Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 16:36
L'écho des morts - Theorin - 9782226195791 Quatrième de couverture
Après L’Heure trouble, salué par la critique internationale, L’Écho des morts explore à nouveau l’atmosphère étrange de l’île d’Oland, où les Westin, une famille de Stockholm, ont décidé de s’installer définitivement. Quelques jours après leur arrivée au cœur de l’hiver, Katrine Westin est retrouvée noyée et son mari sombre dans la dépression. Alors que d’inquiétantes légendes autour de leur vieille demeure refont surface, la jeune policière chargée de l’enquête est vite convaincue qu’il ne s’agit pas d’un accident…
Porté par l’écriture très personnelle de Theorin, un suspense où passé et présent s’entrecroisent dans un climat troublant, aux limites du fantastique.
"Encore meilleur que L’Heure trouble." The Guardian
"Theorin est un écrivain des climats et des ambiances, des tout petits riens dont la lente et modeste accumulation font des grands tout." Marianne

Gifsv25.gif Vous avez déjà lu les trois Millenium, tous les Mankell, Indridasson et autres Sjöwall & Wahlöö ? Vous hésitez à vous lancer dans les pavés de Nesbo ou d'Edwardson ? Mais du nordique vous en redemandez ? Ou bien, vous n'avez rien lu de tout ça mais une petite initiation via une porte dérobée, celle qui laisse passer des auteurs encore peu connus, vous tenterai bien ? Alors L'Echo des morts est pour vous. Ajoutons aussi que si vous êtes moins polar que fantastique, ce livre pourrait être aussi une belle passerelle de genre.
Alors qu'avons nous : une île, deux phares, le froid, une famille dans une maison isolée, des cambrioleurs, une femme flic et la tempête qui menace. Et une noyade qui fera le lien entre tout et tous. Cela peut paraître un peu réchauffé. Mais pourtant on est vite saisi par les évènements qui s'enchaînent, l'atmosphère constamment empli de manifestations étranges, des bruits, des fantômes. Ah oui, sachez aussi qu'il ne faut jamais construire une maison avec le bois de bateaux échoués.
Si l'on devait trouver un petit bémol ce serait sans doute quelques passages du quotidien hyper réalistes, justes, certes, jusque dans les dialogues mais qui se survolent vite pour apprécier au mieux le reste de l'intrigue. Ce n'est pas pour autant un livre qui se lit vite, le croisement des destins étant à suivre au plus près, mais on le dévore jusqu'au bout, car ce n'est qu'à la dernière page que le dénouement arrive vraiment.
Un très bon polar d'ambiance qui a obtenu le Prix du Meilleur polar suédois !

Commander/Créer une alerte   Johan Theorin L'Echo des morts (Nattfak) (Albin Michel) 20€ prix neuf

Mots-clés : fantastique, flic au féminin, froid, légendes, Suède

Notre avis : 4/5
Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 17:40

roseanna.jpg Quatrième de couverture Le cadavre dénudé d'une jeune inconnue est retrouvé dans un canal proche de la petite ville de Motala, la victime semble avoir été violée. Martin Beck, de la criminelle de Stockholm, est envoyé en renfort auprès de l'équipe locale chargée de l'enquête. Longtemps, les investigations piétinent, mais si Beck est un bon flic, c'est parce qu'il possède " les trois qualités les plus importantes indispensables à un policier : il est têtu, il est logique et il est d'un calme absolu ". Sans oublier qu'il est patient, incroyablement patient... Maj Sjöwall et Per wahlöö, ont écrit, entre 1965 et 1975, une série de dix romans mettant en scène l'enquêteur Martin Beck et son équipe. Cette œuvre, influencée par Ed Mcbain, et qui a marqué de son empreinte la littérature policière occidentale, est republiée dans des traductions entièrement revues à partir de l'original suédois.

Gifsv25.gif Roseanna est la première des dix enquêtes de l’inspecteur Beck et l’on n’a pas de mal à croire qu’il ait inspiré toute une génération d’auteurs Suédois, voire Scandinaves, tellement en vogue actuellement. D’ailleurs, c’est Hening Mankell lui-même qui nous présente le roman dans sa préface. Ce roman est à découvrir absolument car il fut à bien des égards fondateur dans le roman policier. Il  marque un tournant dans la forme de ce type de récits. Les personnages y sont tout aussi importants que l’affaire elle-même, et l’impression qui se dégage est celle d’entrer pratiquement dans l’intimité des enquêteurs, au sein du commissariat, puis plus particulièrement dans la vie de Martin Beck, un héros qui n’en est pas un, ou alors par son entêtement à démaquer le coupable, puis à le coincer. Le mécanisme de l’enquête dans laquelle les auteurs sont crédibles en tous points, la morne vie familiale de Martin Beck (on se demande ce qu’il ressent pour son épouse… Agacement ? Mépris ? Indifférence ?... Ou bien est-ce l’enquête qui accapare tout son esprit ? Tous ces ingrédients font que la magie opère dès les premières lignes, le lecteur est pris au piège dans une logique implacable, tout comme l’assassin, d’ailleurs, et il est impossible de lâcher le roman en cours de route !

Commander/Créer une alerte   Maj Sjöwall et Per Wahlöö  Roseanna (Roseanna) (Rivages Noir)

Mots-clés : enquête, Martin Beck, polar Suédois

Notre avis : 5/5

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 17:24

anneaumoebius Quatrième de couverture :

Pour sa première enquête, Victor Marchal aborde son métier de flic par sa face la plus noire : une ex-star du porno torturée, une mise en scène macabre, et une plongée dans le monde interlope des déviants sexuels et des monstres de la nature. Depuis toujours, Stéphane Kismet est, quant à lui, hanté par des images prémonitoires mais cette fois elles obéissent à une indéchiffrable et terrifiante logique. Dans ses rêves, Stéphane possède une arme, il est recherché par la police, une petite fille est morte… Les trajectoires de Victor et Stéphane vont se rejoindre. C'était écrit. L'un n'a encore rien vu, l'autre ignore qu'il sait déjà tout…

Gifsv25.gif Jouer avec le temps, le remonter, l’anticiper, et en changer le cours pour sauver des vies. Voici l’enjeu de ce roman qui  installe définitivement Franck Thilliez dans le gotha des  auteurs du genre en France. Il a réussi avec l’anneau de  Moebius un double tour de force : celui de ne pas se prendre au  piège du paradoxe temporel, tout en n’égarant pas  non plus le lecteur au sein d’une passionnante intrigue. Il faut dire que Franck, passionné de cinéma, de thrillers aussi bien que de films d’horreur, ne recule devant rient pour nous procurer des émotions. Mais les pires  spectacles dépeints, les  pire pratiques racontées, les perversions du plus profond de l’âme humaine  (et on les touche du doigt dans l’anneau de  Moebius) ne sont jamais décrites de façon gratuite, tous les éléments servent l’intrigue et le récit. En lisant l’anneau de Moebius, vous ne saurez qu’à  la fin  la destination finale, mais vous serez hantés longtemps par la psychologie complexe de ces gens, fascinés par les anomalies  de la nature, par les difformités humaines, et vous vous souviendrez de ce  fameux musée Dupuytren, consacré aux pathologies anatomiques… D’ailleurs pour vous convaincre définitivement  qu’avec l’anneau de Moebius, les frissons sont garantis, faites une recherche d’images sur internet en entrant simplement « musée Dupuytren ». Mais attention aux cauchemars !..

Commander/Créer une alerte   Franck Thilliez L'anneau de Moebius (Pocket)

Mots-clés : anomalies, Dupuytren, perversion, rêves prémonitoires, tueur en série

Notre avis : 4,5/5

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /2010 17:06

abattoirV

Quatrième de couverture : Abattoir 5 retrace l’histoire de Billy Pélerin (double quasi autobiographique de Kurt Vonnegut), né à Ilium en 1922, fils unique du coiffeur de la petite ville. Appelé sous les drapeaux pendant la seconde guerre mondiale (comme assistant d’aumonier militaire...), il est capturé par les allemands et fait prisonnier dans un camp à Dresde. Démobilisé en 1945, il devient opticien, passe une petite dépression nerveuse dans un hôpital militaire, puis se marie, a bientôt deux enfants et fait fortune. De retour d’un congrès d’opticiens il est victime d’un accident d’avion, tous les passagers périssent sauf lui. Pendant qu’il est à la clinique, sa femme meurt. Il ne reprend pas son activité en sortant de l’hôpital mais va tout droit à New York. Là, il participe à une émission de radio où il révèle avoir été enlevé par une soucoupe volante en 1967 et amené de force sur la planète Tralfamadore. Objet de spectacle, montré nu dans un zoo, les trafalmadoriens le feront s’accoupler avec une terrienne, ancienne actrice de cinéma, elle-même kidnapée, avant de le relâcher. De retour sur terre, il comprend que les années qu’il a passé sur Trafalmadore n’ont été chez lui que quelques secondes. Bien sûr, Billy ayant atteint l’âge de quatre-vingt six ans, tout le monde est persuadé qu’il a définitivement perdu le sens des réalités et que la sénilité avance à grands pas. Mais Billy insiste pour remonter dans le passé et raconter son histoire, notamment sa vie de soldat et, ce faisant, il ne va plus cesser alors d’effectuer des sauts dans le temps, évoluant et vieillissant, ou régressant vers son enfance.

Ce sont ces différents épisodes, et principalement celui de la seconde guerre, de l’emprisonnement et du bombardement de Dresde qui font la trame quelque peu décousue, ironique et pleine d’humour de ce roman étonnant où les saynètes se multiplient et s’enchevêtrent. Dans ce livre, Kurt Vonnegut utilise les méthodes de la Science-fiction pour permettre les continuels flash-back du personnage, mais aussi pour ouvrir une faille, une sorte de décalage narratif dans le récit principal, sous-titrés « La croisade des enfants », et qui est peut-être avant tout une formidable dénonciation des tueries organisées par les hommes, et le plus souvent par des appelés de dix-huit ans à peine... Un des plus étonnants chefs-d’œuvre de la littérature de guerre américaine. Vonnegut emprunte la liberté de mettre en scène des épisodes merveilleux (proches de la Science-fiction) qui viennent contrebalancer l’errance misérable d’un « brave soldat » yankee, que le vent imbécile des tueries modernes ratatine de froid et de peur au fond d’un abattoir de Dresde, sous une pluie de bombes...

Gifsv25.gif Ce roman fut très clairement inspiré par l’horreur de la guerre et l’auteur y prend mille précautions avec le lecteur. Comme pour épargner nos âmes sensibles, il glisse dans le récit, entrecoupés des descriptions les plus horribles, des éléments de science-fiction, d’humour, de réalité banale (quoi de plus banal qu’un congrès d’opticiens ?) et une certaine forme de détachement dans la narration. La mort habite chaque page, et comme pour nous rassurer, Kurt Vonnegut, dans une sorte de refrain, ponctue chaque épisode mortel d’un « c’est la vie ». A côté de cela, il y a les improbables descriptions de la vie sur Tralfamadore, où il côtoie des créatures qui ont fait de lui un objet de recherches, et on ne peut s’empêcher de sourire à l’évocation de sa codétenue, une star nommée « Montana Patachon » ! Les sauts dans le temps sont assez imprévisibles au fil des pages et c’est au moment où l’on sent que quelque chose de monstrueux va se produire en Allemagne, au cœur de la guerre, que notre héros s’échappe soit sur sa planète à l’autre bout de l’univers, soit dans son enfance, ou bien encore dans son magasin d’optique. On sent bien que Kurt Vonnegut, qui se cache à peine derrière son héros du roman, Billy Pelerin, voudrait parler, raconter, mais qu’il retarde le moment douloureux de revivre cet enfer, le bombardement de Dresde, point d’orgue de la guerre pour ces prisonniers de l’abattoir 5. Du coup, il nous ramène en arrière, nous fait prendre des itinéraires bis, mais avec au bout une destination inéluctable et un destin auquel Billy ne peut pas échapper, malgré sa capacité à faire des bonds dans le temps.

Ce livre assez « inclassable » est marquant, aussi bien par son style, que sa structure, et parce qu’il s’appuie sur des événements hélas réels.

Commander/Créer une alerte Kurt Vonnegut Abattoir 5 ou la croisade des  enfants (
Slaughterhouse 5 or The Children's Crusade)  (Points)

Mots-clés : bombardement, Dresde, guerre, voyage dans le temps

Notre avis : 4,5/5

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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