Coups de coeur

Lundi 6 juillet 2009

Otfrid von Hanstein - Jusqu'à la lune en fusée aérienne (1929) Otfrid von Hanstein - Mond-Rak I (1929) Résumé
En l'absence de quatrième de couverture, voici un résumé du début pour vous mettre l'eau à la bouche : Financé par le Roi du Pétrole, Joe Allister, Waldemar Apel construit une fusée qui devrait l'amener avec son pilote le Dr Egbert Helmouth jusqu'à la stratosphère et retomber sur Terre. Mais la veille du lancement, trois reporters trop curieux déclenchent l'allumage. L'un deux arrive à s'enfuir, alors que les deux autres se retrouvent projetés vers l'espace en compagnie d'Helmouth, arrivé in extremis avant le malencontreux décollage.
Alors que l'île artificielle qui portait la fusée est complètement détruite, les survivants pensent que l'engin sidéral  a été tout aussi désintégré. Alors qu'en fait, il a non seulement atteint la stratosphère mais se dirige aussi inexorablement vers la Lune.

Ce roman paru en 1928 en Allemagne, est, comme tous ces vieux livres de SF, un petit bijou. On imagine bien à 12 ans tomber sur un bouquin pareil et vouloir ensuite absolument devenir astronaute. 40 ans plus tard, Apollo XI se posera réellement sur la Lune et encore 40 ans plus tard, nous nous apprêtons à nous réapproprier notre satellite pour en faire une base transitoire pour les futures missions martiennes.
C'est donc rigolo de lire ce bouquin traduit en France en 1948 par Tancrède Vallerey et finement illustré par Maurice Toussaint. S'il est construit comme un roman d'aventures, bourré de rebondissements, d'humour, d'amour et autres ingrédients de la littérature populaire de l'époque, on y trouve aussi beaucoup de renseignements scientifiques. Il y a donc comme pour Destination Mars de Patrick Moore, une volonté de vulgarisation qui rend la lecture à la fois passionnante et pédagogique. Bien sûr, il faut relativiser cette dernière n'ayant pas recherché la véracité des données exposées.

Maurice Toussaint : Jusqu'à la lune en fusée aérienne (1948)
Néanmoins et en plus de tout ceci, l'imaginaire de Hanstein est très riche, bien que clairement influencé par Jules Verne ou Wells, ce dernier qu'il mentionne d'ailleurs, alors qu'un des protagonistes fait le rêve étrange de nains sélénites.
Il évoque d'abord une île artificielle, Nova Atlantis, puis une fusée qui pourrait, en retombant dans l'océan, se métamorphoser en sous-marin pour rejoindre la côte ; des combinaisons à l'aspect de scaphandres protègent les "pseudos" astronautes du froid extérieur - à la fin du roman, il sera même installé une sorte de récepteur dans le casque pour pouvoir parler entre eux  ; une sortie dans le cosmos assez réaliste joue avec les nerfs du lecteur et même durant le périple lunaire qui consiste à rechercher de l'oxygène et de l'hydrogène pour faire redécoller la fusée, l'angoisse du manque d'oxygène, la survie, les accidents, les égarements géographiques et psychologiques nous tiennent en haleine.
Une seule chose semble ne jamais vraiment s'épuiser, ce sont les vivres. A croire, que malgré un vol prévu seulement pour deux personnes et consistant en un simple aller-retour, le risque de perdition des aliments avait été plus qu'anticipé. Nos astronautes se préservent de sauter un repas et celui-ci est toujours bien arrosé.
On sourit aussi des commentaires présomptueux et condescendants d'Helmouth vis à vis de ces compagnons de fortune. Ces derniers sont sans cesse assimilés à des gosses sans cervelle, sans jugement et surtout sans esprit pratique. Bref, l'aide ne pouvant arriver d'eux, c'est de l'extérieur, de la Terre, qu'il faudra espérer quelques miracles. Et bien sûr, nos héros se sortiront toujours in extremis de toutes les situations les plus dangereuses qu'il soit donné à quelqu'un de vivre.
C'est par l'amour que porte la fille du milliardaire Allister à Helmouth qu'arrivera le salut grâce à un sauvetage spatial géré de main de maître par elle et le savant Waldemar Apel.

Otfrid von Hanstein Jusqu'à la Lune en fusée aérienne (Mond-Rak I) (Nathan)  Epuisé

Mots-clés : aventure spatiale, fusée, île, invention, journalistes, Lune, sélénites, survie

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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Vendredi 3 juillet 2009

Quatrième de couverture : Dans une autre vie, François Marchand était psychanalyste. Un des meilleurs. Jusqu'au jour où sa femme fut étranglée par un de ses patients. Depuis, il est devenu flic, spécialisé dans l'étude des profils criminels. Aidé par le lieutenant Julia Drouot, jeune enquêtrice au caractère entier et au passé douloureux, il va être confronté à des meurtres barbares, sans logique apparente, commis aux quatre coins de la France sur des adolescents. Ensemble, les deux enquêteurs se lanceront sur la piste d'un tueur dont la folie et l'ingéniosité semblent n'avoir aucune limite. Pour le cerner, ils n'auront qu'un seul choix : percer les codes déroutants et complexes d'une génération sacrifiée. Ce roman est le 7ème d'Olivier Descosse.

Si le terme « thriller » désigne un roman policier dont l'intrigue et les détours provoquent le frisson chez le lecteur, il est tout à fait adapté dans le cas des Enfants du Néant. Olivier Descosse maitrise parfaitement les techniques de l'intrigue, car il a construit ici un scénario implacable et machiavélique qui risque de provoquer des coups de soleil sur la plage (en clair, vous risquez de ne pas lever la tête, et d'oublier de remettre de la crème) ! Son héros, Stéphane Marchand, qui a perdu son épouse dans d'atroces conditions, est parfaitement rodé, de son côté, aux techniques d'enquête et de profilage psychologique. Pourtant, ces crimes commis en plusieurs endroits du pays vont mettre sa perspicacité à rude épreuve, et la notre, en tant que lecteur, également, car bien malin qui pourra démêler l'écheveau d'indices que distille ici et là Olivier Descosse, et qui saura résoudre l'énigme avant la page 400. Avec ce roman, l'auteur a choisi d'aborder le thème de l'adolescence. Des âmes torturées qui se rejoignent parfois entre elles avec les pires desseins, et qui se fabriquent les destinées les plus noires. Mais comment déceler le malaise pour les parents, avant qu'il ne soit trop tard ? Même s'il manque sans doute quelques ingrédients impalpables qui donneraient encore plus de profondeur aux personnages, Les enfants du néant sont une belle réussite en termes de suspens, de divertissement et de frissons. L'histoire est noire à souhait, les meurtres terribles, et la fin inattendue. Que demander de plus ?

Olivier Descosse Les enfants du néant (Michel Lafon) 19 €

Mots-clés : adolescents, cross-killer, gothique, horreur, psychologie, psychopathe

Par Dom - Publié dans : CRITIQUES : POLICIER THRILLER
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Mardi 30 juin 2009

Bonjour à tous,

Après le succès de nos deux premières dédidaces, nous allons tenter d'instaurer une régularité dans ces rencontres conviviales et culturelles. Pour notre troisième rencontre, qui pourrait devenir mensuelle, nous accueillerons deux auteurs : Gilles Bailly et Cyril Carau déjà bien connus des anthologistes  Ils nous accorderont une interview pour mieux se faire connaître et bien entendu, nous chroniquerons rapidement leurs ouvrages.


JUILLET 2009
 - Samedi 25 juillet à partir de 17h00
Dédicace de Gilles Bailly pour son roman Malbosque (La Clef d'Argent) Premier roman à la frontière de l'étrange et du fantastique.
Dédicace de Cyril Carau pour son roman l'Ange de Marseille (Sombres Rets) Polar marseillais
- Vers le 10 juillet : Sélection lunaire et vitrine pour fêter les 40 ans du premier pas de l'homme sur la Lune.

JUIN 2009
- Samedi 20 juin à partir de 11h30
Dédicace de Pierre Magnan pour son roman historique Chronique d'un château hanté (Denoël) et de l'ensemble de ses romans policiers (Folio policier)
- Samedi 06 juin à partir de 17h30
Dédicace d'Alain Blondelon pour son roman post-apocalyptique Onde de choc (Rivière Blanche).

MAI 2009
- Depuis le 23 mai
Depuis le 23 mai, venez découvrir le nouvel habillage de notre vitrine. Deux panneaux réalisés par
Mandy.

Par Librairie Soleil Vert - Publié dans : EVENEMENTS
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Lundi 29 juin 2009

Paskalo Bajl - Les jardins sélènes (2007) Quatrième de couverture
2027 : Dans l'ultime espoir de venir en aide à une planète en proie à la pollution et la surpopulation, l'homme pose à nouveau le pied sur la Lune. Les hommes et les femmes qui composent cette mission de reconnaissance sont préparés depuis des années à relever ce nouveau défi technologique et humain. Mais que peut faire le plus compétent des équipages face à l'imprévu, à l'inexplicable ? La jeune géologue de l'expédition vient-elle de découvrir de nouvelles lois physiques ? Ou bien est-ce la folie qui la guette, alors qu'au détour d'un rocher lunaire, le plus onirique des tableaux se découvre à elle ? Qui pourrait la protéger contre elle-même ? Nos rêves ou nos hallucinations épousent parfois les mêmes contours que la réalité la plus tangible. Comment les distinguer, alors ?
Plutôt que de résoudre la question, Paskalo Bajl préfère explorer, non sans s'y délecter, cette zone d'indétermination où ils se confondent, sans que ne soient ébranlées les convictions de l'halluciné. Ou comment croire objectives les plus folles de ses visions... L'héroïne de ce livre subira les contre-feux d'une telle expérience. Car en s'affranchissant des lois de la nature cautionnées par la science, c'est en réalité des lois humaines dont on s'éloigne. Finalement, le récit de Paskalo Bajl se transforme en une réflexion sur la solitude et la mort.

Les jardins sélènes est un premier roman de Paskalo Bajl édité à compte d'auteurs chez l'EditeurIndépendant.com en 2007. Nous le découvrons par l'entremise d'un client, ami de l'auteur, qui nous en a proposé la lecture. Alors même que nous préparons une sélection d'ouvrage lunaires pour fêter les 40 ans de la mission Apollo 11, un "pourquoi pas" s'est profilé et voici donc nos impressions.
D'abord, débarrassons-nous des désagréments souvent récurrents chez ces éditeurs (?). Comme à chaque fois que nous avons à chroniquer des ouvrages comme celui-ci (le premier était celui de Marine Caillon, il y a quelques semaines), vous aurez droit à notre mécontentement concernant la couverture. Cette réflexion va surtout à l'attention des auteurs qui doivent absolument faire des efforts de ce côté-là, mais elle s'adresse aussi aux lecteurs qui doivent du coup en faire l'abstraction, car souvent désuète, elle propage une image fausse du contenu, surtout quand celui-ci est bon.
Ensuite la quatrième de couverture, vous savez, ce petit texte que nous nous efforçons de reproduire à chaque article livre, qui se situe au dos du livre et qui est sensé être, après la couverture, la deuxième accroche marketing, celle qui confirmera ou non l'acte d'achat. Donc, là encore, c'est à améliorer. Ici trop longue, trop pompeuse au détriment d'un contenu bien plus accessible qu'il n'y paraît.
Venons-en à l'agréable, car sinon, cette chronique n'aurait pas lieu d'exister autrement qu'en privé avec l'auteur, quand on peut.
Paskalo Bajl nous raconte donc une nouvelle mission lunaire envoyée pour explorer la face cachée de la Lune afin d'y trouver ou non de l'eau pour une future base en vue des prochaines missions martiennes. Huit astronautes de diverses nationalités sont envoyés là-bas, mais seulement quatre descendent sur le sol lunaire pour l'exploration avancée, les autres demeurant dans la Station Spatiale Internationale en orbite. Dans un langage hard-science, technologique, mais complètement accessible nous suivons donc leur progression et avec les images que l'on a déjà en tête, il n'est pas difficile de les associer aux descriptions très précises que donnent l'auteur, tant des scaphandres que du module lunaire, le Scarabée, et ce sans jamais faire une overdose de vocabulaire succédané.
Rapidement, on devine une trame amoureuse, qui pourrait être le bémol pour les amateurs de SF tant elle est d'un romantisme simpliste, néanmoins, dans son ensemble elle renforce la psychologie de certains personnages. Ainsi donc, tout semble bien se passer jusqu'à ce que l'héroïne, Val(entina), se retrouve projetée dans un univers parallèle...
C'est un roman très, très agréable, qui se lit vite parce qu'il capte rapidement toute l'attention. Il n'est en rien superficiel. Paskalo Bajl démontre une bonne maîtrise du langage qui lui permet de jongler avec les descriptions techniques d'un monde et celles plus fantaisistes de l'autre. Avec en point commun, une poésie latente. L'action y est également permanente, parfaitement décrite qu'il s'agisse de combat, de stress, de lutte, d'émotion. Et la fin est particulièrement forte. En fait, plus j'avance dans l'écriture de cet article, plus des passages me reviennent, images qui s'inscrivent vite et restent encore longtemps dans la tête. C'est, me semble-t-il la preuve d'une grande capacité à s'approprier le lecteur.
Quant à la véracité scientifique ? Et bien, soyons clair, je m'en fiche. Sans doute y-a t-il des choses qui ne sont pas crédibles, mais en même temps l'auteur ne cherche pas à tout expliquer laissant une part de mystère, de fantastique, un petit côté "quatrième dimension" dans la chute finale qui plaira à certain.
Donc non, contente d'avoir découvert un auteur, d'avoir eu plaisir à lire son roman, je découvre qu'une suite(?) - était-ce utile ? - a été publiée en 2008 sous le titre Lune de glace (avec une quatrième de couverture ET une couverture bien plus attractives...) et qu'un troisième volet est à l'écriture. Nous aurons donc peut-être l'opportunité de reparler de cet auteur dans les mois à venir.
A noter que ce livre peut être également lu par des ados sans problème.

Paskalo Bajl Les jardins sélènes (EditeurIndépendant.com)  17€
Nous allons essayer d'avoir quelques exemplaires en dépôt vente. Pour ceux qui seraient intéressés merci de nous le faire savoir.

Mots-clés : cratère, fantastique, hard-science, Lune, mission, monde parallèle, mort, temps

Par Herveline - Publié dans : CRITIQUES : SF FANTASTIQUE & FANTASY
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