions et les moyens ne sont pas les mêmes.
L'éducation de Stony Mayhall à tout d'une métaphore à la fois de la discrimination, du totalitarisme, de la peur de l'autre. C'est aussi un hymne à la résistance, à la volonté. Certes l'histoire n'est pas drôle, mais elle ne manque pas de situations cocasses et de clins d'oeil zombi-philes savoureux. Et surtout, elle est d'une grande humanité et n'est pas sans rappeler certains textes de Robert Heinlein (je pense notamment aux Enfants de Mathusalem). C'est en tout cas un grand roman d'aventure !

On peux rapprocher ce roman de la série télévisée britannique Into the Flesh, qui traite aussi
de la psychologie et de la ré-intégration de zombies ayant retrouvé leurs capacités cérébrales et qui subissent le racisme des humains.

Daryl Gregory
L'éducation de Stony Mayhall (Raising Stony Mayhall, 2011)
(Le Bélial)

9782843441288

Mots-clés : aventure, uchronie, zombies

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