Thomas H. Cook - Le crime de Julian Wells (2012)

Publié le par Herveline

Thomas H. Cook - Le crime de Julian Wells (The crime of Julian Wells, 2012)

Thomas H. Cook - Le crime de Julian Wells (The crime of Julian Wells, 2012)

Quatrième de couverture
Quand le corps de Julian Wells est retrouvé dans une barque à la dérive sur l'étang de Montauk, dans les Hamptons, tous s'interrogent : il s'agit manifestement d'un suicide, et pourtant, pourquoi le célèbre auteur de romans true crime, adulé et en pleine réussite, aurait-il mis fin à ses jours ? Bouleversé, Philip Anders, ami de toujours et exécuteur testamentaire du défunt, entreprend de fouiller dans son passé, un voyage qui couvre quatre décennies et traverse trois continents, soulevant bien des doutes.
Souvenirs de leurs vacances en Argentine et de la disparition de la jolie interprète Marisol, évocation des longues conversations de Julian avec le père espion de Philip, découverte de photos à Paris... Le suicide de Julian Wells est-il son premier et unique crime ? Bientôt, l'ami bien intentionné est confronté à la part d'ombre de celui qu'il admirait tant.
Plus que jamais manipulateur, Thomas H. Cook met en cause la loyauté en amitié, ainsi que dans les relations père-fils, dans un climat de mensonges et d'ambiguïtés digne de Graham Greene.

Ce qui distingue Thomas H. Cook de ses homologues polardeux, c'est sans aucun doute sa capacité à se renouveler sans cesse. N'ayant aucun héros récurrent malgré sa vingtaine de titres, il nous fait surtout voyager d'une époque ou d'un état américain à l'autre. Tantôt, pur polar (Du sang sur l'Autel), tantôt tragédie romanesque (Au lieu-dit Noir-Etang), il aime la variation des thèmes. Un point commun malgré tout : le destin.
Et celui de l'écrivain Julian Wells n'est pas a envier. Suicidé dans une barque jaune à la dérive sur un lac des Hamptons, voici l'image romantique, presque bucolique sur laquelle s'ouvre son nouveau roman.Cet acte tragique, c'est le meilleur ami de Julian et sa propre soeur qui vont tenter de l'élucider. Ce qui va les mener bien loin des Etats-Unis, sur la piste des romans de Julian Wells, celui qui semblait fasciné par les grands meurtriers de l'Histoire.
Et de l'Argentine, en Espagne, en passant par Paris et la Hongrie, ils vont de surprise en surprise. Un jeu de piste qui flirte avec les romans d'espionnage de Robert Ludlum, l'action en moins, et la narration intimiste en plus. Une narration du reste très dynamique basée sur des ellypses et les souvenirs des deux enquêteurs en herbe.
Comparer Le crime de Julian Wells a un roman d'espionnage n'est pas anodin car d'une certaine façon Thomas H. Cook réinvente ce genre très prisé dans les années 70. Mais il lui donne une dimension psychologique plus intense. De même, son roman est une source de références littéraires et cinématographiques et de faits d'histoire qu'il sera libre à chacun d'approfondir. Bien que l'Argentine, ses dictatures et les tortures qui en ont découlé (inspirée des exactions françaises durant la guerre d'Algérie) soit au coeur de cette histoire, on y croise autant les méfaits d'Amin Dada, des tortionnaires des camps de concentration, de Landru, que les fantasmes meurtriers de la comtesse hongroise Erzsébet Báthory.
Un roman touchant, humain, original dans sa motivation à dénoncer les faux-semblants, les horreurs perpétrées par goût du pouvoir et les manipulations en tout genre.

Thomas H. Cook
Le crime de Julian Wells (The crime of Julian Wells)
Seuil Policiers
9782021087062

Mots-clés : Argentine, crimes, dictatures, Espagne, espionnage, Histoire, Hongrie, Paris, tortures, tueurs en série

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